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La science de l’âme


Voici ce que publiait la revue officielle du spiritisme en 1923 puis 1977. Ces propos mettent en lumière l’invitation de l’éminent parapsychologue, Ernesto Bozzano, de qualifier le spiritisme de « science de l’ âme ».

« Le spiritisme, s’il réalisait pleinement les vues de son fondateur, s’il assurait sa totale expansion dans tous les domaines où l’esprit se manifeste, devrait être, en propre, la science de l’Esprit et sa philosophie, donc aussi, la science de l’âme, qui n’est que l’esprit incarné.

Seulement, la tendance invincible et dangereuse des modernes vers la classification et la spécialisation, a, peu à peu, détaché les spirites de l’étude des phénomènes « animiques », comme si ces phénomènes n’intéressaient pas le spiritisme, alors qu’ils constituent le premier stade de ses recherches. Certes, ce reproche ne s’adresse pas aux grands spirites qui, tels Léon Denis Denis, Gabriel Delanne, Bozzano, Aksakof et tant d’autres, n’ont jamais perdu de vue le grand enseignement d’Allan Kardec : à savoir que pour démontrer scientifiquement et logiquement la survivance de l’âme, la théorie des vies successives et la possibilité des communications posthumes, il faut, tout d’abord, étudier et démontrer l’existence indépendante de l’âme dans le vivant.

Ma critique fraternelle s’adresse à ceux qui croient que l’on peut et que l’on doit séparer les psychismes des spirites, parce que leurs études respectives ne s’exerçant pas tout à fait dans le même plan , doivent être soigneusement distinguées et même pour certains, opposées. Ceux-là n’ont rien compris à l’enseignement des maîtres du spiritisme, depuis et y compris Allan Kardec : ils se sont attachés à la lettre de leurs œuvres au lieu d’en évoquer et d’en pénétrer l’esprit. Et comme la lettre tue … , ils ont, tout simplement, mis le spiritisme en danger de sombrer dans l’étroite cristallisation d’un dogme entaché de mysticisme, destiné à être rejeté par tous les esprits libres.

Ce qui a pu les entraîner dans cette erreur – il faut le dire à leur décharge – c’est Allan Kardec, conformément à l’esprit de son temps, a insisté plutôt sur le côté philosophique du spiritisme, tout en soulignant, toutefois, qu’il devait demeurer « scientifique » et suivre les progrès de la science en s’y adaptant.

Or, toute philosophie comporte une doctrine – dans le sens très libéral et non dogmatique du mot – c’est-à-dire un ensemble théorique coordonné, visant à donner une explication logique aux phénomènes universels, en établissant des rapports entre eux et en remontant aux causes communes. La distance avec une doctrine dogmatique, comme le sont les religions, c’est que la première s’adapte aux découvertes nouvelles, tandis que la seconde tente de s’y opposer et conduit ainsi à l’obscurantisme.

Il ne faut absolument pas, sous quelque prétexte que ce soit, que le spiritisme tombe dans cette catégorie doctrinale ; il faut qu’il demeure, même avec un corps de doctrine précis, une philosophie de progrès, de libre pensée, de libre examen, de libre discussion : c’est là l’esprit vrai de toute l’œuvre kardéciste. »

Louis Gastin

(première publication in « Revue Spirite », juin 1923,
deuxième publication in « Renaître 2000 », page 53.)

Historique : « Renaître 2000 » continue depuis janvier 1977:

a) l’œuvre de la « revue Spirite » (journal d’Études psychologiques), fondée en 1858 par Allan Kardec et dirigée successivement par Pierre-gaétant Leymarie depuis 1869, Jean Meyer (1916-1931), Hubert Forestier (1931-1971) et André Dumas depuis 1971 ;

b) l’œuvre aussi de la « Revue scientifique et morale du spiritisme », fondée en 1896 par Gabriel Delanne et fusionnée à la mort de son fondateur en 1926 avec la « Revue spirite » ;

c) l’œuvre enfin de « Survie de l’âme humaine », organe de l’Union Spirite Française (USF), fondée en 1919 par Jean Meyer et Gabriel Delanne et devenue aujourd’hui « Union scientifique francophone pour l’investigation psychique et l’étude de la survivance (USFIPES).

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Les anges gardiens


Lecture pour gens pressés

Les anges sont des mythes suscités par la plus ancienne des religions, le zoroastrisme, sur laquelle s’est fondée le judaïsme, l’islam et le christianisme. Dans des moments de grandes épreuves collectives, l’être humain s’est cru abandonné de son Dieu et a recherché le soutien de protecteurs capables d’intercéder auprès de ce Dieu inaccessible. Le christianisme d’obédience catholique a inventé de toutes pièces la notion d’ange gardien c’est-à-dire la privatisation des anges. L’angélologie (1) est un imbroglio complexe entre les textes sacrés et l’imagination débridée.

Le spiritisme, qui collecte l’enseignement des esprits, ne connaît pas d’angélologie mais opère la typologie des esprits et leurs modes de fonctionnement. La notion la plus proche d’ange gardien est celle de guide spirituel sur lesquels les esprits ont apporté des enseignements. C’est ce que nous pouvons retenir avec certitude.

1Angélologie (parfois écrit de manière erronée « angéologie »): La doctrine relative aux anges.

2 L’angélologie dans les trois religions du Livre

2.1 Rappel historique

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

  1. La religion qui instaura la croyance en un dieu unique, la croyance en un messie envoyé par Dieu pour sauver l’humanité, né de manière exceptionnelle d’une vierge est le zoroastrisme. Elle fut la religion officielle de l’empire perse qui s’imposa durant des siècles sur l’Asie, le Moyen Orient et le continent européen entre – 1 400 et – 1 000 avant notre ère. Le zoroastrisme est l’une des plus anciennes religions et l’une de celles qui a la plus longue durée de vie puisqu’elle perdure aujourd’hui. On estime qu’elle rassemble actuellement environ 250 000 adeptes, répartis essentiellement entre l’Inde, l’Iran et le Kurdistan, ainsi que dans les diasporas installées aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Canada et en Australie.
  2. Cette religion qui, à bien des égards était un progrès dans l’évolution des mœurs , évoquait l’existence d’anges. Le zoroastrisme a fortement inspiré le judaïsme puisque les hébreux ont longuement vécu au coeur de l’empire perse puis l’islam qui s’appuyait sur les premiers textes et, en dernier, le christianisme.
  3. Les trois religions du Livre partagent la dimension théophanique de l’ange telle que le prescrivait le zoroastrisme.

2.2 Références communes aux Juifs, musulmans, chrétiens

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

Les anges sont les messagers de Dieu, ils annoncent, conseillent, avertissent : (Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

L’ange peut prendre l’apparence d’un être humain : Daniel 10:5-7 ; Tobit 5:4.

L’ange peut exterminer : Sagesse 18:22.

2.3 Selon le judaïsme

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

C’est à partir de 587 avant notre ère, lors de la fin du royaume de Juda et du commencement de l’exil du peuple israélite à Babylone, que se développe véritablement une angélologie juive. Dans cette période de souffrances, le peuple hébreu avait le sentiment que Dieu s’était séparé de lui. Il découvrait au coeur de l’empire perse que la religion officielle apportait une consolation avec ces intermédiaires entre Dieu et les êtres humains que sont les anges. Alors s’élabore progressivement une adaptation de cette doctrine qui conduira plus tard, après l’exil, à personnifier les créatures angéliques. Celles-ci reçoivent des noms selon la fonction qu’ils occupent. Un écrit apocryphe, le livre d’Hénoch (IIème siècle avant notre ère) élabore une distinction entre quatre archanges : … Dans la kabbale , l’angélologie est très complexe.

Selon la tradition juive, un ange est un être spirituel et ne présente pas de caractéristiques physiques. Les descriptions des anges faites par les prophètes – parlant d’ailes, de bras, etc – sont purement anthropomorphiques et désignent leurs capacités et leurs tâches spirituelles.

Les premiers anges dont les noms sont mentionnés dans la Bible sont … Maïmonide explique que tous les anges se répartissent en dix rangs, …

Les anges sont les messagers de Dieu pour accomplir diverses missions. … Selon le Zohar, l’une des tâches des anges est de transporter les mots que nous prononçons lors de la prière et de l’étude de la Torah jusque devant le trône de Dieu.

Un autre type d’anges est celui des anges créés par les actions de l’homme. …

Rabbi Chalom DovBer de Loubavitch soulève une question pertinente : … « Où sont passés tous les anges ? ».

2.4 Selon l’islam

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

La croyance en les Anges constitue un des fondements de la foi. C’est en effet par l’intermédiaire de l’ange Gabriel (en arabe : Djibril), « l’envoyé illustre », que le prophète Mohammed reçut la révélation du Coran. … « Le Messager a cru en ce qu´on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants : tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers. »…

La lumière est la matière dont ils sont issus … Leur date de création est inconnue mais elle est antérieure à celle d’Adam, le Père des humains … Les gens ne peuvent les voir car Allah n’a pas doté nos yeux de capacité permettant cette vision. Les Anges ont des ailes … A propos des Anges de l’Enfer … Les anges de la mort sont représentés, à travers la figure d’Azraël… A propos de l’ange Gabriel (en arabe, Gibril) : … Le Messager d’Allah a vu l’ange Gabriel deux fois … Les demeures des Anges et leurs habitations se situent au ciel … Les anges sont les liturges de Dieu : « Ils célèbrent ses louanges jour et nuit » … Les Anges sont chargés de l’adoration d’Allah, de Lui obéir et d’exécuter Ses Ordres sans épuisement ni ennui, tout en n’étant nullement touchés par ce qui affecte les humains …

2.5 Selon le christianisme d’obédience orthodoxe

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

Les acathistes et les canons sont deux formes typiques de la liturgie et de la prière de l’Église orthodoxe. Les acathistes sont généralement des compositions de louange, adressées le plus souvent au Christ, à la Mère de Dieu ou à un saint … Le canon est un hymne liturgique. D’origine ancienne, le canon a connu une évolution complexe au fil des siècles et les canons actuels sont en fait des compositions simplifiées par rapport aux canons anciens…

« Les Anges, les Archanges, les Vertus, les Principautés, les Trônes, les Dominations, qui se tiennent devant le trône même de ta gloire, ne peuvent soutenir l’intensité de ta perfection ; les Chérubins aux multiples yeux et les Séraphins aux six ailes, se couvrant le visage, seulement se disent l’un à l’autre avec amour et tremblement : « Saint, saint, saint le Seigneur Sabaoth ». Quant à nous qui ne sommes que cendre et rebut, combien plus il nous faudrait garder le silence, mais devant telle tendresse de Dieu qui nous a créés puis rachetés en versant son sang pour nous, afin de ne pas paraître oublieux et ingrats, nous voulons imiter la céleste doxologie en clamant avec amour et foi … Saint es-tu, Seigneur notre Dieu, invincible force des Puissances d’en-haut et pouvoir élevé des célestes Vertus, saint es-tu notre Dieu, joyeuse nouvelle annoncée par les Archanges, message que les Anges ne peuvent taire à jamais …» (Extrait de …).

« Je suis venu au monde faible enfant sans défense, mais ton ange a étendu ses ailes lumineuses, protégeant mon berceau… ». Extrait de …

« Loué sois-tu qui nous enveloppes de la lumière de la foule des anges et des saints … ». Extrait de …

2.6 Selon le christianisme d’obédience protestante

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

Le protestantisme se fonde sur l’étude minutieuse de la bible. Or, la bible présente environ 300 occurrences du terme « ange » (le nombre varie selon les traductions). Par exemples :

Agar et à l’annonce de la naissance d’Ismaël … ;
Le sacrifice d’Isaac, où Abraham est arrêté dans son geste par un ange … ;
Un ange visite aussi le prophète Élie pour le relever dans un moment de dépit … ; Dans les Actes des apôtres (notamment chapitres … ;
Un ange est présent pour l’annonce de la naissance de Jésus (annonciation) … ;
Un ange est présent lors de sa torture et de sa mise à mort … ;
Dans l’Apocalypse … ;

Les divers mouvements protestants se cantonnent strictement aux textes de la bible et ne développent pas d’angilologie. Les anges ne sont que des messagers, des médiateurs entre Dieu et l’humain. Ils ne peuvent pas être invoqués ou appelés. Ils n’existent qu’au service de Dieu, et leur rôle s’efface lorsque leur service est accompli.

2.7 Selon le christianisme d’obédience catholique

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

2.7.1 Ce que dit le Nouveau testament (ou Nouvelle Alliance) testament
  1. Il est écrit dans l’épître aux Colossiens 2:18 :

«  Que personne ne vous enlève à son gré le prix de la course, sous prétexte d’humilité, et par un culte des anges, pénétrant dans des choses qu’il n’a point vues, étant follement enflé par ses pensées charnelles »

2.7.2 Ce que dit le Concile de Laodicée de l’an 364
  1. Le Canon n° 35 du concile de Laodicée interdit à peine de la plus grave des sanctions le culte des anges en termes particulièrement clairs :
  2. « Il ne faut pas pratiquer le culte des anges.
  3. Les chrétiens ne doivent pas abandonner la gloire de Dieu et son église pour s’en aller invoquer les anges et faire des réunions en leur honneur ; cela est défendu. S’il y a donc quelqu’un qui s’adonne à cette idolâtrie occulte, qu’il soit anathème (Cf. note en bas de la présente page n° 2), parce qu’il a oublié notre Seigneur Jésus Christ et qu’il a passé à l’idolâtrie ».

2Anathème : L’anathème est la forme la plus sévère de l’excommunication car elle ajoute à ses peines une sentence de malédiction. Les hérétiques anathémisés étaient chassés de chez eux et hors de toute civilisation. Qui les dépouillait ne commentait pas un vol, qui les frappait ne commettait pas de faute, qui les tuait ne commettait pas de meurtre.

2.7.4 Le contraire selon le pape actuel :

  1. « La présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment. » (Benoît XVI).

2.7.5 Le contraire selon l’église catholique aujourd’hui :

  1. « Ange : Esprit pur créé par Dieu, qui nous est spécialement attaché pour veiller sur nous en permanence et nous protéger du mal. » (Source : Le site de l’« Église catholique en France », édité par le « Concile des évêques de France » https://eglise.catholique.fr/glossaire/ange-gardien/ )
  2. « De nombreux saints ont été dans l’amitié des anges, ce dont témoignent les nombreuses situations où ils ont reçu leur aide. Ces esprits bienheureux sont envoyés par Dieu pour servir qui héritera du salut, ainsi que le rappelle l’épître aux Hébreux. Leur aide est donc précieuse tout au long de notre pèlerinage terrestre vers la patrie céleste ». pape Benoît XVI (Source : VIS 080929 (160).

3 Les anges selon le spiritisme

(Ceci est un extrait, la version complète avec les références et notes est envoyée gratuitement aux participants des rencontres Spirites).

Les textes ci-après sont extraits du Livre des Esprits d’Allan Kardec.

« Les Esprits appartiennent à différentes classes et ne sont égaux ni en puissance, ni en intelligence, ni en savoir, ni en moralité. Ceux du premier ordre sont les Esprits supérieurs qui se distinguent des autres par leur perfection, leurs connaissances, leur rapprochement de Dieu, la pureté de leurs sentiments et leur amour du bien : ce sont les anges ou purs Esprits. Les autres classes s’éloignent de plus en plus de cette perfection ; ceux des rangs inférieurs sont enclins à la plupart de nos passions : la haine, l’envie, la jalousie, l’orgueil, etc. ; ils se plaisent au mal. Dans le nombre, il en est qui ne sont ni très bons ni très mauvais, plus brouillons et tracassiers que méchants, la malice et les inconséquences semblent être leur partage : ce sont les Esprits follets ou légers ». Source : « Le Livre des Esprits » (1857), Allan Kardec, Introduction § VI.
Question n° 128. Les êtres que nous appelons anges, archanges, séraphins forment-ils une catégorie spéciale d’une nature différente des autres Esprits ?
Réponse n° 128 : « Non, ce sont les purs Esprits : ceux qui sont au plus haut degré de l’échelle et réunissent toutes les perfections ».

Question n° 129. Les anges ont-ils parcouru tous les degrés ?
Réponse n° 129 : « Ils ont parcouru tous les degrés, mais comme nous l’avons dit : les uns ont accepté leur mission sans murmure et sont arrivés plus vite ; les autres ont mis un temps plus ou moins long pour arriver à la perfection ».

Question n° 130. Si l’opinion qui admet des êtres créés parfaits et supérieurs à toutes les autres créatures est erronée, comment se fait-il qu’elle soit dans la tradition de presque tous les peuples ?
Réponse n° 130 : « Sache bien que ton monde n’est pas de toute éternité et que, longtemps avant qu’il existât, des Esprits avaient atteint le suprême degré ; les hommes alors ont pu croire qu’ils avaient toujours été de même ».

Question n° 131 : Y a-t-il des démons dans le sens attaché à ce mot ?
Réponse n° 131 : « S’il y avait des démons, ils seraient l’œuvre de Dieu, et Dieu serait-il juste et bon d’avoir fait des êtres éternellement voués au mal et malheureux ? S’il y a des démons, c’est dans ton monde inférieur et autres semblables qu’ils résident ; ce sont ces hommes hypocrites qui font d’un Dieu juste un Dieu méchant et vindicatif, et qui croient lui être agréables par les abominations qu’ils commettent en son nom ».

Commentaire d’Allan Kardec à la réponse n° 131

_____________________

  1. Le mot démon n’implique l’idée de mauvais Esprit que dans son acception moderne, car le mot grec daimôn d’où il est formé signifie génie, intelligence, et se disait des êtres incorporels, bons ou mauvais, sans distinction.
  2. Les démons, selon l’acception vulgaire du mot, supposent des êtres essentiellement malfaisants ; ils seraient comme toutes choses, la création de Dieu ; or, Dieu, qui est souverainement juste et bon ne peut avoir créé des êtres préposés au mal par leur nature et condamnés pour l’éternité. S’ils n’étaient pas l’oeuvre de Dieu, ils seraient donc comme lui de toute éternité, ou bien il y aurait plusieurs puissances souveraines.
  3. La première condition de toute doctrine, c’est d’être logique ; or, celle des démons, dans le sens absolu, pèche par cette base essentielle. Que dans la croyance des peuples arriérés qui, ne connaissant pas les attributs de Dieu, admettent des divinités malfaisantes, on admette aussi des démons, cela se conçoit ; mais pour quiconque fait de la bonté de Dieu un attribut par excellence, il est illogique et contradictoire de supposer qu’il ait pu créer des êtres voués au mal et destinés à le faire à perpétuité, car c’est nier sa bonté. Les partisans des démons s’étayent des paroles du Christ ; ce n’est certes pas nous qui contesterons l’autorité de son enseignement que nous voudrions voir dans le coeur plus que dans la bouche des hommes ; mais est-on bien certain du sens qu’il attachait au mot démon ? Ne sait-on pas que la forme allégorique est un des cachets distinctifs de son langage, et tout ce que renferme l’Evangile doit-il être pris à la lettre ? Nous n’en voulons d’autre preuve que ce passage :
  4. « Aussitôt après ces jours d’affliction, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel et les puissances du ciel seront ébranlées. Je vous dis en vérité que cette race ne passera point que toutes ces choses ne soient accomplies ».
  5. N’avons-nous pas vu la forme du texte biblique contredite par la science en ce qui touche la création et le mouvement de la terre ? N’en peut-il être de même de certaines figures employées par le Christ qui devait parler selon les temps et les lieux ? Le Christ n’a pu dire sciemment une chose fausse ; si donc, dans ses paroles, il y a des choses qui paraissent choquer la raison, c’est que nous ne les comprenons pas, ou que nous les interprétons mal. (suite sur colonne de droite)

Les hommes ont fait pour les démons ce qu’ils ont fait pour les anges ; de même qu’ils ont cru à des êtres parfaits de toute éternité, ils ont pris les Esprits inférieurs pour des êtres perpétuellement mauvais. Le mot démon doit donc s’entendre des Esprits impurs qui souvent ne valent pas mieux que ceux désignés sous ce nom, mais avec cette différence que leur état n’est que transitoire. Ce sont des Esprits imparfaits qui murmurent contre les épreuves qu’ils subissent, et qui, pour cela, les subissent plus longtemps, mais qui arriveront à leur tour quand ils en auront la volonté. On pourrait donc accepter le mot démon avec cette restriction ; mais comme on l’entend maintenant dans un sens exclusif, il pourrait induire en erreur en faisant croire à l’existence d’êtres spéciaux créés pour le mal.A l’égard de Satan, c’est évidemment la personnification du mal sous une forme allégorique, car on ne saurait admettre un être mauvais luttant de puissance à puissance avec la Divinité, et dont la seule préoccupation serait de contrecarrer ses desseins. Comme il faut à l’homme des figures et des images pour frapper son imagination, il a peint les êtres incorporels sous une forme matérielle avec des attributs rappelant leurs qualités ou leurs défauts. C’est ainsi que les anciens, voulant personnifier le Temps, l’ont peint sous la figure d’un vieillard avec une faux et un sablier ; une figure de jeune homme eut été un contre-sens ; il en est de même des allégories de la Fortune, de la Vérité, etc.. Les modernes ont représenté les anges, ou purs Esprits, sous une figure radieuse, avec des ailes blanches, emblème de la pureté ; Satan, avec des cornes, des griffes et les attributs de la bestialité, emblèmes des basses passions. Le vulgaire, qui prend les choses à la lettre, a vu dans ces emblèmes un individu réel, comme jadis il avait vu Saturne dans l’allégorie du Temps.

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Spiritisme et religion


C’est par la méthode scientifique seule que nous avançons dans la recherche de la vérité.

La croyance religieuse ne doit pas se substituer à l’examen impartial, défions-nous constamment des illusions.

Le Spiritisme sera scientifique ou ne sera pas. Il importe de le transformer, et l’heure en est venue.

Camille Flammarion
(Après la mort, chap. 11)

Traiter de la nature, de l’origine et de la destinée des Esprits, et de leurs rapports avec le monde corporel et des relations que l’on peut établir avec eux est l’objet même du spiritisme. Ontologiquement, le spiritisme est donc une activité spirituelle. Il ne relève pas toutefois de la religion.

Contrairement à la religion, le spiritisme n’affirme aucun dogme, ne suit aucun rituel, ne consacre aucun lieu de culte, ne dispose d’aucun ministre du culte (prêtre, pasteur, imam, rabbin, etc.). S’il est vrai que les groupes spirites ont leurs habitudes, leurs pratiques, leur jargon, ceci n’est le fait que des usages répétés comme il advient dans toute activité humaine.

La religiosité, qui est une disposition religieuse à forte tendance affective, sans référence à une religion particulière, sans contenu dogmatique précis, reste une faiblesse humaine. Si certains groupes spirites peuvent emprunter un vocabulaire ou des manières des églises chrétiennes, ce sont des pratiques dévoyées. A supposer qu’il puisse en exister qui empruntent tout ou partie des attributs de la religion (rituels, dogmes, culte, gourou, etc), ils ne pourraient plus être considérés comme spirites.

La spiritualité et la religion sont des domaines qui, peut-être, devraient idéalement se recouvrir. Étymologiquement la religion est le fait de se relier à Dieu. Que Dieu soit considéré comme un Esprit ou qu’il soit considéré comme une énergie cosmique absolue, ou le lieu de synthèse de forces, il préside toute activité spirite ou spirituelle. Or l’Homme s’est ingénié à chasser Dieu de la religion. Il a domicilié Dieu dans ses lieux de cultes mais nul ne réside à une adresse de domiciliation. A peine y relève-t-on le courrier et encore si quelques braves gens en ont pris soin. La spiritualité est plus vaste que la religion car elle embrasse la déité dans la multiplicité de ses déclinaisons.

La spiritualité n’a besoin d’aucun support (bougie, encens, musique, éclairage, tenue vestimentaire, etc.) pour s’exprimer. Tout support matériel ne sert que de béquille à ce qui flageole. Dans le cadre des études et pratiques spirites, la spiritualité s’exprime dans la simplicité, dans la liberté, dans la décontraction et, autant que possible, dans la joie.

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Intuition


Ceci est un extrait de la fiche d’étude.
La fiche intégrale est réservée aux participants des Rencontres Spirites
qui leur est envoyée gratuitement et sur simple demande.

1 Intuition et intelligence

 L’intuition est une forme de connaissance directe et immédiate …

« L’intuition est une pensée qui arrive presque spontanément, parfois comme une évidence voire une révélation …

L’intelligence est la capacité à traiter rationnellement l’information pour atteindre des objectifs.

L’intuition est une production de type réflexe par le cerveau des informations qu’il a reçues …

Ces informations sont inconsciemment filtrées …

2 Intuition et conscience

La conscience est le processus involontaire qui permet à un être humain incarné de ressentir qu’il existe.

La conscience diffère de l’intelligence car .

La conscience permet à l’être humain d’être pro-actif (il peut préparer son lendemain par exemple) à la différence de …

La conscience est liée à l’activité cérébrale, sur un plan scientifique …

On peut distinguer différents niveaux de conscience …

Après désincarnation, la conscience peut être altérée …

C’est le constat qui peut être établi lors de l’aide aux esprits souffrants.

3 Intuition et mémoire

La mémoire s’inscrit dans le temps passé. L’intuition est dans le temps présent …

La mémoire, comme l’intuition, s’amenuise avec l’âge.

4 Intuition et instinct

« L’instinct est ce mouvement intérieur, surtout chez l’animal, qui pousse le sujet à exécuter des actes adaptés à un but dont il n’a pas conscience …

«L’instinct a quelque chose d’animal. C’est ce qui est encodé dans notre cerveau depuis des millénaires. C’est l’héritage de …

L’intuition est une sensation fluide, douce, …

« Intuition et instinct ne font pas référence à la même capacité …

6 Intuition et réincarnation

Extrait du « Livre des medium », 1861, A. Kardec,
Chapitre XV – Mediums écrivains ou psychographes § 2 Mediums intuitifs n° 180

« La transmission de la pensée a aussi lieu par l’intermédiaire de l’Esprit du médium, ou mieux de son âme, puisque nous désignons sous ce nom l’Esprit incarné. L’Esprit étranger, dans ce cas, n’agit pas sur la main pour la faire écrire ; il ne la tient pas, il ne la guide pas ; il agit sur l’âme avec laquelle il s’identifie. L’âme, sous cette impulsion, dirige la main, et la main dirige le crayon. Remarquons ici une chose importante à savoir, c’est que l’Esprit étranger ne se substitue point à l’âme, car il ne saurait la déplacer : il la domine à son insu, il lui implique sa volonté. Dans cette circonstance, le rôle de l’âme n’est point absolument passif ; c’est elle qui reçoit la pensée de l’Esprit étranger et qui la transmet. Dans cette situation, le médium a la conscience de ce qu’il écrit, quoique ce ne soit pas sa propre pensée ; il est ce qu’on appelle médium intuitif.

S’il en est ainsi, dira-t-on, rien ne prouve que ce soit plutôt un Esprit étranger qui écrit que celui du médium. La distinction est en effet quelquefois assez difficile à faire, mais il peut arriver que cela importe peu. Toutefois, on peut reconnaître la pensée suggérée en ce qu’elle n’est jamais préconçue ; elle naît à mesure que l’on écrit, et souvent elle est contraire à l’idée préalable qu’on s’était formée ; elle peut même être en dehors des connaissances et des capacités du médium.

Le rôle du médium mécanique est celui d’une machine ; le médium intuitif agit comme le ferait un truchement ou interprète. Celui-ci, en effet, pour transmettre la pensée, doit la comprendre, se l’approprier en quelque sorte pour la traduire fidèlement, et pourtant cette pensée n’est pas la sienne : elle ne fait que traverser son cerveau. Tel est exactement le rôle du médium intuitif. »

8 Annexe 1 – Témoignage

Je vis ma médiumnité par intuition sereinement car c’est une fonction parfaitement intériorisée sur laquelle je ne me pose plus de question. Elle fait partie de ma respiration. Elle est moi.

Bien évidemment, je me suis souvent interrogé et me surprend encore de temps à autre à ces questionnements : « Qui » parle ? A qui « Je » parle ? Est-ce que je fantasme ? …

Les esprits imparfaits


(Les numéros sont ceux des paragraphes du Livre des Esprits (1857) d’Allan Kardec).

101. Caractères généraux.

Prédominance de la matière sur l’esprit. Propension au mal. Ignorance, orgueil, égoïsme et toutes les mauvaises passions qui en sont la suite. Ils ont l’intuition de Dieu, mais ils ne le comprennent pas.
Tous ne sont pas essentiellement mauvais ; chez quelques-uns, il y a plus de légèreté, d’inconséquence et de malice que de véritable méchanceté. Les uns ne font ni bien ni mal ; mais par cela seul qu’ils ne font point de bien, ils dénotent leur infériorité. D’autres, au contraire, se plaisent au mal, et sont satisfaits quand ils trouvent l’occasion de le faire.
Ils peuvent allier l’intelligence à la méchanceté ou à la malice ; mais, quel que soit leur développement intellectuel, leurs idées sont peu élevées et leurs sentiments plus ou moins abjects.
Leurs connaissances sur les choses du monde spirite sont bornées, et le peu qu’ils en savent se confond avec les idées et les préjugés de la vie corporelle. Ils ne peuvent nous en donner que des notions fausses et incomplètes ; mais l’observateur attentif trouve souvent dans leurs communications, mêmes imparfaites, la confirmation des grandes vérités enseignées par les Esprits supérieurs.
Leur caractère se révèle par leur langage. Tout Esprit qui, dans ses communications, trahit une mauvaise pensée, peut être rangé dans le troisième ordre ; par conséquent, toute mauvaise pensée qui nous est suggérée nous vient d’un Esprit de cet ordre.
Ils voient le bonheur des bons, et cette vue est pour eux un tourment incessant, car ils éprouvent toutes les angoisses que peuvent produire l’envie et la jalousie.
Ils conservent le souvenir et la perception des souffrances de la vie corporelle, et cette impression est souvent plus pénible que la réalité. Ils souffrent donc véritablement, et des maux qu’ils ont endurés et de ceux qu’ils ont fait endurer aux autres ; et comme ils souffrent longtemps, ils croient souffrir toujours ; Dieu, pour les punir, veut qu’ils le croient ainsi.
On peut les diviser en quatre classes principales.

102. Dixième classe.
ESPRITS IMPURS.

Ils sont enclins au mal et en font l’objet de leurs préoccupations. Comme Esprits, ils donnent des conseils perfides, soufflent la discorde et la défiance, et prennent tous les masques pour mieux tromper. Ils s’attachent aux caractères assez faibles pour céder à leurs suggestions afin de les pousser à leur perte, satisfaits de pouvoir retarder leur avancement en les faisant succomber dans les épreuves qu’ils subissent.

Dans les manifestations, on les reconnaît à leur langage ; la trivialité et la grossièreté des expressions, chez les Esprits comme chez les hommes, est toujours un indice d’infériorité morale, sinon intellectuelle. Leurs communications décèlent la bassesse de leurs inclinations, et s’ils veulent faire prendre le change en parlant d’une manière sensée, ils ne peuvent longtemps soutenir leur rôle et finissent toujours par trahir leur origine.

Certains peuples en ont fait des divinités malfaisantes, d’autres les désignent sous les noms de démons, mauvais génies, Esprits du mal.

Les êtres vivants qu’ils animent, quand ils sont incarnés, sont enclins à tous les vices qu’engendrent les passions viles et dégradantes : la sensualité, la cruauté, la fourberie, l’hypocrisie, la cupidité, l’avarice sordide. Ils font le mal pour le plaisir de le faire, le plus souvent sans motifs, et par haine du bien ils choisissent presque toujours leurs victimes parmi les honnêtes gens. Ce sont des fléaux pour l’humanité, à quelque rang de la société qu’ils appartiennent, et le vernis de la civilisation ne les garantit pas de l’opprobre et de l’ignominie.

103. Neuvième classe.
ESPRITS LÉGERS.

Ils sont ignorants, malins, inconséquents et moqueurs. Ils se mêlent de tout, répondent à tout, sans se soucier de la vérité. Ils se plaisent à causer de petites peines et de petites joies, à faire des tracasseries, à induire malicieusement en erreur par des mystifications et des espiègleries. A cette classe appartiennent les Esprits vulgairement désignés sous les noms de follets, lutins, gnomes, farfadets. Ils sont sous la dépendance des Esprits supérieurs, qui les emploient souvent comme nous le faisons des serviteurs.

Dans leurs communications avec les hommes, leur langage est quelquefois spirituel et facétieux, mais presque toujours sans profondeur ; ils saisissent les travers et les ridicules qu’ils expriment en traits mordants et satiriques. S’ils empruntent des noms supposés, c’est plus souvent par malice que par méchanceté.

104. Huitième classe.
ESPRITS FAUX-SAVANTS.

Leurs connaissances sont assez étendues, mais ils croient savoir plus qu’ils ne savent en réalité. Ayant accompli quelques progrès à divers points de vue, leur langage a un caractère sérieux qui peut donner le change sur leurs capacités et leurs lumières ; mais ce n’est le plus souvent qu’un reflet des préjugés et des idées systématiques de la vie terrestre ; c’est un mélange de quelques vérités à côté des erreurs les plus absurdes, au milieu desquelles percent la présomption, l’orgueil, la jalousie et l’entêtement dont ils n’ont pu se dépouiller.

105. Septième classe. ESPRITS NEUTRES. – Ils ne sont ni assez bons pour faire le bien, ni assez mauvais pour faire le mal ; ils penchent autant vers l’un que vers l’autre et ne s’élèvent pas au-dessus de la condition vulgaire de l’humanité tant pour le moral que pour l’intelligence. Ils tiennent aux choses de ce monde dont ils regrettent les joies grossières.

106. Sixième classe. ESPRITS FRAPPEURS ET PERTURBATEURS.

Ces Esprits ne forment point, à proprement parler, une classe distincte eu égard à leurs qualités personnelles ; ils peuvent appartenir à toutes les classes du troisième ordre. Ils manifestent souvent leur présence par des effets sensibles et physiques, tels que les coups, le mouvement et le déplacement anormal des corps solides, l’agitation de l’air, etc.. Ils paraissent, plus que d’autres, attachés à la matière ; ils semblent être les agents principaux des vicissitudes des éléments du globe, soit qu’ils agissent sur l’air, l’eau, le feu, les corps durs ou dans les entrailles de la terre. On reconnaît que ces phénomènes ne sont point dus à une cause fortuite et physique, quand ils ont un caractère intentionnel et intelligent. Tous les Esprits peuvent produire ces phénomènes, mais les Esprits élevés les laissent en général dans les attributions des Esprits subalternes, plus aptes aux choses matérielles qu’aux choses intelligentes. Quand ils jugent que des manifestations de ce genre sont utiles, ils se servent de ces Esprits comme auxiliaires.

Considérations sur la vérité


Être à la page

« L’aspect visible des choses a toujours un reflet invisible dont notre volonté, comme un miroir, doit servir à notre raison pour voir et juger avec lucidité et perspicacité.

La vérité en effet, telle que l’homme la conçoit et la défend demeure conception d’homme avec ses faiblesses, ses erreurs, ses ignorances, ses préférences, ses refus. Elle est donc relative et mouvante en fonction du développement de chaque individu, de son évolution, de son avancement spirituel.

Déjà diverse par la race, la religion, le rang social de la personne considérée, elle se modifie au sein du même groupe selon que l’instruction ou la pression social, conjuguées aux systèmes des règles politiques conditionnent le genre de vérités admises, enseignées, reconnues, reçues ou découvertes. C’est en effet la compréhension qu’en a l’homme qui confère ses aspects à la vérité.

Et sur cette terre les hommes côtoient les hommes, les hommes conduisent les hommes, la vérité sur terre est donc constituée des vérités des hommes. L’Unique, la Seule, l’Absolue Vérité est bien au-delà de ce qui nous est accessible à cause du lieu de nos recherches et de nos expériences, à cause de la carapace qui limite nos sens et rétrécit notre pensée.

Le problème est là, dans cette énorme différence entre nos vérités et la source unique de laquelle viennent et vers laquelle nous tendons de remonter avec patience, avec effort, avec douleur, avec espoir, avec persévérance et contestation.

Les vérités se suivent, se transforment, se contredisent, se remplacent par ce que à l’état d’homme chacun a l’idée qu’il se fait d’un objet, d’une personne ou d’un événement. Elle est pour l’homme comme une étape sur le long chemin ascensionnel du progrès. Liée à ce progrès, comme au progrès en général elle devrait s’épanouir au fur et à mesure de l’extension des découvertes, car ce que nous appelons progrès n’est que l’expression de l’idée que nous nous faisons de Dieu, donc de la Vérité.

Ce progrès est réel et nécessaire mais il s’évanouit ailleurs et porte ses fruits hors de la vie terrestre.

Le livre des secrets et de la vérité, le Grand livre de la Vie ne s’ouvre qu’en dehors du monde où plonge notre corps. Il est dans l’au-delà que nous appelons mort, alors que délivré d’enveloppe charnelle, notre nouvel état, modifiant nos perceptions, le nommera la vie, en regardant sur terre le haillon qui repose au creux des cimetières.

Dégagée, délivrée, la partie subtile de notre être que nous appelons esprit va y baigner en permanence dans la lumière d’un monde différent octroyant à nos sensations, à nos impressions, des contacts et des connaissances différemment éclairées et plus brillantes.

La clé spirituelle se cache dans la partie de nous en contact permanent avec l’immatériel. »

Josiane Locquet-Ruchot

Renaître 2000, n° 3, mai-juin-juill. 1977

Différents ordres d’esprits


(Ce texte ci-après a été publié par Allan Kardec dans la Revue Spirite, 1ère année, 1858, p. 37 ; Ce même thème est abordé par lui dans le Livre des Esprits, n° 96 à 99 mais sous une forme différente)

Un point capital dans la doctrine spirite est celui des différences qui existent entre les Esprits sous le double rapport intellectuel et moral ; leur enseignement à cet égard n’a jamais varié ; mais il n’est pas moins essentiel de savoir qu’ils n’appartiennent pas perpétuellement au même ordre, et que, par conséquent, ces ordres ne constituent pas des espèces distinctes : ce sont différents degrés de développement. Les Esprits suivent la marche progressive de la nature ; ceux des ordres inférieurs sont encore imparfaits ; ils atteignent les degrés supérieurs après s’être épurés ; ils avancent dans la hiérarchie à mesure qu’ils acquièrent les qualités, l’expérience et les connaissances qui leur manquent. L’enfant au berceau ne ressemble pas à ce qu’il sera dans l’âge mûr, et pourtant c’est toujours le même être.

La classification des Esprits est basée sur le degré de leur avancement, sur les qualités qu’ils ont acquises, et sur les imperfections dont ils ont encore à se dépouiller. Cette classification, du reste, n’a rien d’absolu ; chaque catégorie ne présente un caractère tranché que dans son ensemble ; mais d’un degré à l’autre la transition est insensible, et, sur les limites, la nuance s’efface comme dans les règnes de la nature, comme dans les couleurs de l’arc-en-ciel, ou bien encore comme dans les différentes périodes de la vie de l’homme. On peut donc former un plus ou moins grand nombre de classes selon le point de vue sous lequel on considère la chose. Il en est ici comme dans tous les systèmes de classifications scientifiques ; ces systèmes peuvent être plus ou moins complets, plus ou moins rationnels, plus ou moins commodes pour l’intelligence, mais, quels qu’ils soient, ils ne changent rien au fond de la science. Les Esprits interrogés sur ce point ont donc pu varier dans le nombre des catégories, sans que cela tire à conséquence. On s’est armé de cette contradiction apparente, sans réfléchir qu’ils n’attachent

aucune importance à ce qui est purement de convention ; pour eux la pensée est tout; ils nous abandonnent la forme, le choix des termes, les classifications, en un mot les systèmes.

Ajoutons encore cette considération que l’on ne doit jamais perdre de vue, c’est que parmi les Esprits, aussi bien que parmi les hommes, il en est de fort ignorants, et qu’on ne saurait trop se mettre en garde contre la tendance à croire que tous doivent tout savoir parce qu’ils sont Esprits. Toute classification exige de la méthode, de l’analyse, et la connaissance approfondie du sujet. Or, dans le monde des Esprits, ceux qui ont des connaissances bornées sont, comme ici-bas les ignorants, inhabiles à embrasser un ensemble, à formuler un système ; ceux mêmes qui en sont capables peuvent varier dans les détails selon leur point de vue, surtout quand une division n’a rien d’absolu. Linnée, Jussieu, Tournefort, ont eu chacun leur méthode, et la botanique n’a pas changé pour cela ; c’est qu’ils n’ont inventé ni les plantes, ni leurs caractères; ils ont observé les analogies d’après lesquelles ils ont formé les groupes ou classes. C’est ainsi que nous avons procédé ; nous n’avons inventé ni les Esprits ni leurs caractères ; nous avons vu et observé, nous les avons jugés à leurs paroles et à leurs actes, puis classés par similitudes ; c’est ce que chacun eût pu faire à notre place.

Nous ne pouvons cependant revendiquer la totalité de ce travail comme étant notre fait. Si le tableau que nous donnons n’a pas été textuellement tracé par les Esprits, et si nous en avons l’initiative, tous les éléments dont il se compose ont été puisés dans leurs enseignements ; il ne nous restait plus qu’à en formuler la disposition matérielle.

Les Esprits admettent généralement trois catégories principales ou trois grandes divisions. Dans la dernière, celle qui est au bas de l’échelle, sont les Esprits imparfaits qui ont encore tous ou presque tous les degrés à parcourir ; ils sont caractérisés par la prédominance de la matière sur l’Esprit et la propension au mal. Ceux de la seconde sont caractérisés par la prédominance de l’Esprit sur la matière et par le désir du bien : ce sont les bons Esprits. La première enfin comprend les Purs Esprits, ceux qui ont atteint le suprême degré de perfection.

Cette division nous semble parfaitement rationnelle et présenter des caractères bien tranchés ; il ne nous restait plus qu’à faire ressortir, par un nombre suffisant de subdivisions, les nuances principales de l’ensemble ; c’est ce que nous avons fait avec le concours des Esprits, dont les instructions bienveillantes ne nous ont jamais fait défaut.

A l’aide de ce tableau il sera facile de déterminer le rang et le degré de supériorité ou d’infériorité des Esprits avec lesquels nous pouvons entrer en rapport, et, par conséquent, le degré de confiance et d’estime qu’ils méritent.

Il nous intéresse en outre personnellement, car, comme nous appartenons par notre âme au monde spirite dans lequel nous rentrons en quittant notre enveloppe mortelle, il nous montre ce qui nous reste à faire pour arriver à la perfection et au bien suprême. Nous ferons observer, toutefois, que les Esprits n’appartiennent pas toujours exclusivement à telle ou telle classe ; leur progrès ne s’accomplissant que graduellement, et souvent plus dans un sens que dans un autre, ils peuvent réunir les caractères de plusieurs catégories, ce qu’il est aisé d’apprécier à leur langage et à leurs actes.

Les problèmes de l’esprit : son passé


Los problemas del Espíritu: Su Pasado

Nos blessures intimes

Si no aceptamos la Ley de la Reencarnación como explicación coherente a nuestras dolencias, problemas e infelicidades, ¿dónde encontraremos la explicación de esos sufrimientos, que pueden, en muchos casos, terminar en obsesiones, y muy grandes?

¿Quién nos dará la clave de tanto dolor y perturbaciones? ¿Cómo encontraremos la forma de escapar de esos laberintos que causan tantas heridas morales?

Cuando aceptamos que somos seres inmortales, Espíritus eternos, con un pasado y un futuro por delante; viviendo un presente que es el resultado de ese pasado y la oportunidad de crear ese futuro mejor, es cuando comenzamos los seres humanos a despertar de ese letargo espiritual milenario.

Nuestra mente es muy poderosa y desconocida para nosotros ; una maquinaria que utilizada erróneamente, nos trae padecimientos y dolencias tales como: Neurosis, Psicosis y desdoblamiento de personalidad, entre otras perturbaciones, como las diversas obsesiones, que el Libro de los Médiums, las explica muy bien.

La Neurosis: El aumento de la neurosis en la Tierra, nos hace pensar y nos puede ayudar a discernir, que no sólo el psiquiatra o el hombre de ciencia, está en condiciones de encontrar una solución, ya que ellos, casi siempre, ignoran conscientemente la procedencia del ser, la sublime trascendencia del ser: El Espíritu.

Esa enfermedad merece estudio y observación, a fin de localizar los factores reales que producen las perturbaciones del sistema nervioso, considerando la falta de lesiones anatómicas más graves.

Freud las clasificó de verdaderas, cuando hay desequilibrios fisiológicos al lado de perturbaciones meramente psicológicas, a pesar de ser transitorias. Psiconeurosis, cuando son determinadas por las fijaciones de la infancia, en regresiones inconscientes. En el primer grupo están situadas las neurosis de ansiedad, la neurastenia, la hipocondría, y las de ascendencia traumática. En la segunda aparecen las de orden histéricas ansiosas, los estados obsesivos y convulsivos.

Con sintomatología extraña, no es raro que la atención de los médicos sea desviada; surgen parálisis, movimientos inconexos, disturbios múltiples, etc.

El neurótico es un Espíritu rebelde y delincuente de las Leyes Universales, en proceso purificador. Reencarnando para resarcir o impulsado a la reencarnación por necesidad urgente, olvida delitos para luego repararlos. Su psicoesfera impone, en los elementos orgánicos, distonias y desarmonías que se reflejan más tarde en forma de alienación, como consecuencia de su estado interior, como Espíritu desajustado.

Olvidando la mayoría de las veces que somos seres espirituales, nos perdemos en ese entramado de enfermedades físicas y mentales, efecto de una causa que es la rebeldía del Espíritu y su pasado, por consiguiente. Ahí encontramos la causa y explicación de tanto desajuste y dolor en la Tierra, así como también las obsesiones más diversas e ignoradas por muchos.

Es obvio que el comportamiento social, las frustraciones infantiles, las inseguridades, los miedos, los factores familiares y de habitat. Los problemas de orden moral y económico, engendran, evidentemente, los principios neuróticos, porque consiguen limitar las aspiraciones del Espíritu, que no consigue sobreponerse.

A la par de todo esto, hay un factor que no debemos olvidar y que la ciencia persiste en ignorar; la dominación obsesiva de entidades espirituales, movidos por el odio, el rencor, la venganza, etc.

Las terapias medicamentosas, las técnicas de análisis, en cuanto favorecen por un lado, dañan por otro los tejidos más sutiles de la organización psicológica, produciendo desequilibrios de otra naturaleza, que se exteriorizarán en el futuro.

El neurótico es alguien rebelado consigo mismo, insatisfecho en el inconsciente y revelado contra los otros. Es inestable, agresivo, un ser excitado, que se deja llevar por la violencia. Disciplinado por un código moral, por unas enseñanzas espíritas y con un método saludable de vida y pensamientos, el neurótico consigue sobreponerse al desequilibrio, reajustando sus centros mentales en desaliño, sus centros de fuerzas, caminando en el progreso espiritual, a que todos estamos llamados.

La Psicosis: Necesita de un estudio más profundo que la neurosis, por cuanto en la neurosis es un problema menos grave.

Ya no hay duda en cuanto a sus factores causales, clasificados como endógenos y enógenos. Hay sin duda factores más allá de los psicológicos que influyen en la psicosis, tales como factores sociales.

En los factores endógenos, hay causas externas (tóxicos, infecciones) y físicos (dolencia de otros órganos, disturbios del metabolismo, demencias, delirios). En los de orden enógeno (la esquizofrenia, las perturbaciones mentales de la epilepsia, la psicosis maniaco-depresiva), donde las psicosis se exteriorizan como un proceso de auto-castigo, que el Espíritu se impone por los crímenes cometidos y el sentimiento de culpa arrastrado del pasado.

El psicótico maniaco-depresivo, trae registrado en el inconsciente los graves desvíos morales que escaparon a la justicia humana, y que ahora tienen tendencia a la huída al deber y a la responsabilidad, por el suicidio.

El esquizofrénico, en sus múltiples clasificaciones, es también un Espíritu rebelde y delincuente de las Leyes Universales, enredado en los desequilibrios del pasado. Que en el presente viene a reclamarle las deudas, para rectificar y poder así, seguir la marcha del progreso espiritual.

En todos los problemas de psicosis, sea de la naturaleza que sea, el ser espiritual, es siempre responsable por la situación que padece.


Personalidades múltiples:
es causada por problemas precedentes a la infancia y se instala, más particularmente, durante ese periodo, creando procesos inconscientes de huidas, ensayando las causas profundas para las neurosis y psicosis centradas en trastornos de origen histérico.

Sin duda los procesos de disociación profunda, en el inconsciente del ser, dan baza a la personalidad neurótica, que se instala dominadora como mecanismo de defensa, y que puede llegar a estados de inconsciencia total, huyendo el ser de la realidad a la que está sometido, y que hoy tiene que someterse a la Ley de Causa y Efecto, para alcanzar algo de equilibrio. Podemos suponer que debió ser una reencarnación obligatoria.

La causa de todas estas perturbaciones radican en el ser espiritual que, huyendo del deber y la responsabilidad, se demoró por largo tiempo en situaciones de desajuste y delincuencia. El desequilibrio producido en el interior del ser, repercute en su psiquismo y en el cuerpo material, con diversos trastornos más o menos grave, y que pueden durar por muchos años y vidas.

Sobreviviendo a la muerte física, el Espíritu que despierta aturdido del túmulo busca, por un natural proceso de afinidad psíquica, a aquellos que se le hicieron adversarios, en la mayoría de las veces sin conciencia de eso, produciendo parasitosis de naturaleza espiritual, en los que se manifiestan tormentosos y largos procesos de obsesión profunda, en que predominan los fluidos y los sentimientos del desencarnado actuando sobre el encarnado que le padece la interferencia, al principio en la esfera psíquica y, posteriormente, psico-física, aparentando un proceso de personalidad disociada que, en verdad, son individualidades distintas, en férreo combate o en proceso de vampirización dolorosa o, aún, en predominio de acción, en la sufrida búsqueda de placeres que ya no pueden fluir, por encontrarse en el Mundo Espiritual, utilizando de ese modo, de otro hombre, en su cuerpo físico, como instrumento para el gozo y para la alucinación. Palabras de Carneiro de Campos, a través de la mediúmnidad de Divaldo Pereira Franco.

Cuando surgen todos estos conflictos dolorosos, debemos buscar con ahínco el auxilio necesario.

Nada mejor que practicar la caridad moral y material; ejercer el perdón y elevar el pensamiento, orando a la Inteligencia Suprema, para buscar la armonía necesaria que nos elevará por encima de las dificultades, desequilibrios y obsesiones. Tenemos la obligación de confiar en la Inteligencia Suprema, en los Buenos Amigos Espirituales y en nuestra fuerza interior. Nadie está desamparado. Si no trabajamos al ritmo que necesitamos o debemos, es por falta de voluntad, dejándonos atraer por las luces cegadoras de las falsas ilusiones.

Artículo de: Isabel Porras González

Si nous n’acceptons pas la Loi de la Réincarnation comme une explication cohérente de nos maux, problèmes et malheurs, où trouverons-nous l’explication de ces souffrances, qui peuvent, dans de nombreux cas, déboucher sur des obsessions, et de très grandes obsessions ?

Qui nous donnera la clé de tant de douleurs et de troubles ? Comment trouverons-nous le moyen d’échapper à ces labyrinthes qui causent tant de blessures morales ?

Lorsque nous acceptons que nous sommes des êtres immortels, des Esprits éternels, avec un passé et un avenir devant nous ; que nous vivons un présent qui est le résultat de ce passé et la possibilité de créer cet avenir meilleur, c’est lorsque nous, les êtres humains, commençons à nous réveiller de cette léthargie spirituelle millénaire.

Notre esprit est très puissant et inconnu de nous, une machine qui, lorsqu’elle est mal utilisée, nous apporte des maux et des maladies tels que : Névrose, Psychose et dédoublement de la personnalité, entre autres perturbations, comme les diverses obsessions, que le Livre des Médiums explique très bien.

Névrose : L’augmentation des névroses sur Terre nous fait penser, et peut nous aider à discerner, que le psychiatre ou l’homme de science n’est pas le seul à être en mesure de trouver une solution, puisqu’ils ignorent presque toujours consciemment l’origine de l’être, la sublime transcendance de l’être : L’esprit.

Cette maladie mérite d’être étudiée et observée, afin de localiser les facteurs réels qui produisent les perturbations du système nerveux, compte tenu de l’absence de lésions anatomiques plus graves.

Freud les a classées comme réelles, lorsqu’il y a des déséquilibres physiologiques à côté de perturbations purement psychologiques, bien qu’elles soient transitoires. Les psychonévroses, lorsqu’elles sont déterminées par des fixations de l’enfance, dans des régressions inconscientes. Le premier groupe comprend les névroses d’anxiété, la neurasthénie, l’hypocondrie et celles d’origine traumatique. Dans le second groupe apparaissent celles qui sont d’ordre hystérique et anxieux, obsessionnels et convulsifs.

Avec une symptomatologie étrange, il n’est pas rare que l’attention des médecins soit détournée ; des paralysies, des mouvements non liés, des perturbations multiples, etc. apparaissent.

Le névrosé est un esprit rebelle et délinquant des Lois Universelles, dans un processus de purification. Se réincarnant pour se racheter ou poussé à la réincarnation par une nécessité urgente, il oublie les crimes et les répare ensuite. Sa psychosphère impose, dans les éléments organiques, la dystonie1 et la dysharmonie qui se reflètent plus tard sous forme d’aliénation, conséquence de son état intérieur, comme un Esprit inadapté.

Oubliant la plupart du temps que nous sommes des êtres spirituels, nous nous perdons dans cette toile de maladies physiques et mentales, effet d’une cause qui est la rébellion de l’Esprit et son passé, donc. Nous y trouvons la cause et l’explication de tant d’inadaptation et de douleur sur Terre, ainsi que les obsessions les plus diverses ignorées par beaucoup.

Il est évident que le comportement social, les frustrations de l’enfance, les insécurités, les peurs, les facteurs familiaux et d’habitat. Les problèmes d’ordre moral et économique, génèrent évidemment des principes névrotiques, car ils parviennent à limiter les aspirations de l’Esprit, qui est incapable de les surmonter.

En même temps, il y a un facteur que nous ne devons pas oublier, et que la science s’obstine à ignorer : la domination obsessionnelle des entités spirituelles, mues par la haine, la rancune, la vengeance, etc.

Les thérapies médicamenteuses et les techniques d’analyse, dans la mesure où elles favorisent d’une part, endommagent d’autre part les tissus plus subtils de l’organisation psychologique, produisant des déséquilibres d’une autre nature, qui seront externalisés à l’avenir.

Le névrosé2 est quelqu’un de rebelle avec lui-même, insatisfait dans l’inconscient et révélé contre les autres. Il est instable, agressif, un être excité, qui se laisse emporter par la violence. Discipliné par un code moral, par des enseignements spiritualistes et avec une méthode de vie et de pensée saine, le névrosé parvient à surmonter le déséquilibre, réajustant ses centres mentaux en désordre, ses centres de force, marchant dans le progrès spirituel, auquel nous sommes tous appelés.

La psychose : elle nécessite une étude plus approfondie que la névrose, car dans la névrose c’est un problème moins grave.

Il n’y a plus aucun doute quant à ses facteurs de causalité, classés comme endogènes et exogènes. Il y a sans aucun doute des facteurs qui vont au-delà du psychologique et qui influencent la psychose, comme les facteurs sociaux.

Dans les facteurs endogènes, il y a des causes externes (toxines, infections) et des causes physiques (affections d’autres organes, perturbations du métabolisme, démences, délires). Dans celles d’ordre exogènes (schizophrénie, troubles mentaux de l’épilepsie, psychose maniaco-dépressive), où les psychoses sont extériorisées comme un processus d’auto-punition, l’Esprit s’impose pour les crimes commis et le sentiment de culpabilité reporté du passé.

Le psychotique maniaco-dépressif, apporte inscrit dans l’inconscient les graves déviations morales qui ont échappé à la justice humaine, et qui ont maintenant tendance à la fuite au devoir et à la responsabilité, pour le suicide.

Le schizophrène, dans ses multiples classifications, est aussi un esprit rebelle et criminel des Lois Universelles, empêtré dans les déséquilibres du passé. Qu’au présent il vienne pour récupérer ses dettes, pour rectifier et ainsi pouvoir suivre la marche du progrès spirituel.

Dans tous les problèmes de psychose, quelle qu’en soit la nature, l’être spirituel est toujours responsable de la situation qu’il subit.

Personnalités multiples : elle est causée par des problèmes précédant l’enfance et s’installe, plus particulièrement, pendant cette période, créant des processus inconscients d’évasion, testant les causes profondes de névroses et de psychoses centrées sur des troubles d’origine hystérique.

Sans aucun doute, les processus de dissociation profonde, dans l’inconscient de l’être, donnent un avantage à la personnalité névrotique, qui est installée comme mécanisme de défense dominant, et qui peut atteindre des états d’inconscience totale, fuyant l’être de la réalité à laquelle il est soumis, et qui doit aujourd’hui se soumettre à la Loi de Cause à Effet, afin d’atteindre un certain équilibre. On peut supposer qu’il s’agissait d’une réincarnation obligatoire.

La cause de toutes ces perturbations réside dans l’être spirituel qui, fuyant son devoir et ses responsabilités, a été longtemps retardé dans des situations d’inadaptation et de délinquance. Le déséquilibre produit à l’intérieur de l’être, a des répercussions dans son psychisme et dans le corps matériel, avec divers troubles plus ou moins graves, et qui peuvent durer de nombreuses années et vies.

« Survivant à la mort physique, l’esprit qui se réveille, assommé par le tumulte, cherche, par un processus naturel d’affinité psychique, ceux qui sont devenus ses adversaires, la plupart du temps sans en avoir conscience, produisant un parasitisme de nature spirituelle, dans lequel se manifestent des tourments et de longs processus de profonde obsession, dans lesquels prédominent les fluides et les sentiments du désincarné, agissant sur l’incarné qui souffre de l’interférence, d’abord dans la sphère psychique et, plus tard, dans la sphère psycho-physique, apparaissant comme un processus de personnalité dissociée qui, en vérité, sont des individualités distinctes, dans le combat de fer ou dans le processus de vampirisation douloureuse ou encore, dans la prédominance de l’action, dans la recherche souffrante de plaisirs qui ne peuvent plus s’écouler, parce qu’ils se trouvent dans le Monde Spirituel, utilisant ainsi un autre homme, dans son corps physique, comme instrument de joie et d’hallucination. » Paroles de Carneiro de Campos, par l’intermédiaire de Divaldo Pereira Franco.

Lorsque tous ces conflits douloureux surgissent, nous devons rechercher avec acharnement l’aide nécessaire.

Il n’y a rien de mieux que de pratiquer la charité morale et matérielle ; d’exercer le pardon et d’élever la pensée, de prier l’Intelligence Suprême, de rechercher l’harmonie nécessaire qui nous élèvera au-dessus des difficultés, des déséquilibres et des obsessions. Nous avons l’obligation de faire confiance à l’Intelligence Suprême, aux bons amis spirituels et à notre force intérieure. Personne n’est impuissant. Si nous ne travaillons pas au rythme dont nous avons besoin ou que nous devrions avoir, c’est par manque de volonté, en nous laissant attirer par les lumières aveuglantes de fausses illusions.

Article de : Isabel Porras Gonzalez

Publié par la Federación Espírita Española (Federation Spirite Espagnole)

1Dystonie : Altération de la tonicité des tissus ou du système nerveux.

2Névrose : Affection psychique caractérisée par l’absence de lésion ou de trouble organique et ayant ses racines dans l’inconscient du sujet qui présente des troubles mineurs du comportement, conserve la conscience du caractère morbide de ses troubles (contrairement à la psychose, ce qui entraîne généralement une évolution favorable lors du traitement psychothérapeutique).

« Le Livre des Esprits » d’Allan Kardec




Article publié dans la Revue Spirite, 1ère année, 1858, p. 33 et suiv.

Cet ouvrage, ainsi que l’indique son titre, n’est point une doctrine personnelle : c’est le résultat de l’enseignement direct des Esprits eux-mêmes sur les mystères du monde où nous serons un jour, et sur toutes les questions qui intéressent l’humanité ; ils nous donnent en quelque sorte le code de la vie en nous traçant la route du bonheur à venir. Ce livre n’étant point le fruit de nos propres idées, puisque sur beaucoup de points importants nous avions une manière de voir toute différente, notre modestie n’aurait point à souffrir de nos éloges ; nous aimons mieux cependant laisser parler ceux qui sont tout à fait désintéressés dans la question.

Le Courrier de Paris du 11 juillet 1857 contenait sur ce livre l’article suivant :

LA DOCTRINE SPIRITE.

L’éditeur Dentu vient de publier, il y a peu de temps, un ouvrage fort remarquable ; nous allions dire fort curieux, mais il y a de ces choses qui repoussent toute qualification banale.

Le Livre des Esprits, de M. Allan Kardec, est une page nouvelle du grand livre lui-même de l’infini, et nous sommes persuadé qu’on mettra un signet à cette page. Nous serions désolé qu’on crût que nous venons faire ici une réclame bibliographique ; si nous pouvions supposer qu’il en fût ainsi, nous briserions notre plume immédiatement. Nous ne connaissons nullement l’auteur, mais nous avouons hautement que nous serions heureux de le connaître. Celui qui écrivit l’introduction placée en tête du Livre des Esprits doit avoir l’âme ouverte à tous les nobles sentiments.

Pour qu’on ne puisse pas d’ailleurs suspecter notre bonne foi et nous accuser de parti pris, nous dirons en toute sincérité que nous n’avons jamais fait une étude approfondie des questions surnaturelles. Seulement, si les faits qui se sont produits nous ont étonné, ils ne nous ont, du moins, jamais fait hausser les épaules. Nous sommes un peu de ces gens qu’on appelle rêveurs, parce

qu’ils ne pensent pas tout à fait comme tout le monde. A vingt lieues de Paris, le soir, sous les grands arbres, quand nous n’avions autour de nous que quelques chaumières disséminées, nous avons naturellement pensé à toute autre chose qu’à la Bourse, au macadam des boulevards ou aux courses de Longchamp. Nous nous sommes demandé bien souvent, et cela longtemps avant d’avoir entendu parler des médiums, ce qui se passait dans ce qu’on est convenu d’appeler là-haut. Nous avons même ébauché jadis une théorie sur les mondes invisibles, que nous avions soigneusement gardée pour nous, et que nous avons été bien heureux de retrouver presque tout entière dans le livre de M. Allan Kardec.

A tous les déshérités de la terre, à tous ceux qui marchent ou qui tombent en arrosant de leurs larmes la poussière du chemin, nous dirons : Lisez le Livre des Esprits, cela vous rendra plus forts. Aux heureux aussi, à ceux qui ne rencontrent soir leur route que les acclamations de la foule ou les sourires de la fortune, nous dirons : Étudiez-le, il vous rendra meilleurs.

Le corps de l’ouvrage, dit M. Allan Kardec, doit être revendiqué tout entier par les Esprits qui l’ont dicté. Il est admirablement classé par demandes et par réponses. Ces dernières sont quelquefois tout bonnement sublimes : cela ne nous surprend pas ; mais n’a-t-il pas fallu un grand mérite à qui sut les provoquer ?

Nous défions le plus incrédule de rire en lisant ce livre dans le silence et la solitude. Tout le monde honorera l’homme qui en a écrit la préface.

La doctrine se résume en deux mots : Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît. Nous sommes fâché que M. Allan Kardec n’ait pas ajouté : et faites aux autres ce que vous voudriez qui vous fût fait. Le livre, du reste, le dit clairement, et d’ailleurs la doctrine ne serait pas complète sans cela. Il ne suffit pas de ne jamais faire de mal, il faut aussi faire le bien.

Si vous n’êtes qu’un honnête homme, vous n’avez rempli que la moitié de votre devoir. Vous êtes un atome imperceptible de cette grande machine qu’on appelle le monde, et où rien ne doit être inutile. Ne nous dites pas surtout qu’on peut être utile sans faire le bien ; nous nous verrions forcé de vous riposter par un volume.

En lisant les admirables réponses des Esprits dans l’ouvrage de M. Kardec, nous nous sommes dit qu’il y aurait là un beau livre à écrire. Nous avons bien vite reconnu que nous nous étions trompé : le livre est tout fait. On ne pourrait que le gâter en cherchant à le compléter.

Êtes-vous homme d’étude et possédez-vous la bonne foi qui ne demande qu’à s’instruire ? Lisez le livre premier sur la doctrine spirite.

Êtes-vous rangé dans la classe des gens qui ne s’occupent que d’eux-mèmes, font, comme on dit, leurs petites affaires tout tranquillement et ne voient rien autour de leurs intérêts ? Lisez les Lois morales.

Le malheur vous poursuit-il avec acharnement, et le doute vous entoure-t-il parfois de son étreinte glacée? Étudiez le livre troisième: Espérances et Consolations.

Vous tous qui avez de nobles pensées au cœur et qui croyez au bien, lisez le livre tout entier.

S’il se trouvait quelqu’un qui trouvât là-dedans matière à plaisanteries, nous le plaindrions sincèrement.

G. DU CHALARD.

Parmi les nombreuses lettres qui nous ont été adressées depuis la publication du Livre des Esprits, nous n’en citerons que deux, parce qu’elles résument en quelque sorte l’impression que ce livre a produite, et le but essentiellement moral des principes qu’il renferme (voir ci-dessous).

Lettre n° 1

Bordeaux, le 25 avril 1857.

Monsieur,

Vous avez mis ma patience à une bien grande épreuve par le retard apporté dans la publication du Livre des Esprits, annoncé depuis si longtemps ; heureusement je n’ai pas perdu pour attendre, car il dépasse toutes les idées que j’avais pu m’en former d’après le prospectus. Vous peindre l’effet qu’il a produit en moi serait impossible : je suis comme un homme sorti de l’obscurité ; il me semble qu’une porte fermée jusqu’à ce jour vient d’être subitement ouverte ; mes idées ont grandi en quelques heures ! Oh ! combien l’humanité et toutes ses misérables préoccupations me semblent mesquines et puériles auprès de cet avenir, dont je ne doutais pas, mais qui était pour moi tellement obscurci par les préjugés que j’y songeais à peine ! Grâce à l’enseignement des Esprits, il se présente sous une forme définie, saisissable, mais grande, belle, et en harmonie avec la majesté du Créateur. Quiconque lira, comme moi, ce livre en le méditant, y trouvera des trésors inépuisables de consolations, car il embrasse toutes les phases de l’existence. J’ai fait, dans ma vie, des pertes qui m’ont vivement affecté ; aujourd’hui elles ne me laissent aucun regret, et toute ma préoccupation est d’employer utilement mon temps et mes facultés pour hâter mon avancement, car le bien a maintenant un but pour moi, et je comprends qu’une vie inutile est une vie d’égoïste qui ne peut nous faire faire un pas dans la vie à venir.

Si tous les hommes qui pensent comme vous et moi, et vous en trouverez beaucoup, je l’espère pour l’honneur de l’humanité, pouvaient s’entendre, se réunir, agir de concert, quelle puissance n’auraient-ils pas pour hâter cette régénération qui nous est annoncée ! Lorsque j’irai à Paris, j’aurai l’honneur de vous voir, et si ce n’est pas abuser de vos moments, je vous demanderai quelques développements sur certains passages, et quelques conseils sur l’application des lois morales à des circonstances qui me sont personnelles. Recevez en attendant, je vous prie, monsieur, l’expression de toute ma reconnaissance, car vous m’avez procuré un grand bien en me montrant la route du seul bonheur réel en ce monde, et peut-être vous devrai-je, en outre, une meilleure place dans l’autre.

Votre tout dévoué.

D…, capitaine en retraite.

Lettre n° 2

Lyon, 4 juillet 1857.

Monsieur,

Je ne sais comment vous exprimer toute ma reconnaissance sur la publication du Livre des Esprits, que je suis après relire. Combien ce que vous nous faites savoir est consolant pour notre pauvre humanité! Je vous avoue que, pour ma part, je suis plus fort et plus courageux à supporter les peines et les ennuis attachés à ma pauvre existence. Je fais partager à plusieurs de mes amis les convictions que j’ai puisées dans la lecture de votre ouvrage : ils en sont tous très heureux ; ils comprennent maintenant les inégalités des positions dans la société et ne murmurent plus contre la Providence ; l’espoir certain d’un avenir plus heureux, s’ils se comportent bien, les console et leur donne du courage. Je voudrais, monsieur, vous être utile ; je ne suis qu’un pauvre enfant du peuple qui s’est fait une petite position par son travail, mais qui manque d’instruction, ayant été obligé de travailler bien jeune ; pourtant j’ai toujours bien aimé Dieu, et j’ai fait tout ce que j’ai pu pour être utile à mes semblables ; c’est pour cela que je recherche tout ce qui peut aider au bonheur de mes frères. Nous allons nous réunir plusieurs adeptes qui étions épars ; nous ferons tous nos efforts pour vous seconder : vous avez levé l’étendard, c’est à nous de vous suivre ; nous comptons sur votre appui et vos conseils.

Je suis, monsieur, si j’ose dire mon confrère, votre tout dévoué.

– C…

Réponse d’Allan Kardec

On nous a souvent adressé des questions sur la manière dont nous avons obtenu les communications qui font l’objet du Livre des Esprits. Nous résumons ici d’autant plus volontiers les réponses que nous avons faites à ce sujet, que cela nous fournira l’occasion d’accomplir un devoir de gratitude envers les personnes qui ont bien voulu nous prêter leur concours.

Comme nous l’avons expliqué, les communications par coups frappés, autrement dit par la typtologie, sont trop lentes et trop incomplètes pour un travail d’aussi longue haleine ; aussi n’avons-nous jamais employé ce moyen : tout a été obtenu par l’écriture et par l’intermédiaire de plusieurs médiums psychographes. Nous avons nous-même préparé les questions et coordonné l’ensemble de l’ouvrage ; les réponses sont textuellement celles qui ont été données par les Esprits ; la plupart ont été écrites sous nos yeux, quelques-unes sont puisées dans des communications qui nous ont été adressées par des correspondants, ou que nous avons recueillies partout où nous avons été à même de faire des études : les Esprits semblent à cet effet multiplier à nos yeux les sujets d’observation.

Les premiers médiums qui ont concouru à notre travail sont mesdemoiselles B*** dont la complaisance ne nous a jamais fait défaut : le livre a été écrit presque en entier par leur entremise et en présence d’un nombreux auditoire qui assistait aux séances et y prenait le plus vif intérêt. Plus tard, les Esprits en ont prescrit la révision complète dans des entretiens particuliers, pour y faire toutes les additions et corrections qu’ils ont jugées nécessaires. Cette partie essentielle du travail a été faite avec le concours de mademoiselle Japhet, qui s’est prêtée avec la plus grande complaisance et le plus complet désintéressement à toutes les exigences des Esprits, car ce sont eux qui assignaient les jours et heures de leurs leçons. Le désintéressement ne serait point ici un mérite particulier, puisque les Esprits réprouvent tout trafic que l’on peut faire de leur présence ; mais mademoiselle Japhet, qui est également somnambule fort remarquable, avait son temps utilement employé : elle a compris que c’est également en faire un emploi profitable que de le consacrer à la propagation de la doctrine. Quant à nous, nous avons déclaré dès le principe, et nous nous plaisons à le confirmer ici, que nous n’avons jamais entendu faire du Livre des Esprits l’objet d’une spéculation, les produits devant être appliqués à des choses d’utilité générale ; c’est pour cela que nous serons toujours reconnaissant envers ceux qui s’associeront de cœur, et par amour du bien, à l’œuvre à laquelle nous nous sommes consacré.

Allan Kardec

La bilocation


« Une bilocation désigne une séparation temporaire de l’esprit et du corps. L’esprit s’évade sous la forme d’un corps fluidique (ou corps éthérique, corps astral, corps spirituel, périsprit, fantôme odique, etc …) qui reproduit l’apparence du corps physique (c’est un « double ») et emporte avec lui en général la conscience individuelle, la mémoire et les facultés de perception sensorielle. On peut considérer que c’est ce même phénomène qui se produit après la mort du corps physique. Les bilocations (nommées aussi dédoublement fluidiques, bicorporéités, extériorisation du corps astral, projections du corps astral, décorporations, sorties du corps, expériences hors-du-corps ou extra-corporelles) se manifestent dans certains cas d’affaiblissement physique : sommeil, hypnose, transe médiumnique, extase, évanouissement, narcose chimique, coma, etc … On peut distinguer quatre catégories de phénomènes :

  1. Perception du membre absent chez les amputés ; sensation de dédoublement chez les hémiplégiques ;
  2. Le sujet, resté conscient, aperçoit son propre fantôme ;
  3. La conscience est transférée dans le double ;
  4. Le double est aperçu par les tiers.

1ère catégorie : Amputés et hémiplégiques :

Certains amputés ont la sensation de toujours posséder le membre qui leur manque. Ils peuvent même le remuer. Si un corps étranger est placé là où devrait se trouver le membre coupé, ils ont conscience de sa présence. Si l’on introduit en cet endroit une flamme, ils ressentent une brûlure. Mais, avec le temps, ce membre fluidique se raccourcit graduellement et finit par se résorber dans le corps.

Quant aux hémiplégiques, ils peuvent éprouver la sensation d’un dédoublement de la partie paralysée de leur corps. Ce double conserverait a sensibilité disparue. Or, les centres cérébraux correspondant au côté paralysé sont détruits. On ne saurait parler de sensations nerveuses réflexes. Certes, ces phénomènes sont explicables rationnellement par la psychologie et la physiologie. Mais on est amené à donner de ces faits une explication spiritualiste si l’on admet l’existence d’un corps fluidique (suit une longue série de cas cliniques et commentaires du médecin afférent).

2ème catégorie : le sujet reste conscient

Une bonne partie des cas est sans doute d’origine pathologique (5 cas cliniques sont présentés ensuite).

3ème catégorie : Phénomènes de bilocation vraie (la conscience est transférée dans le corps fantôme)

Ces phénomènes se produisent durant le sommeil physiologique, pendant des anesthésies générales, dans l’hypnose, le délire, le coma, les fatigues et les dépressions nerveuses. Parfois ils apparaissent chez un sujet qui se trouve dans son état normal, mais dont le corps est u repos absolu (surtout avant ou après une période de sommeil.) Pendant ces extériorisations, se manifestent des phénomènes de clairvoyance ou de télépathie. On peut même dire que, si le sujet ne rapporte pas, de son voyage extracorporel, des souvenirs de vision, si le sujet ne rapporte pas, de son voyage extra-corporel, des souvenirs de vision des lieux et d’autres sensations, on est en droit de considérer ses déclarations comme relevant du domaine du rêve et de l’hallucination. » (suit l’exposé détaillé de 8 cas cliniques)

Auteur : Ernest Bozzano

« Renaître 2000, nov.-déc. 1981, n° 25, pages 215 et suiv.

Qu’est-ce que cela prouve ?


Le spiritisme prouve par l’observation directe et l’expérience :
  1. L’existence, dans l’être humain, d’un double fluidique (périsprit ; corps subtil), enveloppe impérissable de l’âme et canevas du corps physique ;
  2. Que l’âme, entité immatérielle individualisée, et son double fluidique invisible dans les conditions ordinaires, se dégagent, à la mort du corps physique, et lui survivent dans le plan spirituel ;
  3. Que certaines conditions étant remplies, les Esprits (âmes désincarnées), peuvent, à l’aide de leur périsprit, se manifester de diverses manières aux vivants, et leur transmettre des messages personnels.
Des constatations, il s’en déduit que :
  1. L’âme humaine évolue vers la perfection, de vie en vie, et de degré en degré, à travers des épreuves et des vicissitudes sans nombre, qui la dépouillent de ses imperfections et l’affinent ;
  2. Le progrès moral et social intéresse, à un égal degré, tous les humains ;
  3. La pratique de la charité et de la fraternité permet l’ascension morale et spirituelle, tant individuelle que collective ;
  4. Toute faute commise est réparable et doit être réparée.

Théorie des manifestations


C’est le premier pas qui compte.
Lancez-vous dans cette étude

Cette étude d’Allan Kardec a été publiée dans la Revue spirite 1858 en deux articles.
Le premier se trouve immédiatement ci-dessous, le second sous la photographie en bas du premier article.

1er Partie

L’influence morale des Esprits, les relations qu’ils peuvent avoir avec notre âme, ou l’Esprit incarné en nous, se conçoivent aisément. On comprend que deux êtres de même nature puissent se communiquer par la pensée, qui est un de leurs attributs, sans le secours des organes de la parole ; mais ce dont il est plus difficile de se rendre compte, ce sont les effets matériels qu’ils peuvent produire, tels que les bruits, le mouvement des corps solides, les apparitions, et surtout les apparitions tangibles. Nous allons essayer d’en donner l’explication d’après les Esprits eux- mêmes, et d’après l’observation des faits.

L’idée que l’on se forme de la nature des Esprits rend au premier abord ces phénomènes incompréhensibles. L’Esprit, dit-on, c’est l’absence de toute matière, donc il ne peut agir matériellement ; or, là est l’erreur. Les Esprits interrogés sur la question de savoir s’ils sont immatériels, ont répondu ceci :
« Immatériel n’est pas le mot, car l’Esprit est quelque chose, autrement ce serait le néant. C’est, si vous le voulez, de la matière, mais une matière tellement éthérée, que c’est pour vous comme si elle n’existait pas. » Ainsi l’Esprit n’est pas, comme quelques-uns le croient, une abstraction, c’est un être, mais dont la nature intime échappe à nos sens grossiers.

Cet Esprit incarné dans le corps constitue l’âme ; lorsqu’il le quitte à la mort, il n’en sort pas dépouillé de toute enveloppe. Tous nous disent qu’ils conservent la forme qu’ils avaient de leur vivant, et, en effet, lorsqu’ils nous apparaissent, c’est généralement sous celle que nous leur connaissions.

Observons-les attentivement au moment où ils viennent de quitter la vie ; ils sont dans un état de trouble ; tout est confus autour d’eux ; ils voient leur corps sain ou mutilé, selon leur genre de mort ; d’un autre côté ils se voient et se sentent vivre ; quelque chose leur dit que ce corps est à eux, et ils ne comprennent pas qu’ils en soient séparés : le lien qui les unissait n’est donc pas encore tout à fait rompu.

Ce premier moment de trouble dissipé, le corps devient pour eux un vieux vêtement dont ils se sont dépouillés et qu’ils ne regrettent pas, mais ils continuent à se voir sous leur forme primitive ; or ceci n’est point un système: c’est le résultat d’observations faites sur d’innombrables sujets. Qu’on veuille bien maintenant se reporter à ce que nous avons raconté de certaines manifestations produites par M. Home et autres médiums de ce genre : des mains apparaissent, qui ont toutes les propriétés de mains vivantes, que l’on touche, qui vous saisissent, et qui tout à coup s’évanouissent. Que devons-nous en conclure ? c’est que l’âme ne laisse pas tout dans le cercueil et qu’elle emporte quelque chose avec elle.

Il y aurait ainsi en nous deux sortes de matière : l’une grossière, qui constitue l’enveloppe extérieure, l’autre subtile et indestructible. La mort est la destruction, ou mieux la désagrégation de la première, de celle que l’âme abandonne ; l’autre se dégage et suit l’âme qui se trouve, de cette manière, avoir toujours une enveloppe ; c’est celle que nous nommons périsprit. Cette matière subtile, extraite pour ainsi dire de toutes les parties du corps auquel elle était liée pendant la vie, en conserve l’empreinte ; or voilà pourquoi les Esprits se voient et pourquoi ils nous apparaissent tels qu’ils étaient de leur vivant. Mais cette matière subtile n’a point la ténacité ni la rigidité de la matière compacte du corps ; elle est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, flexible et expansible ; c’est pourquoi la forme qu’elle prend, bien que calquée sur celle du corps, n’est pas absolue ; elle se plie à la volonté de l’Esprit, qui peut lui donner telle ou telle apparence à son gré, tandis que l’enveloppe solide lui offrait une résistance insurmontable; débarrassé de cette entrave qui le comprimait, le périsprit s’étend ou se resserre, se transforme, en un mot se prête à toutes les métamorphoses, selon la volonté qui agit sur lui.

(suite dans la colonne centrale immédiatement à droite)

Lire la suite « Théorie des manifestations »

L’influence morale des Esprits, les relations qu’ils peuvent avoir avec notre âme, ou l’Esprit incarné en nous, se conçoivent aisément. On comprend que deux êtres de même nature puissent se communiquer par la pensée, qui est un de leurs attributs, sans le secours des organes de la parole ; mais ce dont il est plus difficile de se rendre compte, ce sont les effets matériels qu’ils peuvent produire, tels que les bruits, le mouvement des corps solides, les apparitions, et surtout les apparitions tangibles. Nous allons essayer d’en donner l’explication d’après les Esprits eux- mêmes, et d’après l’observation des faits.

L’idée que l’on se forme de la nature des Esprits rend au premier abord ces phénomènes incompréhensibles. L’Esprit, dit-on, c’est l’absence de toute matière, donc il ne peut agir matériellement ; or, là est l’erreur. Les Esprits interrogés sur la question de savoir s’ils sont immatériels, ont répondu ceci :
« Immatériel n’est pas le mot, car l’Esprit est quelque chose, autrement ce serait le néant. C’est, si vous le voulez, de la matière, mais une matière tellement éthérée, que c’est pour vous comme si elle n’existait pas. » Ainsi l’Esprit n’est pas, comme quelques-uns le croient, une abstraction, c’est un être, mais dont la nature intime échappe à nos sens grossiers.

Cet Esprit incarné dans le corps constitue l’âme ; lorsqu’il le quitte à la mort, il n’en sort pas dépouillé de toute enveloppe. Tous nous disent qu’ils conservent la forme qu’ils avaient de leur vivant, et, en effet, lorsqu’ils nous apparaissent, c’est généralement sous celle que nous leur connaissions.

Observons-les attentivement au moment où ils viennent de quitter la vie ; ils sont dans un état de trouble ; tout est confus autour d’eux ; ils voient leur corps sain ou mutilé, selon leur genre de mort ; d’un autre côté ils se voient et se sentent vivre ; quelque chose leur dit que ce corps est à eux, et ils ne comprennent pas qu’ils en soient séparés : le lien qui les unissait n’est donc pas encore tout à fait rompu.

Ce premier moment de trouble dissipé, le corps devient pour eux un vieux vêtement dont ils se sont dépouillés et qu’ils ne regrettent pas, mais ils continuent à se voir sous leur forme primitive ; or ceci n’est point un système: c’est le résultat d’observations faites sur d’innombrables sujets. Qu’on veuille bien maintenant se reporter à ce que nous avons raconté de certaines manifestations produites par M. Home et autres médiums de ce genre : des mains apparaissent, qui ont toutes les propriétés de mains vivantes, que l’on touche, qui vous saisissent, et qui tout à coup s’évanouissent. Que devons-nous en conclure ? c’est que l’âme ne laisse pas tout dans le cercueil et qu’elle emporte quelque chose avec elle.

Il y aurait ainsi en nous deux sortes de matière : l’une grossière, qui constitue l’enveloppe extérieure, l’autre subtile et indestructible. La mort est la destruction, ou mieux la désagrégation de la première, de celle que l’âme abandonne ; l’autre se dégage et suit l’âme qui se trouve, de cette manière, avoir toujours une enveloppe ; c’est celle que nous nommons périsprit. Cette matière subtile, extraite pour ainsi dire de toutes les parties du corps auquel elle était liée pendant la vie, en conserve l’empreinte ; or voilà pourquoi les Esprits se voient et pourquoi ils nous apparaissent tels qu’ils étaient de leur vivant. Mais cette matière subtile n’a point la ténacité ni la rigidité de la matière compacte du corps ; elle est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, flexible et expansible ; c’est pourquoi la forme qu’elle prend, bien que calquée sur celle du corps, n’est pas absolue ; elle se plie à la volonté de l’Esprit, qui peut lui donner telle ou telle apparence à son gré, tandis que l’enveloppe solide lui offrait une résistance insurmontable; débarrassé de cette entrave qui le comprimait, le périsprit s’étend ou se resserre, se transforme, en un mot se prête à toutes les métamorphoses, selon la volonté qui agit sur lui.

(suite dans la colonne centrale immédiatement à droite)

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Mort de J-1 à J+3


Lorsque le corps physique s’éteint, le périsprit (ou corps subtil ou corps éthérique) défait progressivement les liens qui le reliaient à lui, en s’étirant lentement. Par un premier cordon a été insufflée la vie dans les premiers instants de l’existence, par un autre cordon elle se retire. Ce dernier est appelé « cordon d’argent ». Il est relié au corps physique dans le cœur ou dans la région du plexus solaire. Le corps n’est pas vraiment mort tant que ce cordon n’est pas brisé. Il est dit que cela prend à peu près trois jours après la mort apparente, selon tous les témoignages de toutes les religions.

Juste avant la mort, le cordon se tortille à partir du périsprit jusqu’à former un S au point de départ. Puis la torsion se propage jusqu’au corps physique où il forme un autre S. La torsion se poursuivant, les deux S s’entrelacent. Dans cette position, on l’appelle le « nexus ». Comme un ballon retenu par un fil, le périsprit flotte au dessus du corps physique, retenu par le cordon d’argent. Les personnes qui lui sont chères et qui l’ont précédé dans l’existence peuvent se manifester auprès de lui. La personne plonge ensuite dans un sommeil profond.

Au bout de trois jours, le cordon d’argent se rompt au niveau du nexus. C’est la véritable mort. Alors, le principe de vie n’est plus. Les atomes constituant le corps physique s’éparpillent dans toutes les directions : c’est le début de la décomposition.

Avec le dépérissement du corps physique, le périsprit retrouve la plénitude de sa nature éthérique. La personne « se réveille » et peut constater une modification de son périsprit. Les personnes qui l’aiment sont toujours à ses côtés.

La personne décédée avance dans sa nouvelle vie. Mais ce qui va suivre dépend de son avancement moral.

Tout est clair et accessible


LE SPIRITISME :

« Sa force est dans sa philosophie,
dans l’appel qu’il fait à la raison, au bon sens.

Il n’a de secrets pour personne ; il parle un langage clair, sans ambiguïté ; chez lui, rien de mystique, point d’allégories susceptibles de fausses interprétations :

–> il veut être compris de tous, parce que le temps est venu de faire connaître la vérité aux hommes ;

–> loin de s’opposer à la diffusion de la lumière, il la veut pour tout le monde ;

–> il ne réclame pas une croyance aveugle, il veut que l’on sache pourquoi l’on croit ;

–> en s’appuyant sur la raison, il sera toujours plus fort que ceux qui s’appuient sur le néant. »

Cf. Allan Kardec, 1857, « Les livre des esprits », Conclusion § VI

L’influence des mauvais esprits


Ils n’ont de puissance que celle que vous voulez bien leur donner !

Ces enseignements proviennent des esprits.
Ils ont été recueillis et publiés en 1926 sous le titre « Conseils des invisibles » par un spirite signant humblement « Général A. »

Que sert-il d’être bon au milieu des bons ? D’être doux quand rien ne vient vous irriter ? D’être vertueux quand aucune tentation ne vous sollicite ? C’est lorsque la tempête souffle, lorsque la passion se déchaîne que commence la vraie lutte ; lutte intérieure, la plus grande et la plus angoissante, qui ne reçoit pas, dans la victoire, les félicitations des hommes, et qui n’a pour récompense que la satisfaction muette du devoir accompli. Si vous êtes vaincus, recommencez la lutte ; et en attendant que votre être se courbe, que vos genoux fléchissent, et que tout en vous se prosterne en disant à l’Intelligence Suprême : pitié !

Les mauvaises inspirations, les mauvais désirs, tous les vices dont vous possédez encore les vestiges, viennent des couches inférieures de votre être. C’est là que le « démon », le vrai démon que tout homme porte en lui.

Ne croyez pas à l’influence continuelle des mauvais esprits ! Quand le cœur est vaillant et que l’intention est pure, ils ne peuvent rien contre vous, et n’ont de puissance que celle que vous voulez bien leur donner !1 S’ils avaient le pouvoir de vous nuire, s’ils pouvaient à leur volonté exercer sur vous leur néfaste influence, votre progrès serait impossible.

Mais si vous laissez le mal grandir ; si vous vous laissez dominer par la matière ; si vous restez liés par vos esclaves en révolte, alors, mais alors seulement, les mauvais s’agitent et cherchent à s’emparer de vous.

Si vous appelez le mal, il arrive.

Si vous appelez le bien, il accourt.

Appelez toujours le bien.

Vous le pouvez en sachant et en voulant. Vous avez le savoir ; que la volonté ne vous fasse pas défaut.

________________________________________

1 « Le Livre des Esprits » (1857), Allan Kardec, question n° 532. « Les Esprits ont-ils le pouvoir de détourner les maux de dessus certaines personnes, et d’attirer sur elles la prospérité ? » Réponse de l’Esprit de Vérité à la question n° 532 :

« Pas entièrement, car il est des maux qui sont dans les décrets de la Providence ; mais ils amoindrissent vos douleurs en vous donnant la patience et la résignation.

Sachez aussi qu’il dépend souvent de vous de détourner ces maux, ou tout au moins de les atténuer ; Dieu vous a donné l’intelligence pour vous en servir, et c’est en cela surtout que les Esprits vous viennent en aide en vous suggérant des pensées propices ; mais ils n’assistent que ceux qui savent s’assister eux-mêmes ; c’est le sens de ces paroles : Cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira.

Sachez bien encore que ce qui vous paraît un mal n’est pas toujours un mal ; souvent, un bien doit en sortir qui sera plus grand que le mal, et c’est ce que vous ne comprenez pas, parce que vous ne pensez qu’au moment présent ou à votre personne ».

Commentaires :

Dans le « Le Livre des Esprits » (1857), Allan Kardec écrit :

Question n° 475. « Peut-on soi-même éloigner les mauvais Esprits et s’affranchir de leur domination ? »

Réponse de l’Esprit de Vérité à la question n° 475 : « On peut toujours secouer un joug quand on en a la ferme volonté ».

Question n° 473 : « Un Esprit peut-il momentanément revêtir l’enveloppe d’une personne vivante, c’est-à-dire s’introduire dans un corps animé et agir au lieu et place de celui qui s’y trouve incarné ? »

Réponse de l’Esprit de Vérité à la question n° 473 : « L’Esprit n’entre pas dans un corps comme tu entres dans une maison ; il s’assimile avec un Esprit incarné qui a les mêmes défauts et les mêmes qualités pour agir conjointement ; mais c’est toujours l’Esprit incarné qui agit comme il veut sur la matière dont il est revêtu. Un Esprit ne peut se substituer à celui qui est incarné, car l’Esprit et le corps sont liés jusqu’au temps marqué pour le terme de l’existence matérielle ».

Question n° 474 : « S’il n’y a pas possession proprement dite, c’est-à-dire cohabitation de deux Esprits dans le même corps, l’âme peut-elle se trouver dans la dépendance d’un autre Esprit, de manière à en être subjuguée ou obsédée, au point que sa volonté en soit en quelque sorte paralysée ? »

Réponse de l’Esprit de Vérité à la question n° 474 : « Oui, et ce sont là les vrais possédés ; mais sache bien que cette domination ne se fait jamais sans la participation de celui qui la subit, soit par sa faiblesse, soit par son désir. On a souvent pris pour des possédés des épileptiques ou des fous qui avaient plus besoin de médecin que d’exorcisme ».

Commentaire d’Allan Kardec : Le mot possédé, dans son acception vulgaire, suppose l’existence de démons, c’est-à-dire d’une catégorie d’êtres de mauvaise nature, et la cohabitation de l’un de ces êtres avec l’âme dans le corps d’un individu. Puisqu’il n’y a pas de démons dans ce sens, et que deux Esprits ne peuvent habiter simultanément le même corps, il n’y a pas de possédés selon l’idée attachée à ce mot. Le mot possédé ne doit s’entendre que de la dépendance absolue où l’âme peut se trouver à l’égard d’Esprits imparfaits qui la subjuguent.

Juste un instant


Consacrez quelques instants à réfléchir, à vous analyser, et à faire un examen des œuvres, des pensées et des paroles qui ont été vos créations du jour. Cet examen éclairera d’une lumière intense votre connaissance et vos réflexions futures.

Vouloir vouloir


Avec enthousiasme

Ces enseignements proviennent des esprits.
Ils ont été recueillis et publiés en 1926 sous le titre « Conseils des invisibles » par un spirite signant humblement « Général A. »

Tant que l’être humain sera dominé par son corps, il sera forcé de subir la loi de la réincarnation. C’est à chacun de raccourcir la durée de la route en faisant double étape. Et pour cela vous n’avez qu’à Vouloir.

Le Ciel a donné à l’Esprit incarné la liberté, liberté relative, mais qui est toujours appropriée à l’avancement de l’être, qui grandit avec lui, et dont il peut toujours faire usage. L’être humain a, au fond de sa conscience, le sentiment profond de sa liberté.

Quand il réfléchit et qu’il descend au fond de son Moi, il constate que, quels que soient les motifs, quelles que soient les raisons, sa Volonté a toujours le droit de choisir entre le bien et le mal, entre son intérêt et le bonheur d’autrui.

Plus l’être est évolué, plus il est placé au-dessus du Moi animal, plus il sait, mieux il voit : et son choix, alors même qu’il serait contraire à tous ses intérêts, est toujours pour le Bien.

Vous voyez tous les jours des êtres humains, même placés au dernier degré de l’échelle sociale, accepter tous les sacrifices pour ne pas commettre un acte infâme ou indigne. Ceux-là vous donnent le grand exemple de la liberté humaine. Ce sont vos aînés, vous devez les entourer du plus grand respect.

L’être humain qui agit sous l’empire de ses passions a parfaitement conscience qu’il fait le mal. Un jour ou l’autre, il regrette de s’être laissé entraîner, de n’avoir pas résisté : et ce regret, ce remords, prouve qu’il se sent responsable, qu’il reconnaît que sa volonté a été en jeu, et qu’il aurait pu prendre une autre détermination.

Cette liberté que vous constatez chez vous, vous la reconnaissez également chez les autres, puisque vous punissez le criminel et que vous récompensez l’homme vertueux. La récompense et le châtiment seraient incompréhensible si vous n’admettiez pas la liberté.

Pas plus que vous – disent les Esprits – nous ne connaissons l’origine des choses, l’homme la cherche et la cherchera longtemps en vain. Cette connaissance nous serait-elle utile pour apprendre nos devoirs moraux et pour les remplir ? Pourrions-nous du reste comprendre ce grand mystère ?

Mais ce que nous savons – disent les Esprits – c’est que dès nos premiers pas dans la vie consciente, nous avons été guidés par des intelligences supérieures qui nous ont montré la route à suivre, et qui nous en ont facilité le parcours, tout en nous laissant libres de la prendre ou de nous engager dans une autre.

Sans doute – disent les Esprits – au début, notre liberté a été bien faible, bien vacillante. Mais dans les circonstances où elle avait à s’exercer, elle n’avait pas besoin d’être bien développée : c’était à nous de la fortifier par l’exercice et de la faire grandir. Elle était du reste à cette époque puissamment aidée par l’instinct qui, après nous avoir servi, devait peu à peu disparaître pour faire place à la raison qui détermine nos actes, et à la volonté qui les accomplit.

Ayez donc de la volonté ; que cette volonté agisse toujours pour le bonheur de vos frères, et qu’elle vous serve tout d’abord à vous dominer vous-même. Lorsque la matière bouillonne déséquilibrée, lorsque le éléments inférieurs font vous êtes formés sont en révolte et vous poussent au mal, il faut à tout pris rester calmes et conserver votre raison et votre sang-froid.

Vous êtes le soleil


Brillez !

En vous incarnant, vous avez accepté l’esclavage, c’est-à-dire la domination momentanée de l’enveloppe grossière qui pèse sur vous constamment et si lourdement. Mais vous vous êtes engagé à vous en rendre maître, à la clarifier, à la vivifier et à la conduire à ses fins dans l’orbite qui lui est tracée. Vous êtes, pour ainsi dire, le soleil de votre moi animal.

Vous avez une lutte terrible à soutenir contre ce moi. Il a été le point de départ de votre élévation et de votre progression ; il a été votre aide puissante ; mais aujourd’hui vous devez vous rendre absolument maître de cet associé qui trop souvent se pose en dominateur , et vous n’arriverez à le maîtriser que par une continuité d’efforts énergiques, en prouvant, à chaque instant, votre volonté de résister aux passions et de vous détacher peu à peu des entraves de l’animalité.

L’effort pour dominer la matière et ses mauvais instincts, doit être, non seulement de chaque jour, mais de chaque minute, et alors l’homme se transforme rapidement. Il suffit du premier vouloir : celui-là seul coûte ; les autres viennent rapidement.

Usez d’autorité et d’énergie sur vous-mêmes ; vous ne serez jamais assez durs. Usez de douceur et de bienveillance pour ceux qui vivent votre vie : vous leur allégerez leur épreuve terrestre, et vous ne pourrez comprendre encore combien, par contre, vous allègerez la vôtre.

Les passions et les mauvais désirs sont, non seulement les tourments de votre vie, mais ils vous suivront dans l’au-delà et vous les retrouverez en grande partie à votre prochaine incarnation : c’est la loi. L’esprit ne peut progresser qu’en épuisant la matière et les fluides qui lui servent d’enveloppe.

Dieu chausse-t-il des tongs à la plage ?


Penser …

Nous entrons dans l’une des périodes les plus attendues de l’année, spécialement pour ceux qui peuvent jouir de vacances, pour ceux qui attendent la visite de leurs enfants, petits enfants ou amis en goguette de passage. Il y a aussi les besogneux de l’été qui embauchent, ceux dont l’emploi ne s’exerce que lorsque le restant de la population a cessé de travailler. A période exceptionnelle, envies exceptionnelles, toutes celles que le boulot, la famille, la météo ne permettent qu’à cette époque là. Alors, bien naturellement, les pensées se focalisent vers tout ce qui apporte du plaisir, de la détente, de la distraction, c’est-à-dire vers le matériel, la matière. Certes, bien des activités estivales (ou des non-activités) laissent de la place au vagabondage de l’esprit. Que faire en effet sinon penser lors d’interminables séances de cuisson recto-verso sur la plage, de longues randonnées, mais aussi d’attentes sans fin sur un quai de gare, dans un gigantesque embouteillage, aux caisses bondées du supermarché voisin du camping et lors de toutes les autres fausses distractions estivales ? Penser …
Penser que si le monde spirituel scrute la plage, ce n’est pas pour les mêmes raisons que nous. Penser que si nous pouvons bénéficier de ce temps de farniente, c’est parce que ceux qui veillent sur nous sont en suractivité spirituelle. Penser à ce qui restera de ces journées dans quelques mois, quelques années et … dans une vie suivante. Penser ce que l’on voudrait être ici et maintenant. Penser ce que l’on voudrait être, de l’autre côté du rideau de la vie, une fois désincarné, de retour dans sa patrie spirituelle. Penser que l’on devient ce que l’on a pensé. Alors … devenir tout de suite cela.

Bon déconfinement, re-confinement !

S’il me reste une forme …


« S’il y a un Dieu et s’il me reste une forme, sous quelle apparence vais-je paraître devant lui ou devant moi-même ? Serai-je un vieillard ?

Mais un vieillard n’est que la fin d’une existence et ne peut représenter l’enfance, la jeunesse et l’âge mûr qu’il n’approuve plus.

Cinquante ou soixante années dont les actes et les pensées se contredisent ne peuvent faire un homme total dont toutes les parties sont uniformément responsables. »

Maurice Maeterlinck, « Devant Dieu », 1937.

La forme de l’âme


Léon Denis

« L’expérience nous démontre chaque jour que l’âme est pourvue d’une forme fluidique, d’un organisme intime et subtil, dont elle est inséparable. Cet organisme impondérable, qui a ses sens propres, distincts des sens corporels, est seul en jeu quand elle exerce ses pouvoirs supérieurs. Grâce à lui, l’âme peut, pendant la vie et durant le sommeil, se dégager de l’enveloppe physique, pénétrer la matière, franchir l’espace, percevoir les réalités du monde invisible. De cette forme fluidique se dégagent des radiations, des effluves, qui peuvent s’extérioriser en couches concentriques au corps humain1, et même, en certains cas, se condenser à des degrés divers et se matérialiser au point d’impressionner des plaques photographiques et des appareils enregistreurs2. »

Extrait de Léon Denis, « Dans l’invisible », 1911.

1 Voir de Rochas, Extériorisation de la sensibilité, motricité, passim.

2 Voir docteur Baraduc, l’Âme humaine, ses mouvements, ses lumières, passim.

Le bien et le mal


Ce n’est que notre avis
et on le partage

Nous avons l’habitude de considérer le bien et le mal comme des choses en soi. Il n’en est pas ainsi. Rien n’est bon, ni mauvais, en soi. Le bien et le mal, le juste et l’injuste, sont les effets que nous ressentons. Ce qui est bon pour l’un peut-être mauvais pour l’autre et inversement. Tout dépend du récipiendaire, de son attitude mentale. Nos actions se structurent plutôt sur des pensées d’amour ou des pensées de peur (1). Le tri entre les actions doit donc s’effectuer sur les effets qu’elles produisent et sur leur aptitude à métamorphoser favorablement notre âme. Lorsque nous agissons, nous faisons l’expérience de la réaction en retour de causes que nous avons nous-mêmes mises en branle.

Nous sommes ce que nous pensons (2). Le chemin spirituel parcouru par chacun est donc la conséquence de ses propres choix. Ainsi, changer l’orientation de ses pensées est-ce l’embout de la métamorphose morale de Soi.

1Dichotomie assez sommaire dans le cadre de cette étude, qui peut se voir préciser.

2 Voir :

a) « Si tu n’es pas Socrate, tu dois vivre comme si tu voulais être Socrate », Épicure (né en -342, mort en -270), « Lettre à Ménécée ».

b) « La connaissance de l’homme ne peut pas s’étendre au-delà de son expérience propre » J. Locke (1632-1704), « Essai sur l’entendement humain ».

c) « la compréhension de l’univers se développe avec les progrès de l’esprit humain » L. Denis, « Le problème de l’être et de la destinée ».

Le souffle intérieur de la vérité


Maurice Magre

« La mort et la vie future », 1932

« Le souffle intérieur de la vérité »

Je remercie l’ordre des choses, la loi distributrice qui fait naître l’un avec un nez ridicule et l’autre avec une faculté d’embonpoint, de m’avoir donné la connaissance de la mort. Je remercie cette loi avare d’avoir été généreuse pour une fois en me donnant non seulement la connaissance de la mort, mais la certitude intérieure de la vérité. Car il y a des gens qui savent, qui exposent leur science avec gravité, mais qui n’en tirent aucune joie, car, au fond d’eux-mêmes ils ne croient pas. Je remercie la loi distributrice par qui certaines âmes sont recouvertes de l’ulcère du doute, de m’avoir fait croire à ce que je sais.

Souvent en lisant les livres d’hommes qui ont traité de ce qui se passe après la mort, et qui l’ont fait avec de minutieux détails, j’ai ri de leur prétention ou, selon mon humeur, je me suis indigné parce qu’ils ne fournissaient pas les preuves de leurs affirmations. Et voilà que je suis tenté de faire de même. Mais quelles preuves puis-je fournir aux autres qui soient différentes de celles que je me suis données à moi-même ?

J’ai entendu dire qu’il y avait dans l’Inde, il y a quelques années, un juge local, un vieux juge animé d’un sens de justice, qui à force de méditer sur la vérité et sur le mensonge des témoignages reconnaissait, avec un sens particulier, ce qui était vrai et ce qui était faux. Son sens particulier devait s’appuyer sur des expressions de visage, sur des intonations de voix.

Suis-je trop orgueilleux en me comparant à ce juge local ? J’ai eu, à un moment donnée, la perception qu’un sens nouveau apparaissait en moi et s’y développait avec ds progrès assez sensibles. Ce sens se manifestait par une légère souffrance intérieure, quand, au cours d’une conversation ou en lisant un livre relatif au sujet qui m’intéressait entre tous, je me trouvais en présence d’une idée contraire à la vérité.

Comme le juge hindou, j’ai médité sur les descriptions de la vie future, sur les rêveries ds clairvoyants, sur les affirmations des spirites. Très souvent, j’ai éprouvé la petite souffrance intérieure, signe de la présence du mensonge et j’ai remarqué qu’elle était proportionnelle, non pas à la grandeur du mensonge , mais à la volonté de fausseté qu’avait eu l’énonciateur du mensonge. L’erreur pure, l’erreur invraisemblable accomplie par ignorance ou stupidité, au lieu de me causer une souffrance, provoquait chez moi un rire joyeux, cette allégresse que cause la déformation du comique.

J’ai prêté l’oreille à un conseil qui était formulé sans parole et j’ai été récompensé de mon attention. Ainsi j’ai appris avec certitude la part de vérité qu’il y avait dans les antiques traditions, j’ai su dans quelle mesure il fallait ajouter foi aux imaginations extravagantes des voyants qui ont prétendu converser directement avec Dieu. Sans doute, chaque homme peut-il développer comme moi ce sens intérieur et peut-être est-ce là un modeste commencement de communication avec ce qu’il est convenu d’appeler Dieu. Je remercie la loi distributrice qui accorde aux uns une abondante faculté de jouir avec le goût et le toucher, qui pare les autres des délicates antennes de la sympathie, de m’avoir donné une petite part de discernement dans le domaine de ce qui est caché.

Je n’envie pas les voyants qui ont étonné le monde par leur voyance. Ils ont trop vu à mon gré. Le mensonge a toujours un point faible par lequel il se trahit. La pure imagination finit par éclater comme un bulle de savon qui a reflété trop d’arcs-en-ciel.

Les révélations des antiques Védas de l’Inde sont entrecoupées par trop de demandes d’offrandes pour les Brahmanes, auteurs de ces révélations. Les visions des saints catholiques représentent Dieu exclusivement entouré des saints catholiques, ce qui fait pâlir a vision. A plusieurs reprises, en lisant des livres où étaient relatées des communications faites avec tous les contrôles désirables, j’ai été rempli d’émerveillement. Mais je butais souvent sur quelque pierre qui me faisait tomber du haut de ma crédulité.

J’ai lu successivement deux ouvrages où la vie des homme dans l’au-delà était décrite, selon leur nature bonne ou mauvaise, de façon à peu près semblable. Cette concordance venait à l’appui de la véracité de ces expérimentateurs spirites. Mais je m’étonnai que tous deux assignassent une place particulièrement heureuse et élevée aux soldats morts pour la patrie. Je ne crois pas que l’au-delà comporte de récompenses analogues à nos titres et à nos décorations et je pense que ceux qui meurent dans la violence, en tuant leurs semblables, même si c’est pour la patrie, subissent le contre-coup de la violence qui est toujours douloureux. Mon étonnement se dissipa quand je vis les auteurs de ces deux ouvrages sincères, et dans une certaine mesure, scientifiques, étaient tous deux colonels, l’un dans l’armée française, l’autre dans l’armée anglaise.

– Il m’a été donné d’être avec les Anges et de m’entretenir avec aux comme un home avec un autre homme et cela depuis treize ans, dit Swedenborg.

Je n’ai pu m’empêcher d’envier Swedenborg. J’ai aussi envié le théosophe Leadbeater et l’anthroposophe Rudolf Steiner. Ce sont ceux qui sont allés le plus loin dans l’affirmation d’une clairvoyance presque miraculeuse. Swedenborg a fait une description méticuleuse des enfers. Il les situe sous les montagnes et il a remarqué que leurs entrée « parfois spacieuses étaient la plus part raboteuses. » Il y a vu des rixes, des vols et maints lieux de débauche (Cf. Swedenborg, « Du ciel et de ses merveilles et de l’enfer, d’après ce qui a été entendu et vu »).

Leadbeater dépeint l’au-delà comme une sorte de contrefaçon terrestre. Il ya des librairies, des boutiques. Comme peu de vivants ont, comme lui, la faculté de s’y transporter, quand il s’y promène, on le reconnaît, car sa silhouette est familière. On l’entoure, on lui demande des nouvelles de la terre.

Steiner a pu suivre l’homme après sa mort dans son sextuple voyage à travers les planètes (Rudolph Steiner, « La vie après la mort »). Il a pu remonter le cours des temps, assister à la création des mondes, voir les espaces quand la terre n’était pas encore née, quand le soleil n’avait pas encore pris de forme. Je l’ai suivi avec passion. Mais il est arrivé à un moment où je me suis écrié : « C’est trop ! Comment a-t-il pu voir si loin ? Où a-t-il pu trouver ces pouvoirs presque divins ? » Or, à ces légitimes questions que tout homme sensé a dû lui poser et qu’il a dû se poser lui-même, il ne répond jamais. Il a même publié un livre de mémoires où il signale en passant ses dons de clairvoyance, sans songer à expliquer comment ils sont venus !

Il y a chez les clairvoyants une ivresse de la clairvoyance qui se confond avec l’imagination. Ils sont emportés par la tentation que crée leur désir de voir ce que personne n’a vu. Ils dépeignent avec de vivantes couleurs les fictions qui sont en eux. Et ils nagent, pleins de certitude, dans un rêve idéal qui est vrai pour eux. Quand ils ont atteint un certain degré, ils ne sont plus embarrassés par rien. Le bien et le mal leur apparaissent comme des plaines bien délimitées, que sépare un fleuve étincelant comme une épée. A droite tout est pur et banc, à gauche sont les ombres du mal. Et dans cette naïve conception d’un bien qui est étroitement leur bien personnel, d’un mal qui est le mal à leurs yeux, se cache la pierre de touche de leur vérité et de leur mensonge.

Ah ! J’aurais voulu m’entretenir avec les anges pendant treize ans comme Swedenborg ! Un seul ange familier m’aurait même suffi. J’aurais bien voulu que ma silhouette fut connue dans l’au-delà, qu’on m’y appelât par mon nom et qu’on me posât des questions, comme cela est arrivé à Leadbeater ! Ainsi que Steiner, j’aurais voulu voir à l’œuvre les Exusiaï, les Dynamis, les Kiriotettes, entités créatrices qui travaillent aux futures destinées humaines ! Pourtant je remercie la loi distributrice, qui ne m’a dévolu qu’un souffle intérieur, un petit guide bien modeste, mais qui est confirme à ma raison.

C’est en écoutant la parole silencieuse de ce guide que j’ai pu transmettre un message concernant la mort.

Jean Abadié, précurseur


C’est avec méticulosité que je tourne les pages jaunies et rendues craquantes de l’ouvrage « Aux frontières de l’au-delà » de Jean Labadié (Éditions Grasset, 1939). Par quels détours est-il parvenu sur ma table de travail ? Ce qui importe est qu’il y vient apporter des commentaires à une causerie que je dois animer dans quarante cinq minutes à peine. Au travers du temps et de l’espace, il vient alimenter mes réflexions de potron-minet de ce jour. Voilà, je me contente de copier le texte de cet éminent spirite :

« … Je n’ai guère passé de semaine sans avoir à étudier de près quelque sujet précis de la science contemporaine, depuis la mathématique d’Einstein et les découvertes de la radio-activité artificielle, jusqu’à la génétique de Morgan et à la biochimie moléculaire de Landsteiner. Je ne suis pas plus fier de ceci que de cela, n’en déplaise à mes éminents contradicteurs de l’autre côté de la barricade (Note : l’auteur évoque les esprits désincarnés).

La raison, c’est-à-dire le niveau atteint par le raisonnement scientifique en 1939, est une chose. La réalité brute, meublée comme toujours, de faits incompréhensibles, en est une autre. La raison de 1950 ou de l’an 2 000 dominera peut-être l’incompréhensible actuel, à condition toutefois que l’ascension « rationaliste » s’effectue avec autant de prudence que d’humilité. Et la science humaine aura fait un nouveau pas en avant, qualitativement identique à tous ceux qu’elle accomplit, contre les mêmes résistances, dans le passé ».

Ces mots pulvérisent sur l’homme du XXIème siècle que je suis un nuage de culpabilité. Cet esprit aiguisé que fut ce chercheur spirite espérait que la progression des recherches serait telle que, quelques décennies plus tard, le spiritisme serait entré dans la connaissance humaine comme une science à part entière. L’immensité de la déception qui doit accabler aujourd’hui Jean ne doit pas être due, comme il le supputait, à l’accroissement de la philosophie matérialiste, mais au relâchement de la mentalité, à la mega consommation, à l’insouciance généralisée, au profond désintérêt des choses de l’esprit.

Vous qui lisez cela, méditez sur ce dramatique recul de la pensée humaine à propos de ce qui la concerne au plus haut niveau : sa propre destinée.

Bernard

Nota : Aucun moteur de recherche ne connaît la biographie de M. Jean Labadié. La Bibliothèque Nationale de France a enregistré 21 ouvrages sous sa signature : https://data.bnf.fr/10910007/jean_labadie/

Pensée


« Ne craignez rien de ce qui est dans la Nature et que vous pouvez voir. Ne redoutez l’influence exercée par aucune secte, foi ou société. Chacune et toutes ont dans leur origine une seule base : la Vérité ou, au moins, une portion de celle-ci. Vous ne pouvez pas prétendre en avoir une plus grande part qu’elles, il est seulement nécessaire que vous découvriez toute la vérité que chacune possède. Vous n’êtes en guerre avec aucune. C’est la paix que vous recherchez et c’est pourquoi le mieux est de trouver le bien en toute chose. Car ceci amène la paix. »

Source : Cahiers Théosophiques n° 2, page 17, réimpression 2019

La médiumnité


Ce texte est un extrait de la fiche d’étude réservée aux participants aux Rencontres Spirites.

1 La médiumnité n’est pas un don

Source : « Instruction pratique sur les manifestations spirites », Allan Kardec

1.1 Une faculté inhérente à l’Homme

« Toute personne qui ressent à un degré quelconque l’influence des Esprits, est, par cela même médium. Cette faculté est inhérente à l’Homme, et par conséquent n’est point un privilège exclusif …

… Les Esprits agissent souvent à notre insu sur notre pensée … (mais) l’Esprit incarné a heureusement toujours son libre arbitre ».

La médiumnité n’est pas un don, c’est une faculté présente en chacun de nous, à des degrés différents.

1.2 Comment font les Esprits pour se communiquer ?

En accordant les fluides ensemble. L’Esprit s’approche et s’harmonise avec le fluide vital du médium. …

L’Esprit agit ensuite avec la force de la pensée…

A gauche William Crookes, à droite l’Esprit matérialisé de Katie King (1874)

(Pour en savoir plus sur la photo) https://fr.wikipedia.org/wiki/Florence_Cook

2 But et portée de la médiumnité

Le but est de seulement de transmettre des messages sans les altérer, sans les juger.

La médiumnité est un sacerdoce

La médiumnité est un honneur

La médiumnité est une responsabilité.

3 L’exercice de la médiumnité

Extraits ou synthèse d’extraits de l’ouvrage « ABC de la médiumnité », de l’esprit Odilon Fernandes, psychographié par le médium brésilien Carlos Baccelli. Nous y ajoutons des notes en bas de page relatives à la position d’autres auteurs. Nous n’abordons pas toutes les formes de médiumnité et renvoyons l’étudiant au Livre des médiums d’Allan Kardec. Nous ne mentionnons que quelques observations sur celles-ci.

3.1 Le développement
  1. La persévérance est la base du développement médiumnique.
  2. Le perfectionnement de la médiumnité exige temps, dévouement et intérêt.
  3. L’éclosion de la médiumnité n’est que le premier pas d’une longue marche.
  4. Le développement médiumnique s’effectue parallèlement au développement personnel du médium. « Le médium qui reconnaît ses limites commence déjà à les dépasser ».
  5. L’exercice de la médiumnité n’est pas restreint à l’exercice apparent de la faculté en soi.
  6. Le médium conscient de son devoir est celui qui cherche à refléter la pensée des sphères plus élevées dans toutes ses actions.
  7. La médiumnité est un échange à double sens exigeant une parfaite intégration entre le médium et l’Esprit. L’Esprit assiste le médium, mais le médium peut lui aussi assister l’Esprit qui l’utilise comme instrument. Il y a des choses que l’Esprit apprend avec le médium, d’où la nécessité pour le médium d’étudier, éduquant ainsi indirectement l’Esprit avec lequel il a des affinités dans la tâche. Rares sont les Esprits spirites.
3.2 L’étude
  1. C’est le devoir du médium de faciliter le travail de l’Esprit.
  2. La médiumnité n’exempte pas le médium d’accroître ses connaissances. Au contraire, elle lui donne une plus grande responsabilité en ce qui concerne l’acquisition de nouveaux éclaircissements.
  3. Plus le médium offre de ressources à l’Esprit, plus ce dernier peut s’exprimer facilement.
  4. Le médium ne doit pas attendre que les Esprits qui s’expriment par son intermédiaire lui enseignent tout.
3.3 La rénovation personnelle
  1. Les Esprits Supérieurs ne secondent pas dans sa tâche le médium qui ne démontre pas un sincère désir de combattre ses propres tares.
  2. Le premier engagement du médium doit être celui de sa propre rénovation…
  3. Il est impossible de concilier l’exercice de la médiumnité avec une vie chaotique ou conflictuelle.
3.4 La conduite
  1. Dans sa vie privée, le médium doit s’efforcer d’être cohérent …
  2. L’engagement spirituel du médium ne doit pas se limiter à ses contacts sporadiques avec les Esprits…
3.5 La syntonie
  1. Le médium responsable cherchera à se maintenir en syntonie1 constante avec les Plans Supérieurs.
  2. La syntonie médiumnique ne s’improvise pas.
3.6 La discipline
  1. La discipline médiumnique exige que l’on place son idéal au-dessus de toute activité matérielle. Toutefois, l’exercice de la médiumnité n’entre pas en conflit avec les devoirs primordiaux d’assumer ses responsabilités familiales et professionnelles.
  2. Les Esprits éclairés n’exigent pas du médium plus de temps que celui dont il dispose.
  3. Comme ils ont aussi des occupations dans le Monde Spirituel, les Esprits ne sont pas toujours à la disposition des médiums, comme s’ils étaient leurs messagers particuliers ou leurs domestiques.
3.7 La clairvoyance

(Voir le « Livre des Médiums », Allan Kardec, 1861, Partie 2, Chap. XIV, § 6 « Médiums voyants »

  1. Le médium voyant ne voit pas les Esprits quand il le désire.
  2. Le voyant ne voit pas les Esprits avec les yeux du corps, mais avec ceux de l’âme.
  3. Même chez les voyants les plus développés, le phénomène de la clairvoyance médiumnique ne se produira que sporadiquement.
  4. Chaque médium voyant voit à sa façon les tableaux de la Vie Spirituelle …
  5. Celui qui aperçoit un Esprit en situation de semi-matérialisation n’est pas voyant.
  6. Le médium clairvoyant sera incapable de préciser si les images qu’il voit se déplacent à l’extérieur ou à l’intérieur de son cerveau.
3.8 La clairaudience

(Voir le « Livre des Médiums », Allan Kardec, 1861, Partie 2, Chap. XIV, § 4 « Médiums auditifs »)

  1. La clairaudience est une « voix » que nous entendons intérieurement, comme si nous entendions nos propres pensées.

4 Contrôle de la médiumnité

« Il est évident que sans moyens de contrôle n’importe quel esprit farceur dans l’erraticité1 peut s’amuser aux dépens de ceux qui l’écoutent si le médium pratique solitairement comment pourra-t-il savoir à qui il a affaire ?

Le contrôle de la médiumnité est indispensable ; cela se fait avec l’aide des esprits guides du groupe par l’intermédiaire d’autres médiums ; d’où l’intérêt de pratiquer en groupe. »

5 La gestion des risques

(Demander la fiche complète)

6 Les copains d’abord

« La médiumnité est une faculté neutre …

Seuls l’ignorance, l’inconscience ou l’orgueil convainquent d’exercer seul la médiumnité.

« Il est évident que sans moyens de contrôle n’importe quel esprit farceur dans l’erraticité peut s’amuser aux dépens de ceux qui l’écoutent … Le contrôle de la médiumnité est indispensable ; cela se fait avec l’aide de

La seule médiumnité individuelle est la prière.

Qui croit communiquer en permanence toute la journée avec un esprit supérieur est victime de son ignorance, de son inconscience ou se son orgueil …

La prudence impose de toujours exercer la médiumnité sous la protection d’un groupe de
spirites, encadré de praticiens aguerris.

Vous pouvez commenter ce texte en bas de page

Annexe 1 : « Le livre des Esprits », Extraits

7.1.1 Influence occulte des Esprits sur nos pensées et sur nos actions

459. Les Esprits influent-ils sur nos pensées et sur nos actions ?

« Sous ce rapport leur influence est plus grande que vous ne croyez, car bien souvent ce sont eux qui vous dirigent ».

460. Avons-nous des pensées qui nous sont propres, et d’autres qui nous sont suggérées ?

« Votre âme est un Esprit qui pense ; vous n’ignorez pas que plusieurs pensées vous arrivent à la fois sur un même sujet, et souvent bien contraires les unes aux autres ; eh bien ! il y en a toujours de vous et de nous ; c’est ce qui vous met dans l’incertitude, parce que vous avez en vous deux idées qui se combattent ».

461. Comment distinguer les pensées qui nous sont propres de celles qui nous sont suggérées ?

« Lorsqu’une pensée est suggérée, c’est comme une voix qui vous parle. Les pensées propres sont en général celles du premier mouvement. Du reste, il n’y a pas un grand intérêt pour vous dans cette distinction, et il est souvent utile de ne pas le savoir : l’homme agit plus librement ; s’il se décide pour le bien, il le fait plus volontiers ; s’il prend le mauvais chemin, il n’en a que plus de responsabilité ».

462. Les hommes d’intelligence et de génie puisent-ils toujours leurs idées dans leur propre fonds ?

« Quelquefois, les idées viennent de leur propre Esprit, mais souvent elles leur sont suggérées par d’autres Esprits qui les jugent capables de les comprendre et dignes de les transmettre. Quand ils ne les trouvent pas en eux, ils font appel à l’inspiration ; c’est une évocation qu’ils font sans s’en douter ».

S’il eût été utile que nous puissions distinguer clairement nos pensées propres de celles qui nous sont suggérées, Dieu2 nous en eût donné le moyen, comme il nous donne celui de distinguer le jour et la nuit. Quand une chose est dans le vague, c’est que cela doit être pour le bien.

463. On dit quelquefois que le premier mouvement est toujours bon ; cela est-il exact ?

« Il peut être bon ou mauvais selon la nature de l’Esprit incarné. Il est toujours bon chez celui qui écoute les bonnes inspirations ».

464-a. Comment distinguer si une pensée suggérée vient d’un bon ou d’un mauvais Esprit ?

« Étudiez la chose ; les bons Esprits ne conseillent que le bien ; c’est à vous de distinguer ».

464-b. Dans quel but les Esprits imparfaits nous poussent-ils au mal ?

« Pour vous faire souffrir comme eux ».

464-c – Cela diminue-t-il leurs souffrances ?

« Non, mais ils le font par jalousie de voir des êtres plus heureux ».

464-d – Quelle nature de souffrance veulent-ils faire éprouver ?

« Celles qui résultent d’être d’un ordre inférieur et éloigné de Dieu ».

466. Pourquoi Dieu permet-il que des Esprits nous excitent au mal ?

« Les Esprits imparfaits sont des instruments destinés à éprouver la foi et la constance des hommes dans le bien. Toi, étant Esprit, tu dois progresser dans la science de l’infini, c’est pour cela que tu passes par les épreuves du mal pour arriver au bien. Notre mission est de te mettre dans le bon chemin, et quand de mauvaises influences agissent sur toi, c’est que tu les appelles par le désir du mal, car les Esprits inférieurs viennent à ton aide dans le mal quand tu as la volonté de le commettre ; ils ne peuvent t’aider dans le mal que quand tu veux le mal. Si tu es enclin au meurtre, eh bien ! tu auras une nuée d’Esprits qui entretiendront cette pensée en toi ; mais aussi tu en as d’autres qui tâcheront de t’influencer en bien, ce qui fait que cela rétablit la balance et te laisse le maître ».

C’est ainsi que Dieu laisse à notre conscience le choix de la route que nous devons suivre, et la liberté de céder à l’une ou à l’autre des influences contraires qui s’exercent sur nous.

467. Peut-on s’affranchir de l’influence des Esprits qui sollicitent au mal ?

« Oui, car ils ne s’attachent qu’à ceux qui les sollicitent par leurs désirs ou les attirent par leurs pensées ».

468. Les Esprits dont l’influence est repoussée par la volonté renoncent-ils à leurs tentatives ?

« Que veux-tu qu’ils fassent ? Quand il n’y a rien à faire, ils cèdent la place ; cependant, ils guettent le moment favorable, comme le chat guette la souris ».

469. Par quel moyen peut-on neutraliser l’influence des mauvais Esprits ?

« En faisant le bien, et en mettant toute votre confiance en Dieu, vous repoussez l’influence des Esprits inférieurs et vous détruisez l’empire qu’ils voulaient prendre sur vous. Gardez-vous d’écouter les suggestions des Esprits qui suscitent en vous de mauvaises pensées, qui soufflent la discorde entre vous, et qui excitent en vous toutes les mauvaises passions. Défiez-vous surtout de ceux qui exaltent votre orgueil, car ils vous prennent par votre faible. Voilà pourquoi Jésus vous fait dire dans l’oraison dominicale : Seigneur ! ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal ».

470. Les Esprits qui cherchent à nous induire au mal, et qui mettent ainsi à l’épreuve notre fermeté dans le bien, ont-ils reçu mission de le faire, et si c’est une mission qu’ils accomplissent en ont-ils la responsabilité ?

« Nul Esprit ne reçoit la mission de faire le mal ; quand il le fait, c’est de sa propre volonté, et par conséquent il en subit les conséquences. Dieu peut le lui laisser faire pour vous éprouver, mais il ne le lui commande pas, et c’est à vous de le repousser ».

471. Lorsque nous éprouvons un sentiment d’angoisse, d’anxiété indéfinissable ou de satisfaction intérieure sans cause connue, cela tient-il uniquement à une disposition physique ?

« C’est presque toujours un effet des communications que vous avez à votre insu avec les Esprits, ou que vous avez eues avec eux pendant le sommeil ».

472. Les Esprits qui veulent nous exciter au mal ne font-ils que profiter des circonstances où nous nous trouvons, ou peuvent-ils faire naître ces circonstances ?

« Ils profitent de la circonstance, mais souvent ils la provoquent en vous poussant à votre insu vers l’objet de votre convoitise. Ainsi, par exemple, un homme trouve sur son chemin une somme d’argent : ne crois pas que ce sont les Esprits qui ont apporté l’argent en cet endroit, mais ils peuvent donner à l’homme la pensée de se diriger de ce côté, et alors la pensée lui est suggérée par eux de s’en emparer, tandis que d’autres lui suggèrent celle de rendre cet argent à celui à qui il appartient. Il en est de même de toutes les autres tentations ».

7.1.2 Influence des Esprits sur les événements de la vie

525-a. Les Esprits exercent-ils une influence sur les événements de la vie ?

« Assurément, puisqu’ils te conseillent ».

525-b – Exercent-ils cette influence autrement que par les pensées qu’ils suggèrent, c’est-à-dire ont-ils une action directe sur l’accomplissement des choses ?

« Oui, mais ils n’agissent jamais en dehors des lois de la nature ».

Nous nous figurons à tort que l’action des Esprits ne doit se manifester que par des phénomènes extraordinaires ; nous voudrions qu’ils nous vinssent en aide par des miracles, et nous nous les représentons toujours armés d’une baguette magique. Il n’en est point ainsi ; voilà pourquoi leur intervention nous paraît occulte, et ce qui se fait par leur concours nous semble tout naturel. Ainsi, par exemple, ils provoqueront la réunion de deux personnes qui paraîtront se rencontrer par hasard ; ils inspireront à quelqu’un la pensée de passer par tel endroit ; ils appelleront son attention sur tel point, si cela doit amener le résultat qu’ils veulent obtenir ; de telle sorte que l’homme, ne croyant suivre que sa propre impulsion, conserve toujours son libre arbitre.

526. Les Esprits ayant une action sur la matière peuvent-ils provoquer certains effets en vue de faire accomplir un événement ? Par exemple, un homme doit périr : il monte à une échelle, l’échelle se brise et l’homme se tue ; sont-ce les Esprits qui ont fait briser l’échelle pour accomplir la destinée de cet homme ?

« Il est bien vrai que les Esprits ont une action sur la matière, mais pour l’accomplissement des lois de la nature et non pour y déroger en faisant surgir à point nommé un événement inattendu et contraire à ces lois. Dans l’exemple que tu cites, l’échelle s’est rompue parce qu’elle était vermoulue ou n’était pas assez forte pour supporter le poids de l’homme ; s’il était dans la destinée de cet homme de périr de cette manière, ils lui inspireront la pensée de monter à cette échelle qui devra se rompre sous son poids, et sa mort aura lieu par un effet naturel et sans qu’il soit besoin de faire un miracle pour cela ».

Annexe 3 : « Œuvres posthumes », A. Kardec,
Chapitre 1, Extraits

13. C’est au moyen du périsprit que les Esprits agissent sur la matière inerte et produisent les différents phénomènes des manifestations. Sa nature éthérée ne saurait être un obstacle, puisqu’on sait que les plus puissants moteurs se trouvent dans les fluides les plus raréfiés et les fluides impondérables. Il n’y a donc point lieu de s’étonner de voir, à l’aide de ce levier, les Esprits produire certains effets physiques, tels que des coups frappés et bruits de toutes sortes, des objets soulevés, transportés ou projetés dans l’espace. Il n’est nul besoin pour s’en rendre compte d’avoir recours au merveilleux ou aux effets surnaturels.

14. Les Esprits agissant sur la matière peuvent se manifester de plusieurs manières différentes : par des effets physiques, tels que les bruits et le mouvement des objets ; par la transmission de pensée, par la vue, l’ouïe, la parole, le toucher, l’écriture, le dessin, la musique, etc., en un mot par tous les moyens qui peuvent servir à les mettre en rapport avec les hommes.

Annexe 2 : « Doctrine secrète » (1889)
Helena Blavasky

L’Univers est élaboré et guidé de l’intérieur vers l’extérieur. Il en est en bas comme en haut, sur la terre comme dans le ciel, et l’homme, microcosme et copie miniature du macrocosme, est le témoin vivant de cette Loi Universelle et de son mode d’action. Nous voyons que chaque mouvement, chaque acte, ou geste, manifesté extérieurement, qu’il soit volontaire ou machinal, organique ou mental, est produit et précédé, intérieurement, par un sentiment ou une émotion, une volonté ou volition, et une pensée ou intelligence. De même qu’aucun mouvement ou changement externe, lorsqu’il est normal, ne peut se produire dans le corps extérieur de l’homme sans être provoqué par une impulsion intérieure donnée par l’une des trois fonctions dont nous venons de parler, de même en est-il pour l’Univers externe ou manifesté.

Le Kosmos entier est guidé, contrôlé et animé par une série presque infinie de Hiérarchies d’Êtres sensibles, ayant, chacune, une mission à remplir et qui (quel que soit le nom que nous leur donnions, que nous les appelions Dhyân-Chôhan ou Anges) sont des « Messagers » uniquement en ce sens qu’ils sont les agents des Lois de karma et du cosmos. Ils varient à l’infini dans leurs degrés respectifs de conscience et d’intelligence, et les appeler tous de purs Esprits, sans rien de l’alliage terrestre « dont le temps a coutume de se repaître », c’est simplement se laisser aller à une fantaisie poétique. En effet, chacun de ces Êtres a été un homme dans un cycle précédent, ou se prépare à le devenir dans le cycle actuel, ou un cycle à venir. Ce sont des hommes devenus parfaits, quand ils ne sont pas des hommes en germe ; et, dans les sphères supérieures (moins matérielles) qui sont les leurs, ils ne diffèrent, moralement, des êtres humains terrestres qu’en ce qu’ils sont dépourvus du sentiment de la personnalité et de la nature émotionnelle humaine – deux caractéristiques purement terrestres.

Les premiers, ou les « parfaits », sont devenus libres de ces sentiments, parce que (a) ils n’ont plus de corps charnel – ce poids qui toujours engourdit l’Âme – et (b) parce que, le pur élément spirituel en eux étant laissé sans entraves et plus libre, ils sont moins influencés par Mâyâ que ne peut jamais l’être l’homme, à moins qu’il ne soit un Adepte capable de maintenir entièrement séparées ses deux personnalités (la spirituelle et la physique).

Les monades naissantes, n’ayant encore jamais eu de corps terrestres, ne peuvent éprouver aucun sentiment de personnalité, ou d’ÉGO-ïsme. Ce qu’on entend par « personnalité » étant une limitation et une relation, ou, comme Coleridge la définit, « une individualité existant par elle-même, mais avec une nature comme base » , le mot ne peut naturellement pas s’appliquer à des entités non humaines ; mais, ainsi qu’il a toujours été souligné par des générations de Voyants, aucun de ces Êtres, supérieur ou inférieur, n’a d’individualité, ou de personnalité, prise comme une Entité séparée ; en clair, ils n’ont pas d’individualité dans le sens où un homme dit : « Je suis moi-même et personne d’autre » ; en d’autres termes, ils ne sont pas conscients d’une telle séparativité distincte, comme celle qui existe pour les hommes et les choses de la terre.

L’individualité est la caractéristique de leurs Hiérarchies respectives et non de leurs unités, et ces caractéristiques varient seulement avec le degré du plan auquel appartiennent ces Hiérarchies ; plus elles se rapprochent de la région de l’Homogénéité et du Divin unique, plus pure et moins saillante est cette individualité dans la Hiérarchie. Ils sont finis, sous tous les rapports, sauf en ce qui concerne leurs principes supérieurs – les étincelles immortelles qui réfléchissent la divine flamme universelle – individualisés et séparés seulement dans les sphères d’Illusion, par une différenciation aussi illusoire que le reste.

Ce sont des « Vivants », parce qu’ils sont les courants projetés de la VIE ABSOLUE sur l’écran cosmique de l’Illusion ; des êtres dans lesquels la vie ne peut s’éteindre avant que le feu de l’ignorance ne soit éteint chez ceux qui ressentent l’effet de ces « Vies ». Ayant pris naissance sous l’influence vivifiante du rayon incréé, réflexion du grand Soleil Central qui luit sur les rives du Fleuve de la Vie, c’est, chez eux, le principe intérieur qui appartient aux eaux de l’immortalité, tandis que son vêtement différencié est aussi périssable que le corps de l’homme. C’est pourquoi Edward Young avait raison de dire : « Les anges sont des hommes d’un ordre supérieur … » et pas davantage. Ce ne sont ni des anges « secourables », ni des anges « protecteurs », ni les « hérauts du Très-Haut » ; encore bien moins les « messagers de la Colère » d’un Dieu, tel qu’a pu le créer l’imagination humaine. Solliciter leur protection est aussi insensé que de croire qu’on peut gagner leur sympathie par une offrande quelconque, car ils sont, autant que l’homme lui-même, les esclaves et les créatures de l’immuable Loi karmique et cosmique. La raison en est évidente. Ne possédant aucun élément de personnalité dans leur essence, ils ne peuvent avoir aucune des qualités personnelles telles que les hommes en attribuent, dans leurs religions exotériques, à leur Dieu anthropomorphe – un Dieu jaloux et exclusif, qui se réjouit et se met en colère, qui aime les sacrifices et se montre plus despote dans sa vanité que n’importe quel homme fini, insensé.

Ainsi qu’il apparaît dans le volume II, l’Homme est un composé des essences de toutes ces Hiérarchies célestes : comme tel, il peut réussir à se rendre supérieur, dans un certain sens, à l’une quelconque de ces Hiérarchies ou Classes ou même à l’une de leurs combinaisons. Il est dit que « l’homme ne peut ni se rendre les « deva » propices », ni les commander. Mais, en paralysant sa personnalité inférieure, et en arrivant ainsi à la pleine connaissance de la non-séparativité entre son SOI Supérieur et l’Unique SOI..

Absolu, l’homme peut, même durant sa vie terrestre, devenir comme « l’Un de nous ». C’est ainsi qu’en mangeant du fruit de la connaissance qui dissipe l’ignorance, l’homme devient comme l’un des Elohim ou des Dhyâni ; et, une fois sur leur plan, l’Esprit de solidarité et de parfaite Harmonie qui règne dans toute Hiérarchie doit s’étendre sur lui et le protéger sous tous les rapports.

1Syntonie :

– Égalité de fréquence de deux ou plusieurs circuits; état de systèmes ou de circuits capables d’émettre et de recevoir des ondes de même fréquence.

– État d’un sujet dont les sentiments ou les tendances sont en accord avec l’entourage et avec lequel existe une unité, une harmonie intrapsychique.

2Egalement nommé par Allan Kardec : « Intelligence Suprême ».

Il peut être appelé le « Non-Manifesté », contenant en lui la potentialité de toute forme manifestée, ainsi que les lois gouvernant ces manifestations. Mais aussi la « Cause des causes », la « cause première », la « Cause sans cause » ou de tout autre nom qu’il vous plaira.

Le spiritisme, et alors ?


Selon nous,
le spiritisme

C’est Allan Kardec lui-même qui le définit :

« Le Spiritisme est à la fois une science d’observation et une doctrine philosophique.

Comme science pratique, il traite de la nature, de l’origine et de la destinée des Esprits, et de leurs rapports avec le monde corporel et des relations que l’on peut établir avec eux ;

Comme philosophie, il comprend toutes les conséquences morales qui découlent de ces relations. »

(Allan Kardec, « Qu’est-ce que le spiritisme ? », 1860)


Une « science naturelle »

Le spiritisme est une science naturelle, la dernière quant à son objet, qui procède à l’étude de l’âme comme réalité spirituelle et physique autonome, qui analyse des faits significatifs démontrant son autonomie, son antériorité à la formation de l’organisme humain et sa persistance après la mort.

Une branche de la psychologie

Le comportement et la pensée de l’espèce humaine sont des phénomènes extraordinairement complexes à décrire et expliquer. L’objet de la psychologie est d’apporter à cette matière délicate des méthodes, des interprétations, elles-mêmes sophistiquées, contradictoires, difficilement compatibles parfois. Ses inéluctables contradictions et divergences a produit des courants de pensée. La complexité de la matière a naturellement conduit à la structurer en sous-disciplines. Le spiritisme est la branche avancée de la psychologie puisqu’il n’embrasse pas seulement les effets du comportement et des pensées mais analyse leur cause : l’âme humaine. Son développement doit l’amener à devenir la science de l’âme dans sa plénitude.


Une théorie globale de la parapsychologie

Le spiritisme structure l’analyse des phénomènes étudiés par la parapsychologie en une théorie globale.

Une philosophie générale

Face à la mort, l’homme réfléchit. Mais lorsqu’il communique avec les êtres du monde spirituel, il est alors saisi par les conséquences incalculables de sa découverte. L’observation des réalités spirituelles et psychiques emporte inéluctablement l’observateur dans une réflexion sur le sens de la Vie. Le spiritisme embrasse une conception philosophique générale de l’évolution universelle et du développement des êtres. Dans cette conception, l’élément psychique et spirituel occupe la place centrale.


Une acception laïque

Dans des conditions difficiles où la censure policière, politique et catholique écrasait toute liberté d’expression en France, Monsieur Hippolyte Léon Denizard Rivail, alias Allan Kardec, est parvenu à publier les œuvres fondatrices du spiritisme. Comme nous l’expliquons dans un livre à paraître prochainement, le prix à payer aux censeurs fut très probablement de colorer les textes sous un vocabulaire chrétien. Sous la dictature militaire au Brésil, les spirites ont eu la même réaction pour sauver leur vie et celle de leur famille, en habillant de christianisme le spiritisme.

Mais, il ne peut en aucun cas être considéré que le spiritisme soit qualifiable de chrétien ou d’un autre terme car le spiritisme ne professe aucun dogme, aucun rite, aucune croyance. Soutenir néanmoins cela est une profonde incompréhension mais aussi une grave dénaturation de cette science d’observation et de cette philosophie. L’incompréhension se prolonge également sur les religions elles-mêmes qui reposent sur des dogmes et ont la propension à vouloir régenter l’organisation et les modes de vie en société. La religion n’est pas la spiritualité ; bien souvent même la religion tue la spiritualité. De ce fait toute religion dogmatique supporte difficilement la cohabitation avec une science « d’observation » car elle souffre d’être observée et évaluée. Toutefois, qu’un étudiant en « sciences psychiques » pratique ou non une religion relève strictement de sa vie privée et de sa liberté.

D’aucuns soutiennent que l’indépendance absolue avec le catéchisme chrétien ruinerait la morale que doit porter le spiritisme. Or, le christianisme n’est pas le propriétaire de la morale et de l’éthique. L’histoire de la chrétienté en est la dramatique preuve. Sans tomber dans le syncrétisme absolu, force est de reconnaître que toutes les religions ont une part de sagesse (et pas forcément de « vérité »), y compris le christianisme. Mais il n’en a pas le monopole. Enfin, le spiritisme est la philosophie qui découle de la science d’observation. La philosophie est une démarche de réflexion critique et de questionnement sur le monde, la connaissance et l’existence humaine, c’est l’« amour de la sagesse ». La sagesse n’est pas la morale.

Il existe des groupes spirites dans le monde qui se sont convaincus du caractère christique du spiritisme qu’il qualifient de chrétien. La nature humaine est en effet riche et variée … Pour notre part, nous considérons qu’une démarche à caractère scientifique et philosophique est fondamentalement libre de tout dogme et que la religiosité est très exactement le contraire. L’accouplement de deux espèces différentes engendre un résultat qui n’appartient à aucune des deux espèces génitrices. En conséquence :

Le spiritisme est laïque ou n’est pas.

La valeur et le prix


La valeur et le prix sont des notions distinctes.

Tout est GRATUIT mais de grande VALEUR.

Nous ne vendons rien, nous ne voulons rien. Nous refusons même tout cadeau de quelle que nature que ce soit, quand bien même nous soyons d’extraction modeste et que nous connaissions le prix des choses.

Si vous vous sentez débiteur et souhaitez soulager le poids de votre dette, alors payez de votre personne :

  1. Remerciez le Ciel parce qu’il s’est approché de vous ;
  2. Ne dites plus de mal d’une personne absente ;
  3. Aidez ceux qui souffrent.

(C’est le prix demandé pour des soins par notre vénéré maître en magnétisme, Monsieur Anthelme Nizier Philippe, dit « Maître Philippe de Lyon », né le 25 Avril 1849, décédé à 56 ans le 2 Août 1905 à 11H30).

Photographies de Maître Anthelme Nizier Philippe

Prochains évènements


Pour connaître les date de nos prochaines rencontres et de nos prochains évènements, cliquez sur le bouton ci-dessous. Bien évidemment, notre calendrier est bouleversé avec le confinement. Nos réunions physiques ne pourront reprendre qu’en septembre-octobre 2020.

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Que sont les Rencontres Spirites ?


Nous recevons ceux qui sont en recherche de sens sur la vie et la mort, sur les phénomènes extra-sensoriels ou inexplicables par la science, autant que notre emploi du temps nous le permet. Mais, une fois par mois, nous invitons à se rencontrer au cœur de notre foyer tous ceux qui partagent cette quête personnelle. Nous le réitérons toutes les autres fins de semaine dans d’autres villes. Un thème est proposé chaque fois. Il est exposé et développé simplement, discuté librement. La profondeur et l’élévation des échanges suscitent des relations sociales inhabituelles devenant des amitiés durables.

Nous sommes de modestes étudiants des sciences psychiques, membres du Groupe Étudiants à l’Institut Métapsychique International, étudiants en métapsychologie/parapsychologie, étudiants en théosophie, impliqués dans le mouvement spirite. Nous n’effectuons aucun méli-mélo dans le savoir et distinguons la connaissance extrasensorielle, l’activité psychologique inconsciente (subconsciente), le clivage de personnalité des effets paranormaux. Notre regard sur la phénoménologie n’exclut pas des réflexions sur l’éthique de la vie. Dans tous ces domaines, nous avouons que la frontière de la connaissance s’éloigne plus vite que nous n’avançons …

Autant que cela puisse nous être donné, le monde spirituel se communique à nous. Dans la mesure où ne disposons d’aucune autorité pour convoquer les esprits incarnés et désincarnés, nous ne pouvons nommer cela « réunion ». Plus humblement, nous rencontrons ceux qui veulent bien nous honorer de leur présence. D’où le choix de ce mot que nous mettons au pluriel compte tenu de sa double dimension, horizontale et verticale : Rencontres.

Il ne s’agit pas de réunions publiques mais de rencontres privées sur invitation afin de préserver la qualité des relations entre les participants et la qualité de nos travaux. Nous pratiquons un spiritisme « laïque », dénué de toute religiosité.

Ces « Rencontres » sont aussi des moments de joyeuse convivialité :

– Nous partageons les repas et souvent les paniers que chacun peut amener ;

– Nous hébergeons ceux qui le souhaitent dans la limite de la capacité de notre maison.

Nous animons ces Rencontres spirites dans les Pyrénées (Lannemezan), en Périgord (Mazeyrolles), en Aquitaine (région Bordeaux) et en Narbonnais (Narbonne) un samedi (ou un dimanche) par mois (soit pour nous, une animation tous les week-ends). Nous nous efforçons que chaque groupe acquière au plus vite son autonomie puis nous nous retirons pour tenter d’ouvrir un autre foyer dans un autre coin de la planète.

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Pensée


« Si vous passez votre temps à accomplir d’interminables tâches mineures, au moment de la mort vous serez envahi par l’angoisse et pleurerez de regret, comme un voleur jeté en prison se demande quel va être son sort … »

Dilgo Khyentse Rinpoché Le Trésor du cœur des êtres éveillés, Le Seuil, coll. Points Sagesse, 1996. p. 67.

Dilgo Khyentse Rinpoché (1910-1991)

L’erraticité


1 Errer ou ne pas errer, telle est la question

Plus les molécules constituantes du périsprit sont subtiles et raréfiées, plus la désincarnation est rapide et plus larges sont les horizons ouverts à l’esprit. En raison même de sa nature fluidique et de ses affinités …

Douloureuse, pleine d’angoisse pour les uns, la mort n’est pour les autres qu’un doux sommeil suivi d’un réveil délicieux. Le dégagement est prompt, le passage facile, à celui qui a rempli ses devoirs, s’est détaché par avance des choses de ce monde et …

Le moment du dernier soupir n’est donc pas le plus pénible, parce que, le plus ordinairement l’âme n’a pas conscience d’elle-même ; mais avant, elle souffre de

L’état moral de l’âme est la cause principale qui influe sur le plus ou moins de facilité du dégagement. L’affinité entre le corps et le périsprit est en raison de l’attachement de l’Esprit à la matière

2 L’erraticité

Tandis que les âmes délivrées des influences terrestres se constituent en groupes sympathiques, dont tous les membres s’aiment, se comprennent, vivent dans une égalité parfaite et une profonde félicité, les esprits qui …

Le Seuil fonctionne comme une région destinée à l’épuisement des résidus mentaux ; une espèce de …

Une âme en peine est « « Une âme errante et souffrante, incertaine de son avenir, et …

Dans la mort naturelle, celle qui résulte de l’extinction des forces vitales par l’âge ou la maladie, le dégagement s’opère graduellement ; chez l’homme dont l’âme est …

Chez l’homme matériel et sensuel, celui qui a plus vécu par le corps que par l’esprit, pour qui la vie spirituelle n’est rien, pas même une réalité dans sa pensée, tout a contribué à …

L’Esprit s’attache d’autant plus à la vie corporelle qu’il ne voit rien au-delà ; il sent qu’elle lui échappe, et il veut la retenir ; au lieu de …

3 Mondes transitoires

Des mondes sont affectés aux esprits errants « dans lesquels ils peuvent habiter temporairement ; sortes de bivouacs, de camps pour …

Les mondes transitoires ne sont ni le purgatoire, ni l’enfer. « L’enfer et le paradis, ce ne sont que des figures. Les peines et les jouissances sont inhérentes au degré de …

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4 Cas pratique n° 1

Source : Allan Kardec « Le ciel et l’enfer » (1865)

(Bordeaux, 1862.)

Sous le nom de Xumène, un Esprit se présente spontanément au médium (une femme) habitué à ce genre de manifestations, car sa mission paraît être d’assister les Esprits inférieurs que lui amène son guide spirituel, dans le double but de sa propre instruction et de leur avancement.

Medium : Qui êtes-vous ? Ce nom est-il celui d’un homme ou d’une femme ?

– R. Homme, et aussi malheureux que possible. Je souffre tous les tourments de l’enfer.

Medium  Si l’enfer n’existe pas, comment pouvez-vous en éprouver les tourments ?

– R. Question inutile. Si je m’en rends compte, d’autres peuvent avoir besoin d’explications. Je ne m’en inquiète pas.

Medium  L’égoïsme n’est-il pas au nombre des causes de vos souffrances ?

– R. Peut-être.

Medium : Si vous voulez être soulagé, commencez par répudier vos mauvais penchants.

– R. Ne t’inquiète pas de ça, ce n’est pas ton affaire ; commence par prier pour moi comme pour les autres, on verra après.

Medium : – Si vous ne m’aidez pas par votre repentir, la prière sera peu efficace.

– R. Si tu parles au lieu de prier, tu m’avanceras peu.

Medium : Désirez-vous donc avancer ?

– R. Peut-être ; on ne sait pas. Voyons si la prière soulage les souffrances ; c’est l’essentiel.

Medium : Alors joignez-vous à moi avec la volonté ferme d’en obtenir du soulagement.

– R. Va toujours.

Medium : (Après une prière du médium.) Etes-vous satisfait ?

– R. Pas comme je voudrais.

Medium : Un remède appliqué pour la première fois ne peut pas guérir immédiatement une maladie ancienne.

– R. C’est possible.

Medium : Voudrez-vous revenir ?

– R. Oui, si tu m’appelles.

Commentaire

Le guide du médium dit au medium :

Ma fille, tu auras de la peine avec cet Esprit endurci, mais il n’y aurait guère de mérite à sauver ceux qui ne sont pas perdus. Courage ! persévère, et tu parviendras. Il n’en est pas de si coupables qu’on ne puisse les ramener par la persuasion et l’exemple, car les Esprits les plus pervers finissent par s’amender à la longue ; si l’on ne réussit pas tout de suite à les amener à de bons sentiments, ce qui souvent est impossible, la peine qu’on a prise n’est pas perdue. Les idées qu’on a jetées en eux les agitent et les font réfléchir malgré eux ; ce sont des semences qui tôt ou tard porteront leurs fruits. On n’abat pas un roc du premier coup de pioche.

Ce que je dis là, ma fille, s’applique aussi aux incarnés, et tu dois comprendre pourquoi le Spiritisme, même chez de fermes croyants, ne fait pas immédiatement des hommes parfaits. La croyance est un premier pas ; la foi vient ensuite, et la transformation aura son tour ; mais pour beaucoup il leur faudra venir se retremper dans le monde des Esprits.

Parmi les endurcis, il n’y a pas que des Esprits pervers et méchants. Le nombre est grand de ceux qui, sans chercher à faire le mal, restent en arrière par orgueil, indifférence ou apathie. Ils n’en sont pas moins malheureux, car ils souffrent d’autant plus de leur inertie qu’ils n’ont pas pour compensation, les distractions du monde ; la perspective de l’infini rend leur position intolérable, et cependant ils n’ont ni la force, ni la volonté d’en sortir. Ce sont ceux qui, dans l’incarnation, mènent ces existences désoeuvrées, inutiles pour eux-mêmes et pour les autres, et qui souvent finissent par se suicider, sans motifs sérieux, par dégoût de la vie.

Ces Esprits sont en général plus difficiles à ramener au bien que ceux qui sont franchement mauvais, parce que, chez ces derniers, il y a de l’énergie ; une fois éclairés, ils sont aussi ardents pour le bien qu’ils l’ont été pour le mal. Il faudra sans doute aux autres bien des existences pour progresser sensiblement ; mais petit à petit, vaincus par l’ennui, comme d’autres par la souffrance, ils chercheront une distraction dans une occupation quelconque qui, plus tard, deviendra pour eux un besoin.

Réincarnation


« Naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi »
Allan Kardec1

1Léon-Hippolyte-Denizart Rivail, dit Allan Kardec est né à Lyon, le 3 octobre 1804, mort le 31 mars 1869. C’est l’auteur des ouvrages fondamentaux du Spiritisme et le fondateur du mouvement du même nom.

Table des matières

1 Quelques propos introductifs 1

2 G. Delanne2 « La réincarnation », 1924  2

2.1 L’explication logique des inégalités intellectuelles et morales. 2

2.2 L’oubli du passé 5

2.3 Le problème de l’existence du mal 6

2.4 Le progrès 6

2.5 Conséquences morales 7

3 Maître Philippe de Lyon 9

4 Allan Kardec, « Le livre des esprits » (1857) 12

4.1 De la réincarnation 12

4.2 Justice de la réincarnation 12

5 Allan Kardec, « Le ciel et l’enfer » (1865) 13

5.1 Chap. III «Le Ciel » 13

5.2 Chap VIII « Les anges » 14

6 L’Esprit de Vérité : Pourquoi la réincarnation est-elle si peu enseignée par les Esprits ? 15

7 Commentaires de la bible par Allan Kardec 16

7.1 A propos des paroles de l’Enseigneur 16

7.2 A propos des écrits de Paul de Tarse 18

1 Quelques propos introductifs

La notion de réincarnation a occupé les plus grands penseurs de l’humanité. Mais celles des doctrines qui se fondent sur la peur d’un dieu sévère et vengeur1 ne purent évidemment l’accepter car elles craignaient que leurs ouailles ne puissent espérer que leurs péchés leur soient pardonnés en leur octroyant une nouvelle chance de recommencer une existence. Pour répondre à cette aspiration à une « seconde chance », fut inventé le sacrement de la confession. Cette invention présentait au surplus le mérite de convaincre les gens à fréquenter l’église qui effaçait leurs péchés et, de ce fait, leur épargnait la colère de ce dieu sévère. Puis, pour renforcer cette obligation de présence, fut inventé le péché de ne pas aller à la messe. Enfin, pour maintenir le système fondé sur la peur, fut inventé le concept de purgatoire avec la possibilité de rachat des péchés pour en éviter les terrifiants effets. Ce sont les « indulgences » dont le prix était d’autant plus élevé qu’il concernait une personne fortunée. Pour les pauvres, ces indulgences se limitaient à un cierge payant.

2 G. Delanne « La réincarnation », 1924 

Extrait ci-dessous du Chapitre 14 « Conclusion » de « La réincarnation ».

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Gabriel Delanne

2.1 L’explication logique des inégalités intellectuelles et morales.

Pendant tout le cours de cet ouvrage, je me suis efforcé de présenter aux lecteurs les faits de nature diverse qui paraissent prouver scientifiquement la démonstration des vies successives.

J’ai négligé volontairement les enseignements qui nous ont été donnés par les esprits au sujet de la grande loi de l’évolution spirituelle, je dois maintenant les résumer sommairement, afin qu’on puisse en apprécier l’importance et la grandeur. Ils éclairent d’un jour inattendu le problème de la destinée2 humaine en nous offrant des solutions nouvelles sur la nature divine et sur la véritable destinée qui est réservée à tous les êtres humains.

En effet, les philosophes spiritualistes de nos jours se sont assez peu occupés de l’origine de l’âme ; si son avenir les a intéressés, il ne paraît pas qu’il en soit de même de son passé. Il semble pourtant que les deux problèmes se tiennent et qu’ils sont égaux en mystère. Les théologiens ont mis plus de zèle à élaborer cette question3 ; elle tenait de près à la base même sur laquelle repose le christianisme la transmission du péché originel4. Leurs opinions s’accordent assez peu et peuvent se réduire à deux hypothèses :

1) Les uns ont admis que toutes les âmes étaient contenues dans celle d’Adam, qu’elles se transmettaient par génération : telle était en particulier l’opinion de Tertullien5, saint Jérôme6 et Luther7 ; Leibniz8 et Malebranche9 se sont ralliés à cette doctrine. Celle-ci n’a pas été admise universellement et l’opinion commune est qu’il faut un acte de la volonté divine pour créer une âme10 à chaque naissance. Mais ici nous nous heurtons à des difficultés logiquement insurmontables, car cette hypothèse est inconciliable avec la bonté et la justice de Dieu.

2) Aux preuves classiques concernant la démonstration de l’existence de la cause première, le spiritisme est venu en ajouter une nouvelle, en quelque sorte expérimentale, qui résulte de nos rapports avec les Esprits désincarnés. L’étude des communications spirites nous a prouvé, d’une manière irréfutable, que la situation de l’âme, après la mort, est régie par une loi de justice infaillible d’après laquelle chaque être se trouve dans des conditions d’existence qui sont rigoureusement déterminées par son degré évolutif et par les efforts qu’il a faits pour s’améliorer.

Nos rapports avec l’Au-delà nous ont encore appris qu’il n’existe ni enfer, ni paradis, mais que la loi morale impose des sanctions inéluctables à ceux qui l’ont violée, alors qu’elle réserve des félicités profondes à ceux qui se sont efforcés de pratiquer le bien sous toutes ses formes11.

Cette bonté et cette justice de l’Être tout-puissant semblent se trouver en défaut lorsque nous examinons les formidables inégalités physiques, morales et intellectuelles qui existent entre tous les êtres dès leur naissante.

Si le but que nous devons atteindre est le même pour tous12 :

  1. Pourquoi la puissance souveraine favoriserait-elle certaines de ses créatures en refusant aux autres les mêmes facultés pour arriver au bonheur futur ? Il n’est que trop évident qu’il existe entre les races13 qui peuplent la terre des différences profondes de mentalité et même dans chaque nation, dès la naissance, une formidable inégalité entre tous les individus. Il est absolument certain que l’âme de l’enfant montre, dès son jeune âge, des aptitudes diverses et indépendantes de l’éducation. Pourquoi certains décèlent-ils, dès leur tendre enfance, des aptitudes pour les arts et les sciences, tandis que d’autres restent médiocres ou inférieurs toute leur vie ?
  2. D’où viennent chez les uns les idées innées ou intuitives qui n’existent pas chez d’autres ?
  3. Comment admettre qu’une âme neuve, venant pour la première fois ici-bas, soit déjà pétrie de vices et témoigne d’irrésistibles propensions pour le crime, tandis que d’autres, même dans des milieux inférieurs, possèdent des sentiments très nets de dignité et de douceur ?
  4. Quel sera le sort des enfants morts en bas âge et pourquoi la puissance infinie crée-t-elle des âmes qui doivent habiter des corps d’idiots et de crétins, sans utilité sociale ?

Il est de toute évidence que l’éducation est impuissante pour donner aux hommes les facultés qui leur font défaut, et qu’elle développe simplement celles qu’ils apportent à la naissance.

Si vraiment notre éternité future dépend d’un seul passage ici-bas (qui n’est à peine qu’une seconde dans l’immensité des temps), Dieu étant l’être éternel, infini, omniscient, pour lequel il n’existe ni passé ni futur, sait d’avance quel sort est réservé à chaque créature à laquelle il donne l’existence ; l’on est donc en droit de se demander pourquoi il crée ces monstres, dont la vie n’est qu’une série de crimes devant être châtiés par des supplices sans fin.

  1. De même, sachant ce qui doit advenir pour chacun de nous, pourquoi favorisera-t-il les uns aux dépens des autres, ce qui est contraire à la fois à la bonté et à la justice de celui que Yéchoua14 a appelé « le Père céleste », dont l’amour doit s’étendre à tous ceux qui sortent de lui ? Lorsqu’ une doctrine philosophique ou un dogme religieux conduit à de telles inconséquences, logiquement on peut être assuré que ce dogme ou cette doctrine sont des erreurs manifestes, et l’on est en droit de rechercher une explication meilleure de ces apparentes anomalies. Dès lors, l’explication par les vies successives acquiert une valeur incontestable, puisqu’elle offre une solution raisonnable de tous les problèmes qui, sans elle, sont insolubles. En effet, si l’on admet que la naissance actuelle est précédée par une série d’existences antérieures, tout s’éclaire d’un jour nouveau et s’explique aisément. Les hommes apportent en naissant l’intuition de ce qu’ils ont acquis, ils sont plus ou moins avancés selon le nombre d’existences qu’ils ont parcourues. La création étant continue, dans une société, il existe en même temps des êtres dont l’âge spirituel diffère considérablement. De là proviennent les inégalités morales et intellectuelles qui les différencient. Nous pouvons donc dire avec Allan Kardec15 :

« Dieu, dans sa justice, n’a pu créer des âmes plus ou moins parfaites ; mais, avec la pluralité des existences, l’inégalité que nous voyons n’a plus rien de contraire à l’équité la plus rigoureuse ; c’est que nous en voyons le présent et non le passé. Ce raisonnement repose-t-il sur un système, une supposition gratuite ? Non, nous partons d’un fait patent, incontestable, l’inégalité des aptitudes et du développement intellectuel et moral, et nous trouvons ce fait inexplicable par toutes les théories qui ont cours ; tandis que l’explication en est simple, naturelle, logique par une autre théorie. Est-il rationnel de préférer celle qui n’explique pas à celle qui explique ? ».

Si toutes les âmes doivent passer par toutes les situations sociales et par toutes les conditions physiques pour se développer moralement et intellectuellement, les inégalités de toute nature qui se constatent entre les êtres, dans une société, se compensent dans la série des vies successives. Chacun à tour de rôle occupe tous les degrés de l’échelle sociale, ce qui crée une parfaite égalité dans les conditions du développement des êtres ; en vertu de la loi de justice, tous se trouvent, à chaque instant, dans la condition sociale qui convient le mieux à leur progrès individuel, car toute renaissance est conditionnée par les conséquences des vies antérieures.

Toute faute entraîne des effets inéluctables ; j’ai montré comment s’opère, d’une manière en quelque sorte automatique, cette justice distributive qui est infaillible.

2.2 L’oubli du passé

L’objection la plus communément faite à la Palingénésie16, c’est l’oubli presque général des existences antérieures17. Dès lors, il semblerait illogique, au point de vue de la justice, de nous faire expier dans une existence des fautes commises dans des vies passées dont nous aurions perdu le souvenir.

Il est bon de faire observer, tout d’abord, que l’oubli d’une faute ou d’un crime n’en atténue pas les conséquences, et que la connaissance de ces fautes serait, pour beaucoup d’entre nous, un fardeau insupportable et une cause de découragement qui nous enlèverait la force de lutter pour notre relèvement. D’ailleurs, si la rénovation du passé était générale, elle perpétuerait les dissentiments, les haines qui ont été les causes des fautes antérieures et s’opposerait à tout progrès. C’est donc un bien que nous revenions chaque fois sur la terre avec une âme allégée du poids du passé.

Mais il est bon de faire observer également que tous les incidents malheureux de notre vie ne sont pas nécessairement les expiations des fautes antérieures. En effet, ces épreuves sont des conditions indispensables pour nous obliger à vaincre notre égoïsme et à développer les facultés ou les vertus qui nous font défaut.

D’ailleurs cet oubli du passé n’est pas permanent, ni absolu. Nous l’avons constaté, puisque déjà sur la terre nous avons signalé des cas où la mémoire des existences passées a été conservée. A un certain degré d’élévation, nous retrouvons, dans l’au-delà, entre deux incarnations, le souvenir de nos vies antérieures, et ceci nous permet de mieux connaître ce qui nous manque encore pour nous élever dans la hiérarchie des esprits, en développant toutes les virtualités intellectuelles ou morales, qui sont en germe dans notre conscience et dont l’épanouissement doit nous conduire au plus haut sommet de la spiritualité. Cette vue, en quelque sorte panoramique, de notre évolution spirituelle nous procure le sentiment de notre identité, et la perpétuité de notre être spirituel.

L’oubli des incidents de nos vies antérieures est nécessaire pour que nous puissions abandonner plus facilementleserreurs et les préjugés contractés au cours de ces existences. Cependant la justice exige que nous rachetions nos fautes lorsque nous les avons commises sciemment. C’est pourquoi, ainsi que le dit le Dr Geley18 :

« Chacun de nos actes, de nos travaux, de nos efforts, de nos peines, de nos joies et de nos souffrances, de nos erreurs et de nos fautes, a une répercussion fatale, des réactions mentales dans l’une ou l’autre de nos existences. »

2.3 Le problème
de l’existence du mal

Si le spiritisme a conquis des millions d’adeptes, dans le monde entier, ce n’est pas seulement parce qu’il apporte à l’humanité la démonstration scientifique de l’existence de l’âme et de son immortalité, c’est aussi parce qu’il propose des solutions logiques pour toutes les énigmes que les religions ou les philosophies n’ont pu résoudre jusqu’alors. Il ne se contente pas de consoler ceux que le chagrin de perdre les êtres qu’ils aimaient avait réduits au désespoir, il répond à nos interrogations sur notre origine et nos destinées par des théories qui s’accordent aussi bien avec la justice et la bonté de Dieu, qu’avec les exigences de la science.

  • Quelle plus angoissante question que celle de l’existence du mal ?
  • Comment un être tout-puissant le laisse-t-il subsister, s’il ne dépend que de sa volonté que ce mal disparaisse ?
  • Pourquoi les biens naturels, santé, force, intelligence, semblent-ils distribués au hasard, aussi bien que la fortune et les honneurs, alors que le plus souvent ils sont l’apanage de ceux qui en sont le moins dignes ?
  • Pourquoi ces calamités qui ravagent des pays tout à coup en plongeant dans la douleur des milliers d’êtres innocents ?

Interrogez les religions et elles ne vous répondront qu’en invoquant la libre décision de la Divinité qui peut, à son gré, faire des vases d’élection ou d’impureté. L’arbitraire d’une telle doctrine saute aux yeux. Un père juste et bon ne peut pas, sous peine d’une monstrueuse partialité, prédestiner les uns à l’abjection, alors que d’autres n’auront qu’à se laisser vivre pour arriver à la félicité suprême.

La doctrine des vies multiples nous fait entrevoir une partie de la solution du problème. Si l’on revient un grand nombre de fois sur la terre, le jeu des réincarnations nous placera successivement dans toutes les positions possibles, et l’inégalité réelle qui existe pour une seule vie se compense quand on embrasse la multiplicité des conditions physiques, morales, intellectuelles et sociales, que l’on a tour à tour occupées ici-bas. Ce qu’il y aurait d’arbitraire disparaît si tous les êtres intelligents subissent des épreuves semblables et le sentiment de justice que chacun porte gravé en soi en est satisfait.

2.4 Le progrès

Le mal n’est plus alors une fatalité inéluctable et méchante, de laquelle on ne pourrait pas s’affranchir ; il apparaît comme un aiguillon, comme une nécessité destinée à pousser l’homme dans la voie du progrès.

  • Malgré tous les sophismes des rhéteurs, il est certain que le progrès n’est pas une utopie. L’existence de l’homme, à l’époque quaternaire, errant à travers les forêts ou gîtant dans les cavernes, n’est pas comparable à celle du plus misérable paysan de nos contrées modernes.
  • A mesure que nous pénétrons davantage le mécanisme de la nature, nous pouvons utiliser les sciences pour améliorer notre situation physique ; c’est ce qui a eu lieu au cours des âges par la transformation graduelle des plantes qui sont utiles à notre alimentation, par l’assainissement des contrées insalubres, par le redressement et la régularisation des cours d’eau qui suppriment les inondations, etc. ; de même les fléaux naturels, tels que le choléra, la peste, la diphtérie, la rage diminuent chaque jour d’intensité à la suite des immortelles découvertes de Pasteur et de ses élèves. Nous avons le droit d’espérer que, grâce aux progrès de l’hygiène, la tuberculose et les autres maladies épidémiques qui déciment encore l’humanité ne seront plus, d’ici quelques années, qu’un mauvais rêve que la lumière de la science aura fait disparaître.
  • La civilisation assure à l’homme une sécurité que ses précurseurs ne connaissaient pas, de même que l’agriculture et l’industrie lui ont procuré un bien-être que ses ancêtres n’auraient jamais osé rêver. Les communications rapides entre toutes les parties du monde ont fait disparaître ces famines périodiques qui ont été le fléau de l’antiquité et du moyen âge, comme les progrès de l’hygiène ont diminué les épidémies.
  • Au point de vue moral, les progrès ont été plus lents ; la lutte pour l’existence est encore cruelle, surtout dans les villes, mais qui aurait le front de comparer le prolétariat actuel à l’esclavage antique ? Si les guerres ne semblent pas sur le point de disparaître, elles ont perdu une partie de leur horreur primitive. On n’arrache plus des populations entières de leurs foyers pour être vendues à l’encan et les souverains ne passent plus leur temps, comme en Assyrie ou en Égypte, à crever les yeux des prisonniers ou à élever des pyramides avec leurs membres mutilés. Après l’horreur du carnage, les blessés sont recueillis et soignés, la fureur homicide s’éteint quand la bête humaine est repue. On soigne les blessés au lieu de les achever. Le sentiment de la solidarité s’affirme par la multiplication des hôpitaux, par les pensions aux vieillards, par l’aide apportée aux infirmes aussi bien que par les associations qui garantissent leurs membres contre les risques de la maladie et du chômage. On sent qu’un nouvel état de choses est en train de s’élaborer ; s’il est encore rudimentaire et trop défectueux sur beaucoup de points, il n’est pas interdit de penser qu’il prendra de jour en jour un plus grand essor. L’évolution vers le mieux apparaît comme la conséquence de l’élévation intellectuelle de la masse sociale, que l’instruction, libéralement distribuée, commence à faire sortir de la torpeur dans laquelle elle croupissait pendant tant de siècles pour le profit exclusif de ses exploiteurs. On n’attend plus le bonheur d’une intervention surnaturelle. On comprend qu’il sera le résultat de l’effort collectif de tous. Il faut laisser aux amateurs de paradoxes faciles la négation du progrès, car celui-ci apparaît comme la loi spirituelle qui régit l’univers entier.

Il en résulte donc que nous sommes créateurs d’un déterminisme ultérieur qui sera la conséquence de nos actions passées, tout en possédant la possibilité de modifier nos existences futures dans le sens le plus favorable, suivant le degré de liberté morale et intellectuelle en rapport avec le point de l’évolution où nous sommes parvenus.

2.5 Conséquences morales

Les vies successives ont pour objet le développement de l’intelligence, du caractère, des facultés, des bons instincts et la suppression des mauvais.

L’évolution étant continue et la création perpétuelle, chacun de nous, au cours de ses existences, est à tout instant ce qu’il s’est fait lui-même. En effet, chacun de nos actes emporte avec soi une sanction inévitable qui peut ne pas s’exercer immédiatement, mais qui, tôt ou tard, aura une répercussion certaine dans des vies futures.

Les inégalités morales et intellectuelles ne sont donc plus le résultat de décisions arbitraires de la divinité et la justice ne s’en trouve pas offensée.

Partant tous du même point pour aboutir au même but, qui est le perfectionnement de notre être passant par toutes les situations terrestres, il existe, en réalité, une parfaite égalité entre tous les individus, les différences se compensant au cours des vies multiples.

Cette communauté d’origine nous montre clairement que la fraternité n’est pas un vain mot. A tous les degrés de développement, nous nous sentons reliés les uns aux autres, de sorte qu’il n’existe aucune différence radicale entre tous les peuples, en dépit de la couleur de leur peau ou de leur degré d’avancement. L’évolution n’est pas seulement individuelle, elle est collective. Chaque nation se réincarnant par groupe, il existe une responsabilité collective comme il en existe une individuelle ; il en découle que, quelle que soit notre position dans la société, nous avons intérêt à l’améliorer, puisque en réalité, c’est notre sort futur que nous préparons ainsi.

L’égoïsme est donc à la fois un vice et un mauvais calcul, car l’amélioration générale ne peut résulter que du progrès individuel de chacun des membres qui constituent la société ; lorsque ces grandes vérités seront bien comprises, on trouvera moins de dureté parmi ceux qui possèdent et moins de haine et d’envie dans les classes inférieures.

Si ceux qui détiennent la richesse étaient persuadés que leur prochaine incarnation pourrait s’accomplir dans les classes indigentes, ils auraient un intérêt évident à améliorer les conditions sociales des travailleurs ; réciproquement, ceux-ci accepteraient avec résignation leur situation momentanée, sachant que plus tard ils pourront être à leur tour parmi les privilégiés.

La Palingénésie est donc une doctrine essentiellement rénovatrice ; elle est un facteur d’énergie, puisqu’elle stimule en nous la volonté sans laquelle aucun progrès individuel ou général ne saurait se réaliser.

La solidarité s’impose donc à nous comme une condition essentielle du progrès social ; c’est une loi de nature que l’on peut distinguer déjà dans les sociétés animales qui se sont constituées pour résister à la loi brutale de la lutte pour la vie.

Le mal n’est donc pas une nécessité fatale qui serait imposée à l’humanité ; celle-ci peut et doit s’en affranchir, elle résulte purement et simplement de notre ignorance des lois physiques et morales qui régissent le monde.

En résumé, la théorie des vies successives satisfait toutes les aspirations de nos âmes qui exigent une explication logique du problème de la destinée. Elle se concilie parfaitement avec l’idée d’une providence, à la fois juste et bonne, qui ne punit jamais nos fautes par des supplices éternels, mais qui nous laisse à chaque instant le pouvoir de réparer nos erreurs en nous élevant lentement, par nos propres efforts, en gravissant les degrés de cette échelle de Jacob dont les premiers échelons plongent dans l’animalité et dont les plus hauts s’élèvent jusqu’à la spiritualité la plus parfaite.

Nous pouvons dire avec Maeterlinck18 :

« Reconnaissons en passant qu’il est fort regrettable que les arguments des théosophes et des néo-spirites ne soient pas péremptoires19 ; car il n’y eut jamais croyance plus belle, plus juste, plus pure, plus morale, plus féconde, plus consolante et jusqu’à un certain point plus vraisemblable que la leur. Seule, avec sa doctrine des expiations et des purifications successives, elle rend compte de toutes les inégalités sociales, de toutes les injustices abominables du destin. Mais la qualité d’une croyance n’en atteste pas la vérité. Bien qu’elle soit la religion de six cent millions d’hommes, la plus proche des mystérieuses origines, la seule qui ne soit pas odieuse, et la moins absurde de toutes, il lui faudra faire ce que ne firent pas les autres, nous apporter d’irrécusables témoignages et, ce qu’elle nous a donné jusqu’ici n’est que la première ombre d’un commencement de preuve. »

Ces preuves que demande M. Maeterlinck, je crois les avoir apportées.

C’est maintenant une démonstration positive que nous possédons et elle nous permet de comprendre non seulement la survie du principe pensant, mais aussi son immortalité, puisque pendant des millions d’années nous avons évolué sur cette terre que nous quitterons le jour où nous n’aurons plus rien à y apprendre.

3 Maître Philippe de Lyon20


Paroles extraites de Vie et Paroles du Maître Philippe d’Alfred Haehl et Le Maître Philippe de Lyon, Thaumaturge21 et “Homme de Dieu“.

Maître Philippe de Lyon

« Je ne sais si vous croyez à la réincarnation. Vous êtes libres d’y croire. Ce que je sais, c’est que je me souviens d’avoir existé, d’être parti et revenu et que je sais quand je repartirai. Mais y a-t-il rien qui montre davantage la justice de Dieu que ce temps qu’Il nous donne pour racheter nos fautes ?

Et pourquoi, sans cette justice, telle personne serait-elle plus heureuse que telle autre, plus intelligente ou plus disgraciée ? (27 nov.1895).

___________

Je sais que nous revenons, je vous ai donné des preuves irréfutables qu’après la mort tout n’est pas mort. L’âme est bien plus âgée que le corps, par conséquent nous revenons en ce monde payer nos dettes, puisqu’il faut que tout se paye. Je voudrais bien qu’il y ait quelqu’un ici qui puisse me prouver que l’on ne revient pas. Je vous dis qu’on revient, vous pouvez me croire ; ce que je vous dis est la vérité (Septembre 1898).

___________

Véritable résurrection de la chair et la seule21, c’est la réincarnation ; cela explique tout.

Si l’on ne croit pas à la réincarnation, il est impossible d’expliquer22 :

« Tu n’arracheras pas un cheveu à la tête de ton frère sans que cela te soit rendu »23.

Par la pluralité des existences Dieu nous donne le temps de devenir meilleurs.

Le bien fait se répand sur les descendants et aussi sur les ascendants en ce que ceux-ci renaissent.

De là vient qu’ils bénéficient des bonnes œuvres faites, puisqu’il est écrit que les petits-enfants paieront les fautes de leurs grands-parents24. C’est pourquoi l’on voit venir au monde des enfants bien constitués ou malades et infirmes ayant bien souvent des qualités ou des difformités extraordinaires.

Tout ce que je vous dis là doit ennuyer beaucoup d’entre vous, mais je m’adresse aux plus âgés, quoiqu’ils puissent être les plus jeunes. Vous ne me comprendriez pas si je vous disais que l’un de vous peut être le père de son grand-père, et pourtant, si vous croyez être les enfants de Dieu, c’est facile à comprendre (19 nov. 1894).

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Notre esprit a déjà des milliers et des milliers d’existences successives. Les peines, les souffrances que nous avons sont des dettes que nous avons contractées dans des existences antérieures. Nous pouvons obtenir, soit par la prière soit en devenant meilleurs, du soulagement ; mais, pour obtenir la rémission de notre dette, n’y comptez pas, car il est dit :

« L’enfant paiera les dettes du grand-père »25.

Vous n’irez pas au Ciel sans avoir payé toutes vos dettes (22 janv. 1902).

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Quand nous avons fait le mal, il reste derrière nous ou à côté de nous. Or, comme faire le mal nous oblige à refaire le même chemin, nous le retrouvons en repassant, grossi par notre première défaillance et plus difficile à vaincre.

Dans l’Évangile il est dit que nul n’entrera dans le Ciel s’il ne renaît de nouveau et s’il n’est pur comme l’enfant qui vient de naître26. De deux enfants, l’un est une « tête brûlée » , l’autre est « sage ». Le premier fera beaucoup de sottises et, malgré toutes les réprimandes qu’on lui fera et les pardons qu’il demandera, il retombera toujours dans son péché jusqu’à ce qu’il vienne et revienne beaucoup de fois pour devenir sage. Je vous le déclare, l’enfant qui vient de naître est beaucoup plus coupable qu’à sa mort parce que pendant sa vie il a payé des dettes qu’il avait à sa naissance. Seulement l’Évangile dit qu’il faut être pur comme l’enfant qui vient de naître, parce que vous croyez tous que le nouveau-né est pur. Il parle alors comme vous croyez et comme vous pouvez comprendre (13 fév. 1897).

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Quand un enfant meurt après le baptême, on dit qu’il va au Ciel. Eh bien ! Non. Il vaudrait mieux qu’il vive jusqu’à quatre-vingts ans, car il aurait le temps de souffrir, d’avoir des ennuis, des tribulations et alors il paierait un peu ses dettes. (2 avril 1903)

Tout être sort plus pur de la vie qu’il n’y est entré, qu’il ait fait le bien ou le mal. L’enfant arrive ici chargé de mille crimes ; sa vie est une épuration ; bien ou mal sont utiles et il meurt, après quelque temps d’action, meilleur qu’il n’était.

Il y a des êtres, des anges, qui n’ont pas encore été créés et qui n’ont pas chuté, mais qui chuteront.

Eh bien ! Ils sont moins avancés que n’importe quel homme pourvu qu’il ait fait une existence
(22 janv. 1901).

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Le progrès a lieu par cycles ; il reproduit une spirale montante. L’homme quitte le droit chemin, puis, quand il a souffert de ses incartades, il revient à son point de départ pour monter plus haut.

Tout ce que l’âme a acquis de lumière dans une incarnation, elle le garde à l’incarnation suivante.

Il n’y a que l’erreur, les fausses opinions qui disparaissent, car la vérité ou la Lumière est le pain de l’âme ; elle s’en nourrit et ce qu’elle a acquis ne peut lui être ôté (16 mai 1897).

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On ne revient jamais en arrière ; on change de route, voilà tout.

– Mais est-ce qu’on revient quand on veut ?

– Quelques-uns reviennent par leur volonté et d’autres y sont poussés. Ceux qui reviennent de leur propre volonté ne sont pas les enfants de la chair, mais les enfants de Dieu.

— Si, sur le chemin qui nous a été donné, on fait le mal, si on ne l’aplanit pas, il ne se passera pas sept générations sans qu’on soit revenu l’aplanir.

— Les jumeaux sont des amoureux qui se sont juré fidélité et qu’on a séparés. Ils se retrouvent ».

4 Allan Kardec, « Le livre des esprits » (1857)

4.1 De la réincarnation

166. Comment l’âme, qui n’a point atteint la perfection pendant la vie corporelle, peut-elle achever de s’épurer ?

« En subissant l’épreuve d’une nouvelle existence ».

– Comment l’âme accomplit-elle cette nouvelle existence ? Est-ce par sa transformation comme Esprit ?

« L’âme, en s’épurant, subit sans doute une transformation, mais pour cela il lui faut l’épreuve de la vie corporelle ».

– L’âme a donc plusieurs existences corporelles ?

« Oui, tous nous avons plusieurs existences. Ceux qui disent le contraire veulent vous maintenir dans l’ignorance où ils sont eux-mêmes ; c’est leur désir ».

– Il semble résulter de ce principe que l’âme, après avoir quitté un corps, en prend un autre ; autrement dit, qu’elle se réincarne dans un nouveau corps ; est-ce ainsi qu’il faut l’entendre ?

« C’est évident ».

167. Quel est le but de la réincarnation ?

« Expiation, amélioration progressive de l’humanité ; sans cela où serait la justice ? »

168. Le nombre des existences corporelles est-il limité, ou bien l’Esprit se réincarne-t-il à perpétuité ?

« A chaque existence nouvelle, l’Esprit fait un pas dans la voie du progrès ; quand il s’est dépouillé de toutes ses impuretés, il n’a plus besoin des épreuves de la vie corporelle ».

169. Le nombre des incarnations est-il le même pour tous les Esprits ?

« Non ; celui qui avance vite s’épargne des épreuves. Toutefois, ces incarnations successives sont toujours très nombreuses, car le progrès est presque infini ».

170. Que devient l’Esprit après sa dernière incarnation ?

« Esprit bienheureux ; il est pur Esprit ».

4.2 Justice de la réincarnation

171. Sur quoi est fondé le dogme de la réincarnation ?

« Sur la justice de Dieu et la révélation, car nous vous le répétons sans cesse : Un bon père laisse toujours à ses enfants une porte ouverte au repentir. La raison ne te dit-elle pas qu’il serait injuste de priver sans retour du bonheur éternel tous ceux de qui il n’a pas dépendu de s’améliorer ? Est-ce que tous les hommes ne sont pas les enfants de Dieu ? Ce n’est que parmi les hommes égoïstes qu’on trouve l’iniquité, la haine implacable et les châtiments sans rémission ».

Commentaire d’Allan Kardec :

Tous les Esprits tendent à la perfection, et Dieu leur en fournit les moyens par les épreuves de la vie corporelle ; mais dans sa justice, il leur réserve d’accomplir, dans de nouvelles existences, ce qu’ils n’ont pu faire ou achever dans une première épreuve.

Il ne serait ni selon l’équité27, ni selon la bonté de Dieu, de frapper à jamais ceux qui ont pu rencontrer des obstacles à leur amélioration en dehors de leur volonté, et dans le milieu même où ils se trouvent placés. Si le sort de l’homme était irrévocablement fixé après sa mort, Dieu n’aurait point pesé les actions de tous dans la même balance, et ne les aurait point traités avec impartialité.

La doctrine de la réincarnation, c’est-à-dire celle qui consiste à admettre pour l’homme plusieurs existences successives, est la seule qui réponde à l’idée que nous nous faisons de la justice de Dieu à l’égard des hommes placés dans une condition morale inférieure, la seule qui puisse nous expliquer l’avenir et asseoir nos espérances, puisqu’elle nous offre le moyen de racheter nos erreurs par de nouvelles épreuves. La raison nous l’indique et les Esprits nous l’enseignent.

L’homme qui a la conscience de son infériorité puise dans la doctrine de la réincarnation une espérance consolante. S’il croit à la justice de Dieu, il ne peut espérer être pour l’éternité l’égal de ceux qui ont mieux fait que lui. La pensée que cette infériorité ne le déshérite pas à tout jamais du bien suprême, et qu’il pourra la conquérir par de nouveaux efforts, le soutient et ranime son courage. Quel est celui qui, au terme de sa carrière, ne regrette pas d’avoir acquis trop tard une expérience dont il ne peut plus profiter ? Cette expérience tardive n’est point perdue ; il la mettra à profit dans une nouvelle vie.

5 Allan Kardec, « Le ciel et l’enfer » (1865)

Extraits ci-dessous des chapitres III «Le Ciel » et VIII « les anges »

5.1 Chap. III «Le Ciel »

6. – Les Esprits sont créés simples et ignorants, mais avec l’aptitude à tout acquérir et à progresser, en vertu de leur libre arbitre…

7. – Le progrès, chez les Esprits, est le fruit de leur propre travail ; mais, comme ils sont libres, ils travaillent à leur avancement avec plus ou moins d’activité ou de négligence, selon leur volonté…

8. – L’incarnation est nécessaire au double progrès moral et intellectuel de l’Esprit :

– au progrès intellectuel, par l’activité qu’il est obligé de déployer dans le travail ;

– au progrès moral, par le besoin que les hommes ont les uns des autres.

La vie sociale est la pierre de touche des bonnes et des mauvaises qualités. La bonté, la méchanceté, la douceur, la violence, la bienveillance, la charité, l’égoïsme, l’avarice, l’orgueil, l’humilité, la sincérité, la franchise, la loyauté, la mauvaise foi, l’hypocrisie, en un mot tout ce qui constitue l’homme de bien ou l’homme pervers a pour mobile, pour but et pour stimulant les rapports de l’homme avec ses semblables ; pour l’homme qui vivrait seul, il n’y aurait ni vices ni vertus ; si, par l’isolement, il se préserve du mal, il annule le bien.

9. – Une seule existence corporelle est manifestement insuffisante pour que l’Esprit puisse acquérir tout ce qui lui manque en bien et se défaire de tout ce qui est mauvais en lui. Le sauvage, par exemple, pourrait-il jamais, dans une seule incarnation, atteindre le niveau moral et intellectuel de l’Européen le plus avancé ? Cela est matériellement impossible. Doit-il donc rester éternellement dans l’ignorance et la barbarie, privé des jouissances que peut seul procurer le développement des facultés ? Le simple bon sens repousse une telle supposition, qui serait à la fois la négation de la justice et de la bonté de Dieu et celle de la loi progressive de la nature. C’est pourquoi Dieu, qui est souverainement juste et bon, accorde à l’Esprit de l’homme autant d’existences que cela est nécessaire pour arriver au but, qui est la perfection.

Dans chaque existence nouvelle, l’Esprit apporte ce qu’il a acquis dans les précédentes en aptitudes, en connaissances intuitives, en intelligence et en moralité. Chaque existence est ainsi un pas en avant dans la voie du progrès28.

L’incarnation est inhérente à l’infériorité des Esprits ; elle n’est plus nécessaire à ceux qui en ont franchi la limite et qui progressent à l’état spirituel, ou dans les existences corporelles des mondes supérieurs qui n’ont plus rien de la matérialité terrestre. De la part de ceux-ci, elle est volontaire, en vue d’exercer sur les incarnés une action plus directe pour l’accomplissement de la mission dont ils sont chargés auprès d’eux. Ils en acceptent les vicissitudes et les souffrances par dévouement.

10. – Dans l’intervalle des existences corporelles, l’Esprit rentre pour un temps plus ou moins long dans le monde spirituel, où il est heureux ou malheureux, selon le bien ou le mal qu’il a fait. L’état spirituel est l’état normal de l’Esprit, puisque ce doit être son état définitif, et que le corps spirituel ne meurt pas ; l’état corporel n’est que transitoire et passager. C’est à l’état spirituel surtout qu’il recueille les fruits du progrès accompli par son travail dans l’incarnation ; c’est alors aussi qu’il se prépare à de nouvelles luttes et prend les résolutions qu’il s’efforcera de mettre en pratique à son retour dans l’humanité.

L’Esprit progresse également dans l’erraticité ; il y puise des connaissances spéciales qu’il ne pouvait acquérir sur la terre ; ses idées s’y modifient. L’état corporel et l’état spirituel sont pour lui la source de deux genres de progrès solidaires l’un de l’autre ; c’est pourquoi il passe alternativement dans ces deux modes d’existence.

11. – La réincarnation peut avoir lieu sur la terre ou dans d’autres mondes. Parmi les mondes, il en est de plus avancés les uns que les autres, où l’existence s’accomplit dans des conditions moins pénibles que sur la terre, physiquement et moralement, mais où ne sont admis que des Esprits arrivés à un degré de perfection en rapport avec l’état de ces mondes.

La vie dans les mondes supérieurs est déjà une récompense, car on y est exempt des maux et des vicissitudes auxquels on est en butte ici-bas. Les corps, moins matériels, presque fluidiques, n’y sont sujets ni aux maladies, ni aux infirmités, ni aux mêmes besoins. Les mauvais Esprits en étant exclus, les hommes y vivent en paix, sans autre soin que celui de leur avancement par le travail de l’intelligence. Là, règnent la véritable fraternité, parce qu’il n’y a pas d’égoïsme ; la véritable égalité, parce qu’il n’y a pas d’orgueil ; la véritable liberté, parce qu’il n’y a pas de désordres à réprimer, ni d’ambitieux cherchant à opprimer le faible. Comparés à la terre, ces mondes sont de véritables paradis ; ce sont les étapes de la route du progrès qui conduit à l’état définitif. La terre étant un monde inférieur destiné à l’épuration des Esprits imparfaits, c’est la raison pour laquelle le mal y domine jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu d’en faire le séjour des Esprits plus avancés.

C’est ainsi que l’Esprit, progressant graduellement à mesure qu’il se développe, arrive à l’apogée de la félicité ; mais, avant d’avoir atteint le point culminant de la perfection, il jouit d’un bonheur relatif à son avancement. Tel l’enfant goûte les plaisirs du premier âge, plus tard ceux de la jeunesse, et finalement ceux plus solides de l’âge mûr.

5.2 Chap VIII « Les anges »

5 – Si la destination essentielle de l’âme est d’être unie à un corps matériel ; si, par sa nature et selon le but providentiel de sa création, cette union est nécessaire aux manifestations de ses facultés, il en faut conclure que, sans le corps, l’âme humaine est un être incomplet ; or, pour rester ce qu’elle est par sa destination, après avoir quitté un corps, il faut qu’elle en reprenne un autre, ce qui nous conduit à la pluralité forcée des existences, autrement dit à la réincarnation à perpétuité.

6 L’Esprit de Vérité : Pourquoi la réincarnation
est-elle si peu enseignée par les Esprits ?

Extrait ci-dessous du chapitre 28 du « Livre des Médium » ;
les numéros dans les paragraphes sont ceux d’Allan Kardec.

8. De toutes les contradictions que l’on remarque dans les communications des Esprits, une des plus frappantes est celle qui est relative à la réincarnation. Si la réincarnation est une nécessité de la vie spirite, comment se fait-il que tous les Esprits ne l’enseignent pas ?

«Ne savez-vous pas qu’il y a des Esprits dont les idées sont bornées au présent, comme chez beaucoup d’hommes de la Terre ? Ils croient que ce qui est pour eux doit durer toujours ; ils ne voient pas au-delà du cercle de leurs perceptions, et ne s’inquiètent ni d’où ils viennent ni où ils vont, et pourtant ils doivent subir la loi de la nécessité. La réincarnation est pour eux une nécessité à laquelle ils ne songent que lorsqu’elle arrive ; ils savent que l’Esprit progresse, mais de quelle manière ? c’est pour eux un problème. Alors, si vous le leur demandez, ils vous parleront des sept ciels superposés comme des étages ; il y en a même qui vous parleront de la sphère du feu, de la sphère des étoiles, puis de la cité des fleurs, de celle des élus.»

9. Nous concevons que les Esprits peu avancés puissent ne pas comprendre cette question ; mais alors comment se fait-il que des Esprits d’une infériorité morale et intellectuelle notoire parlent spontanément de leurs différentes existences, et de leur désir de se réincarner pour racheter leur passé ?

«Il se passe dans le monde des Esprits des choses qu’il vous est bien difficile de comprendre. N’avez-vous pas, parmi vous, des gens très ignorants sur certaines choses, et qui sont éclairés sur d’autres ; des gens qui ont plus de jugement que d’instruction, et d’autres qui ont plus d’esprit que de jugement ? Ne savez-vous pas aussi que certains Esprits se plaisent à maintenir les hommes dans l’ignorance tout en ayant l’air de les instruire, et qui profitent de la facilité avec laquelle on ajoute foi à leurs paroles ? Ils peuvent séduire ceux qui ne vont pas au fond des choses, mais quand on les pousse à bout par le raisonnement, ils ne soutiennent pas longtemps leur rôle.

Il faut en outre tenir compte de la prudence que mettent en général les Esprits dans la promulgation de la vérité : une lumière trop vive et trop subite éblouit et n’éclaire pas. Ils peuvent donc, dans certains cas, juger utile de ne la répandre que graduellement, selon les temps, les lieux et les personnes. Moïse n’a pas enseigné tout ce qu’a enseigné le Christ, et le Christ lui-même a dit beaucoup de choses dont l’intelligence était réservée aux générations futures. Vous parlez de la réincarnation, et vous vous étonnez que ce principe n’ait pas été enseigné dans certaines contrées ; mais songez donc que dans un pays où le préjugé de la couleur règne en souverain, où l’esclavage est enraciné dans les mœurs, on eût repoussé le spiritisme par cela seul qu’il eût proclamé la réincarnation, car l’idée que celui qui est maître puisse devenir esclave, et réciproquement, eût paru monstrueuse. Ne valait-il pas mieux faire accepter d’abord le principe général, sauf à en tirer plus tard les conséquences ? O hommes ! que votre vue est courte pour juger les desseins de Dieu ! Sachez donc que rien ne se fait sans sa permission et sans un but que souvent vous ne pouvez pénétrer.

Je vous ai dit que l’unité se ferait dans la croyance spirite ; tenez pour certain qu’elle se fera, et que les dissidences, déjà moins profondes, s’effaceront peu à peu à mesure que les hommes s’éclaireront, et qu’elles disparaîtront complètement, car telle est la volonté de Dieu, contre laquelle l’erreur ne peut prévaloir.»

L’ESPRIT DE VÉRITÉ.

7 Commentaires de la bible par Allan Kardec

7.1 A propos des paroles de l’Enseigneur

7.1.1 La réincarnation d’Élie en Jean-Baptiste

Texte n° 1 : Matthieu 18 : 10 à 13 ; Marc 9 : 10 à 12

(Après la transfiguration) Ses disciples l’interrogèrent alors et lui dirent : « Pourquoi donc les scribes disent-ils qu’il faut qu’Élie revienne auparavant ? » – Mais Jésus leur répondit : « Il est vrai qu’Élie doit revenir et rétablir toutes choses ; – mais je vous déclare qu’Élie est déjà venu, et ils ne l’ont point connu, mais ils l’ont traité comme il leur a plu. C’est ainsi qu’ils feront souffrir le Fils de l’Homme ». – Alors ses disciples comprirent que c’était de Jean-Baptiste qu’il leur avait parlé.

Explication d’Allan Kardec n° 129 :

« Le mot résurrection pouvait ainsi s’appliquer à Lazare, mais non à Élie, ni aux autres prophètes. Si donc, selon leur croyance, Jean-Baptiste était Élie, le corps de Jean ne pouvait être celui d’Élie, puisqu’on avait vu Jean enfant et que l’on connaissait son père et sa mère. Jean pouvait donc être Élie réincarné, mais non ressuscité ».

Texte n° 2 : Matthieu 11 : 13 à 15

  • Selon la bible œcuménique (TOB) :

« 13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. 14 C’est lui, si vous voulez bien comprendre, l’Élie qui doit revenir. 15 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

  • Selon la bible dite en français courant :

13 Tous les prophètes et la loi de Moïse ont annoncé le Royaume, jusqu’à l’époque de Jean. 14 Et si vous voulez bien l’admettre, Jean est cet Élie dont la venue a été annoncée. 15 Écoutez bien, si vous avez des oreilles !

Explications d’Allan Kardec n° 230 :

« Si le principe de la réincarnation exprimé dans Jean pouvait, à la rigueur, être interprété dans un sens purement mystique, il ne saurait en être de même dans ce passage de Matthieu, qui est sans équivoque possible : c’est LUI-MÊME qui est Élie qui doit venir ; il n’y a là ni figure, ni allégorie : c’est une affirmation positive. – « Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent le royaume des cieux se prend par violence ». Que signifient ces paroles, puisque Jean-Baptiste vivait encore à ce moment-là ? Jésus les explique en disant : « Si vous voulez comprendre ce que je dis, c’est lui-même qui est Élie qui doit venir ». Or, Jean n’étant autre qu’Élie, Jésus fait allusion au temps où Jean vivait sous le nom d’Élie. « Jusqu’à présent le royaume des cieux se prend par violence », est une autre allusion à la violence de la loi mosaïque qui commandait l’extermination des infidèles pour gagner la Terre Promise, Paradis des Hébreux, tandis que, selon la nouvelle loi, le ciel se gagne par la charité et la douceur.

Puis il ajoute : « Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre ». Ces paroles, si souvent répétées par Jésus, disent clairement que tout le monde n’était pas en état de comprendre certaines vérités ».

7.1.2 La réponse à Nicodème (Jean 3 : 3 à 8)

  • Selon la bible œcuménique (TOB) :

« Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. »

4 Nicodème lui dit : « Comment un homme pourrait-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? »

5 Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.

6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.

7 Ne t’étonne pas si je t’ai dit : “Il vous faut naître d’en haut”.

8 Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit ».

Explication d’Allan Kardec31 :

Ces mots : « Si un homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ont été interprétés dans le sens de la régénération par l’eau du baptême ; mais le texte primitif portait simplement : Ne renaît de l’eau et de l’Esprit, tandis que, dans certaines traductions, à de l’Esprit on a substitué : du Saint-Esprit, ce qui ne répond plus à la même pensée. Ce point capital ressort des premiers commentaires faits sur l’Évangile, ainsi que cela sera un jour constaté sans équivoque possible32.

8. Pour comprendre le sens véritable de ces paroles, il faut également se reporter à la signification du mot eau qui n’était point employé dans son acception propre.

Les connaissances des Anciens sur les sciences physiques étaient très imparfaites ; ils croyaient que la terre était sortie des eaux, c’est pourquoi ils regardaient l’eau comme l’élément générateur absolu ; c’est ainsi que dans la Genèse il est dit33 : « L’Esprit de Dieu était porté sur les eaux ; flottait à la surface des eaux ; – Que le firmament soit fait au milieu des eaux ; – Que les eaux qui sont sous le ciel se rassemblent en un seul lieu, et que l’élément aride paraisse ; – Que les eaux produisent des animaux vivants qui nagent dans l’eau, et des oiseaux qui volent sur la terre et sous le firmament ».

D’après cette croyance, l’eau était devenue le symbole de la nature matérielle, comme l’Esprit était celui de la nature intelligente. Ces mots : « Si l’homme ne renaît de l’eau et de l’Esprit, ou en eau et en Esprit », signifient donc : « Si l’homme ne renaît avec son corps et son âme ». C’est dans ce sens qu’ils ont été compris dans le principe.

Cette interprétation est d’ailleurs justifiée par ces autres paroles : Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est l’Esprit. Jésus fait ici une distinction positive entre l’Esprit et le corps. Ce qui est né de la chair est chair, indique clairement que le corps seul procède du corps, et que l’Esprit est indépendant du corps.

Explications d’Allan Kardec n° 134 :

« L’Esprit souffle où il veut ; vous entendez sa voix, mais vous ne savez ni d’où il vient ni où il va, peut s’entendre de l’Esprit de Dieu qui donne la vie à qui il veut, ou de l’âme de l’homme ; dans cette dernière acception, « Vous ne savez d’où il vient ni où il va » signifie que l’on ne connaît ni ce qu’a été, ni ce que sera l’Esprit. Si l’Esprit, ou âme, était créé en même temps que le corps, on saurait d’où il vient, puisqu’on connaîtrait son commencement. En tout état de cause, ce passage est la consécration du principe de la préexistence de l’âme, et par conséquent de la pluralité des existences ».

7.2 A propos des écrits de
Paul de Tarse

La première lettre35 de Paul de Tarse aux Corinthiens (1 Co 15:44) démontre que la résurrection n’est pas la thèse professée à l’origine.

7.2.1 Le texte 1 Co 15:44

Selon la bible catholique dite de Jérusalem :

«  il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel ; S’il y a un corps animal, il y aussi [un corps] spirituel ».

Selon la bible œcuménique (TOB) :

« semé corps animal, on ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y a aussi un corps spirituel ».

Selon la bible dite en français courant :

« Quand il est mis en terre, c’est un corps matériel ; quand il ressuscitera, ce sera un corps animé par l’Esprit. Il y a un corps matériel, il y a donc aussi un corps animé par l’Esprit ».

Selon la traduction Chouraqui :

« ce qui est semé corps psychique, se réveille corps pneumatique. S’il y a un corps psychique, il y a aussi un corps pneumatique36 ».

7.2.2 Le sens du texte

Paul de Tarse est un juif cultivé ; il connaît donc les textes.

Un « corps spirituel », un « corps animé par l’Esprit » est la notion de périsprit.

Vers 230 à Alexandrie, Origène interprète le verset 1 Co 15:44 en faveur de l’idée que le corps ressuscité est à la fois le même que le corps mort, et différent : c’est le même, transformé vers le mieux. Cela est une approche du périsprit.

Ontologiquement, un « corps spirituel » n’est pas un corps physique. On ne peut donc pas comprendre que le corps physique ressuscite, c’est-à-dire que sa matière dont il est composé entre dans le monde spirituel.

Selon Chouraqui37, qui traduit la bible au plus près de l’araméen, de l’hébreu et du grec, il traduit « corps spirituel » par « corps pneumatique », c’est-à-dire subtil, gazeux. C’est la définition exacte du périsprit.

1Dans l’Ancien testament, Dieu est « El Shadaï », qui est traduit favorablement en « Dieu tout puissant » mais aussi en « Le destructeur ». Le mot « Shadad » signifie « maîtriser, écraser, détruire ».

2La destinée est le déroulement inéluctable des événements et les lois régissant l’univers, le sort réservé à quelqu’un , prédéterminé par sa nature propre ou les événements extérieurs, en dehors de toute volonté humaine.

3A la conception catholique du pêché originel s’oppose fermement celle des protestants avec la notion de prédestination.

La prédestination est un concept théologique selon lequel Dieu aurait choisi de toute éternité ceux qui seront graciés et auront droit à la vie éternelle. On parle de « double prédestination » dans les doctrines, calviniste notamment, qui ajoutent que Dieu aurait choisi de toute éternité également ceux qui seront damnés.

La prédestination et les rapports entre la grâce et le libre arbitre ont été au cœur de débats virulents.

4La théorie du péché originel considère que l’homme a été créé dans un état d’innocence et que l’humanité a été soumise à la loi de la souffrance et de la mort suite au premier péché d’Adam et Ève, premiers êtres humains créés par Dieu.

Cette doctrine, extrêmement débattue depuis ses origines, a toutefois pris des formes bien distinctes dans les différentes confessions chrétiennes, et le péché originel est décrit de différentes façons, depuis une simple déficience, ou une tendance au péché qui exclut toute idée de culpabilité a priori, jusqu’à l’idée d’une nature totalement corrompue et d’une véritable culpabilité collective.

Depuis le Concile Vatican II (XXIème concile œcuménique de l’Église catholique. Il est ouvert le 11 octobre 1962 par le pape Jean XXIII et se termine le 8 décembre 1965 sous le pontificat de Paul VI), la théologie catholique contemporaine essaie d’éclairer la doctrine traditionnelle non pas à partir d’Adam et Eve, mais à partir du Christ (cf. la Constitution pastorale Gaudium et Spes, n. 22 12). La Vierge Marie, conçue sans péché (c’est-à-dire préservée du péché originel depuis sa conception), peut ainsi être considérée comme un exemple du destin que chaque homme aurait connu s’il n’y avait pas eu le péché : depuis son Assomption, elle vit avec son âme et son corps dans la gloire du Christ ressuscité. A partir de ces convictions théologiques, la doctrine du péché originel connaît aujourd’hui un nouveau développement.

Ces conceptions différentes du péché originel induisent des différences notables dans la théologie du salut, notamment en ce qui concerne le libre arbitre et la grâce.

L’expression « péché originel » ne figure nulle part dans la Bible, mais la doctrine du péché originel s’appuie sur plusieurs passages de l’Écriture : les chapitres 2 (versets 16 et 17) et 3 du Livre de la Genèse, les épîtres de Paul aux Romains (5:12-21) et aux Corinthiens (1 Co 15:22), ainsi qu’un passage du Psaume 51. Le premier exposé systématique qui en a été proposé, et à partir de l’interprétation duquel les controverses se sont déployées, est celui d’Augustin d’Hippone au IVème siècle.

(Source : Wikipedia)

5Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage (actuelle Tunisie) et décédé vers 220 à Carthage, est un écrivain de langue latine issu d’une famille berbère, romanisée et païenne. Il se convertit au christianisme à la fin du IIème siècle et devient le plus éminent théologien de Carthage.

Son influence fut grande dans l’Occident chrétien. En effet, il est le premier auteur latin à utiliser le terme de Trinité, dont il développe une théologie précise. Il rejoint le mouvement hérétique montaniste à la fin de sa vie. Ces chrétiens rejetaient le clergé et toute hiérarchie, pour mieux exalter le martyre. Le mouvement se fondait sur la promesse de Jésus à ses disciples de leur envoyer, après sa mort, le Paraclet, l’Esprit de vérité, qui devait les conduire en toute vérité et demeurer éternellement avec eux pour leur enseigner les choses qu’ils n’avaient pu comprendre auparavant dans leurs vies. Montanus se présenta donc comme l’organe du Paraclet, un médium humain en extase prophétique.

6Jérôme de Stridon, saint Jérôme, né vers 347 et mort le 30 septembre 420 à Bethléem, est un moine, traducteur de la Bible, docteur de l’Église. Sa traduction de la Bible constitue la pièce maîtresse de la Vulgate, traduction latine officiellement reconnue par l’Église catholique.

7Martin Luther, né le 10 novembre 1483 à Eisleben, en Thuringe et mort le 18 février 1546 dans la même ville, est un frère augustin théologien, professeur d’université, initiateur du protestantisme et réformateur de l’Église.

8Gottfried Wilhelm Leibnizn, né à Leipzig le 1er juillet 1646 et mort à Hanovre le 14 novembre 1716, est un philosophe, scientifique, mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaire et philologue allemand. Esprit polymathe, personnalité importante, il occupe une place primordiale dans l’histoire de la philosophie et l’histoire des sciences (notamment des mathématiques) et est souvent considéré comme le dernier « génie universel ».

9Nicolas Malebranche, né à Paris le 6 août 1638 où il est mort le 13 octobre 1715 (mêmes années de naissance et de mort que le roi français Louis XIV), est un philosophe, prêtre oratorien et théologien français. Il est connu pour ses thèses de l’âme irrémédiablement déchue de l’homme. Pour lui, il n’y a rien qui, pensé comme il faut, ne nous ramène à Dieu.

10Voir sur la création des esprits « Le Livre des Esprits », Allan Kardec, 1857, questions n° 76 (sur la création des esprits : « nul ne le sait ») et n° 81 « leur origine est un mystère » à 83 sur la fin des esprits « l’existence ne finit pas, c’est tout tout ce que nous pouvons dire maintenant ».

11 Voir « Le Ciel et l’Enfer », d’Allan Kardec ; dans cet ouvrage on trouvera la justification de ces affirmations. Consulter également le Livre des Esprits dans lequel est synthétisé l’enseignement spirite.

12On retrouve ce développement d’arguties dans « Le Livre des Esprits », Allan Kardec, 1857, chap. V « Considérations sur la pluralité des existences ».

13Voir plus loin où l’auteur ne distingue aucune « couleur de peau ».

14Yéchoua (ou Yeshoua) est le nom hébreux de Jésus.

15Extrait de « Le Livre des Esprits », Allan Kardec, 1857, chap. V « Considérations sur la pluralité des existences ».

16Réincarnation.

17Avec une pointe d’ironie, je questionne :

La loi de l’oubli est Justice de Dieu, incompréhension des hommes ;

L’oubli de la loi est incompréhension de Dieu, justice des hommes ;

Les hommes de Dieu doivent-ils être les oubliés de la Justice ?

18Maurice Maeterlinck, né le 29 août 1862 à Gand (Belgique) et mort le 6 mai 1949 à Nice (France), est un écrivain francophone belge, prix Nobel de littérature en 1911. Figure de proue du symbolisme belge.

19Qui présente un caractère décisif, excluant toute discussion, qui est catégorique.

20Nizier Anthelme Philippe, parfois désigné comme Monsieur Philippe, Maître Philippe ou encore Maître Philippe de Lyon, né le 25 avril 1849 à Loisieux (Savoie) et décédé le 2 août 1905 à l’Arbresle (Rhône). Il est le plus grand guérisseur – magnétiseur connu après le Christ.

21Véritable hérésie pour le catholicisme.

22On peut aussi ajouter :

1) (Jean 11 : 25) « Celui qui croit en moi vivra quand même il serait mort ».

2) (Jean 3 : 3-7) Jésus dira à Nicodème :

« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu. »

Nicodème lui dit :

« Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? »

Jésus lui répondit :

« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de parents humains est humain, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. Ne t’étonne pas que j’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. »

23Evangile de Luc 21 : 18 « il ne se perdra pas un cheveu de votre tête » :

Evangile de Luc, chap. 12 : « (6) Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous? Cependant, aucun d’eux n’est oublié devant Dieu. (7) Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point: vous valez plus que beaucoup de passereaux. » (repris dans Mt 10 : 30).

24Exode 20 : 5 : « Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, L’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu’à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent. »

Dieu est en train de dire aux Israélites que leurs enfants subiraient les conséquences de la désobéissance et de la haine de Dieu de la génération de leurs parents. Les enfants élevés dans un tel environnement pratiqueraient la même idolâtrie, tombant ainsi dans le même modèle de désobéissance. La désobéissance d’une génération a eu pour effet de permettre au mal de s’enraciner si profondément qu’il faudrait plusieurs générations pour inverser la tendance. Dieu ne nous tient pas pour coupables des péchés de nos parents, mais nous en subissons parfois les conséquences, comme l’illustre Exode 20.5.

Or, Ézéchiel 18.20 nous dit : « Celui qui pèche, c’est celui qui mourra. Le fils ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son père, et le père ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son fils. » Ce verset montre clairement que chacun subit le châtiment de les péchés.

25Exode 20 : 5 : « Tu ne te prosterneras pas devant de telles idoles et tu ne leur rendras pas de culte, car moi, L’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu qui ne tolère aucun rival : je punis les fils pour la faute de leur père, jusqu’à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent. »

Dieu est en train de dire aux Israélites que leurs enfants subiraient les conséquences de la désobéissance et de la haine de Dieu de la génération de leurs parents. Les enfants élevés dans un tel environnement pratiqueraient la même idolâtrie, tombant ainsi dans le même modèle de désobéissance. La désobéissance d’une génération a eu pour effet de permettre au mal de s’enraciner si profondément qu’il faudrait plusieurs générations pour inverser la tendance. Dieu ne nous tient pas pour coupables des péchés de nos parents, mais nous en subissons parfois les conséquences, comme l’illustre Exode 20.5.

Or, Ézéchiel 18.20 nous dit : « Celui qui pèche, c’est celui qui mourra. Le fils ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son père, et le père ne supportera pas les conséquences de la faute commise par son fils. » Ce verset montre clairement que chacun subit le châtiment de les péchés.

26 (Jean 3 : 3-7) Jésus dira à Nicodème :

« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu. »

Nicodème lui dit :

« Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? »

Jésus lui répondit :

« En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de parents humains est humain, et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. Ne t’étonne pas que j’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau. »

27Principe impliquant l’appréciation juste, le respect absolu de ce qui est dû à chacun. Synonymes : justice, impartialité, droiture, égalité.

28Voir la note, chapitre I, n° 3, note 1.

29« L’évangile selon le spiritisme » (1864), chapitre 4, § Résurrection et réincarnation, §§ 4.

30« L’évangile selon le spiritisme » (1864), chapitre 4, § Résurrection et réincarnation, §§ 11.

31« L’évangile selon le spiritisme » (1864), chapitre 4, § Résurrection et réincarnation, §§ et 8 .

32 La traduction d’Osterwald est conforme au texte primitif ; elle porte : ne renaît de l’eau et de l’Esprit ; celle de Sacy dit : du Saint-Esprit ; celle de Lamennais : de lEsprit-Saint.

33Gen 1 : 2.

34« L’évangile selon le spiritisme » (1864), chapitre 4, § Résurrection et réincarnation, §§ 9.

35 Épître.

36 Pneumatique : D’une façon qui engage le principe même de la vie.

37 Nathan André Chouraqui, né le 11 août 1917 à Aïn Témouchent, Algérie et mort le 9 juillet 2007 à Jérusalem, est un avocat, écrivain, penseur et homme politique israélien, connu pour sa traduction de la Bible, publiée à partir des années 1970. Il traduit au plus près du texte original.

Métamorphose morale


Table des matières

1 Propos introductifs

2 Le but d’une métamorphose

2.1 Du point de vue du monde spirituel

2.2 Du point de vue individuel

3 Les voies de la métamorphose

4 Commentaires sur le processus de la métamorphose morale

5 Annexe n° 1 : 6

6 A6 Annexe 2 : La réforme morale vue par Kardec

1 Propos introductifs

Le sujet qui me fut proposé de traiter était formulé : « La réforme intime ». J’ai pris l’initiative de modifier l’intitulé du sujet car si le mot de « réforme » signifie « Correction, changement profond, transformation, par des moyens conformes aux règles existantes, de quelque chose en vue de le réorganiser, d’améliorer son fonctionnement, ses résultats. » Il peut aussi signifier un « changement apporté en vue du rétablissement d’une forme primitive ou ancienne. » Or, ce deuxième entendement m’est apparu inadéquat avec l’idée directrice de cette étude.

Métamorphose est plaisant en ce que ce terme emporte le sens de « Changement de forme, de nature ou de structure si importante que l’être ou la chose qui en est l’objet n’est plus reconnaissable. Transformation lente, progressive et profonde d’une personne ».

Certains distinguent dans la réforme intérieure un désir de changement qui trouve son fondement dans la connaissance notamment la connaissance de Soi. Ils voient dans la métamorphose la phase ultime de la réforme intime qui ne s’effectue pas forcément de manière consciente.

2 Les buts d’une métamorphose

2.1 Du point de vue du monde spirituel

Le but est que (1) :

  1. les individus vivent « heureux et en paix, parce que nul ne cherchera à faire du tort à son voisin, ni à vivre à ses dépens »,
  2. « la loi de Dieu soit partout la base de la loi humaine »,
  3. « la nation transformée sera plus heureuse en ce monde et en l’autre » ;
  4. « Quand tous les peuples seront au même niveau pour le sentiment du bien, la terre ne sera le rendez-vous que de bons Esprits qui vivront entre eux dans une union fraternelle, et les mauvais s’y trouvant repoussés et déplacés iront chercher dans des mondes inférieurs le milieu qui leur convient, jusqu’à ce qu’ils soient dignes de venir dans le nôtre transformé. »

Le progrès moral de chaque individu engendre un effet d’entrainement sur tous ceux qui l’approchent.

2.2 Du point de vue individuel

C’est l’invitation même du spiritisme que de procéder à la métamorphose de soi-même (2). Pour la réforme intime ou la métamorphose morale, il convient de se placer dans la perspective globale de la vie de l’esprit sur plusieurs existences et ne pas se cantonner à l’existence actuelle.

Le but de la métamorphose morale pour un individu est de se doter des meilleurs aptitudes pour :

  1. Pouvoir s’approcher le plus possible de la déité, de l’Incréé, de l’Intelligence Suprême lorsqu’il se désincarnera ;
  2. Eviter de devoir se réincarner et recommencer une existence de souffrances.

A cet égard, nous avons l’habitude de considérer le bien et le mal comme des choses en soi. Il n’en est pas ainsi. Rien n’est bon, ni mauvais, en soi. Le bien et le mal, le juste et l’injuste, sont les effets que nous ressentons. Ce qui est bon pour l’un peut-être mauvais pour l’autre et inversement. Tout dépend du récipiendaire, de son attitude mentale. Nos actions se structurent plutôt sur des pensées d’amour ou des pensées de peur (3). Le tri entre les actions doit donc s’effectuer sur les effets qu’elles produisent et sur leur aptitude à métamorphoser favorablement notre âme. Lorsque nous agissons, nous faisons l’expérience de la réaction en retour de causes que nous avons nous-mêmes mises en branle. Nous sommes ce que nous pensons (4). Le chemin spirituel parcouru par chacun est donc la conséquence de ses propres choix. Ainsi, changer l’orientation de ses pensées est-ce l’embout de la métamorphose morale de Soi.

3 Les voies de la métamorphose

L’objectif est d’être une belle âme ? De celles qui plaisent à la Déité, au Divin, l’Intelligence Suprême, l’Incréé.

« L’évangile selon le spiritisme » d’Allan Kardec, trace de multiples axes de travail. Cette fiche ne peut évidemment pas les exposer.

Qu’en est-il de la religion ? « Le but de la religion est de conduire l’homme à Dieu ; or, l’homme n’arrive à Dieu que lorsqu’il est parfait ; donc toute religion qui ne rend pas l’homme meilleur n’atteint pas le but ; celle sur laquelle on croit pouvoir s’appuyer pour faire le mal est, ou fausse, ou faussée dans son principe. Tel est le résultat de toutes celles où la forme l’emporte sur le fond. La croyance à l’efficacité des signes extérieurs est nulle, si elle n’empêche pas de commettre des meurtres, des adultères, des spoliations, de dire des calomnies, et de faire tort à son prochain en quoi que ce soit. Elle fait des superstitieux, des hypocrites ou des fanatiques, mais ne fait pas des hommes de bien. Il ne suffit donc pas d’avoir les apparences de la pureté, il faut avant tout avoir celle du cœur. » (5).

Que faire ? Écoute tes sentiments. Écoute tes Pensées les Plus Élevées. Écoute ton expérience. Que tes prières ne soient pas des gémissements et des supplications mais l’expression de ta gratitude.

4 Commentaires sur le processus de la métamorphose morale

Extraits du « Le Livre des Esprits » (1857),
Allan Kardec
Commentaires / Critiques
personnels ou de Kardec
778. L’homme peut-il rétrograder vers l’état de nature ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Non, l’homme doit progresser sans cesse, et il ne peut retourner à l’état d’enfance. S’il progresse, c’est que Dieu le veut ainsi ; penser qu’il peut rétrograder vers sa condition primitive serait nier la loi du progrès ».La prémisse de notre raisonnement se fixe sur l’état zéro de la moralité, que nous pensons trouver dans l’état de nature. Il s’agit de l’état mythique de l’aube de l’humanité. L’impératif de progrès visé ici concerne l’évolution de la condition spirituelle. Le texte pourrait en effet laisser penser qu’il s’agit aussi du progrès matériel qui était au XIXème siècle une croyance partagée.
779. L’homme puise-t-il en lui la force progressive, ou bien le progrès n’est-il que le produit d’un enseignement ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « L’homme se développe lui-même naturellement ; mais tous ne progressent pas en même temps et de la même manière ; c’est alors que les plus avancés aident au progrès des autres par le contact social ».Tout individu possède dans son tréfonds cette étincelle de vie qui le singularise, qui est sa part d’éternité. Il est rassurant de lire que le processus de développement s’opère « naturellement » c’est-à-dire que l’appel vers la déité qui l’a conduit à demander une nouvelle incarnation ne se perd pas dans le cosmos mais est inscrit dans son logiciel.
780 a. Le progrès moral suit-il toujours le progrès intellectuel ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Il en est la conséquence, mais il ne le suit pas toujours immédiatement ». (192-365).
780 b.- Comment le progrès intellectuel peut-il conduire au progrès moral ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « En faisant comprendre le bien et le mal ; l’homme, alors, peut choisir. Le développement du libre arbitre suit le développement de l’intelligence et augmente la responsabilité des actes ».Le progrès intellectuel, c’est-à-dire l’évolution de ses connaissances, est le compagnon de route de l’évolution de son âme. Au très jeune enfant, au débile, on ne peut reprocher d’être fruste. Avec la maturité et une bonne santé psychique, on attend un autre comportement des individus. L’évolution s’impose donc. Cette évolution s’impose d’autant plus que, du point de vue cosmique, l’avancement de l’un incite à l’avancement d’un autre par effet d’entrainement.
780 c.- Comment se fait-il alors que les peuples les plus éclairés soient souvent les plus pervertis ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Le progrès complet est le but, mais les peuples, comme les individus, n’y arrivent que pas à pas. Jusqu’à ce que le sens moral se soit développé en eux, ils peuvent même se servir de leur intelligence pour faire le mal. Le moral et l’intelligence sont deux forces qui ne s’équilibrent qu’à la longue ».
781 a. Est-il donné à l’homme de pouvoir arrêter la marche du progrès ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Non, mais de l’entraver quelquefois ».
781b. – Que penser des hommes qui tentent d’arrêter la marche du progrès et de faire rétrograder l’humanité ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Pauvres êtres que Dieu châtiera ; ils seront renversés par le torrent qu’ils veulent arrêter ».Commentaire d’A. Kardec : Le progrès étant une condition de la nature humaine, il n’est au pouvoir de personne de s’y opposer. C’est une force vive que de mauvaises lois peuvent retarder, mais non étouffer. Lorsque ces lois lui deviennent incompatibles, il les brise avec tous ceux qui tentent de les maintenir, et il en sera ainsi jusqu’à ce que l’homme ait mis ses lois en rapport avec la justice divine qui veut le bien pour tous, et non des lois faites par le fort au préjudice du faible.
782. N’y a-t-il pas des hommes qui entravent le progrès de bonne foi, en croyant le favoriser parce qu’ils le voient à leur point de vue, et souvent là où il n’est pas ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Petite pierre mise sous la roue d’une grosse voiture, et qui ne l’empêche pas d’avancer ».Commentaire d’A. Kardec : L’homme ne peut rester perpétuellement dans l’ignorance, parce qu’il doit arriver au but marqué par la Providence : il s’éclaire par la force des choses. Les révolutions morales, comme les révolutions sociales, s’infiltrent peu à peu dans les idées ; elles germent pendant des siècles, puis tout à coup éclatent et font écrouler l’édifice vermoulu du passé, qui n’est plus en harmonie avec les besoins nouveaux et les aspirations nouvelles.
783. Le perfectionnement de l’humanité suit-il toujours une marche progressive et lente ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « Il y a le progrès régulier et lent qui résulte de la force des choses ; mais quand un peuple n’avance pas assez vite, Dieu lui suscite, de temps à autre, une secousse physique ou morale qui le transforme ».Commentaire d’A. Kardec : L’homme n’aperçoit souvent dans ces commotions que le désordre et la confusion momentanés qui le frappent dans ses intérêts matériels ; celui qui élève sa pensée au-dessus de la personnalité admire les desseins de la Providence qui du mal fait sortir le bien. C’est la tempête et l’orage qui assainissent l’atmosphère après l’avoir bouleversée. Commentaire personnel : Nous sommes les témoins de biens de « secousses », dérèglement climatique, multiples calamités, et aujourd’hui d’une pandémie mortelle. A l’invitation de Kardec, élevons notre regard intérieur pour entrevoir au-delà de ces turpitudes.
785. Quel est le plus grand obstacle au progrès ? Réponse de l’Esprit de Vérité : « L’orgueil et l’égoïsme ; je veux parler du progrès moral, car le progrès intellectuel marche toujours ; il semble même au premier abord donner à ces vices un redoublement d’activité en développant l’ambition et l’amour des richesses qui, à leur tour, excitent l’homme aux recherches qui éclairent son Esprit. C’est ainsi que tout se tient dans le monde moral comme dans le monde physique, et que du mal même peut sortir le bien ; mais cet état de choses n’aura qu’un temps ; il changera à mesure que l’homme comprendra mieux qu’il y a en dehors de la jouissance des biens terrestres un bonheur infiniment plus grand et infiniment plus durable ».Commentaire d’A. Kardec : Il y a deux espèces de progrès qui se prêtent un mutuel appui, et pourtant ne marchent pas de front, c’est le progrès intellectuel et le progrès moral. Chez les peuples civilisés, le premier reçoit, dans ce siècle-ci, tous les encouragements désirables ; aussi a-t-il atteint un degré inconnu jusqu’à nos jours. Il s’en faut que le second soit au même niveau, et cependant si l’on compare les mœurs sociales à quelques siècles de distance, il faudrait être aveugle pour nier le progrès. Pourquoi donc la marche ascendante s’arrêterait-elle plutôt pour le moral que pour l’intelligence ? Pourquoi n’y aurait-il pas entre le dix-neuvième et le vingt-quatrième siècle autant de différence qu’entre le quatorzième et le dix-neuvième ? En douter serait prétendre que l’humanité est à l’apogée de la perfection, ce qui serait absurde, ou qu’elle n’est pas perfectible moralement, ce qui est démenti par l’expérience. (Voir aussi le § Egoïsme, chapitre XII du Livre des Esprits).

5 Annexe n° 1 :

« C’est beaucoup sans doute que les adeptes se multiplient, mais ce qui vaut mieux encore que le nombre c’est la qualité.

Eh bien ! nous déclarons hautement que nous n’avons nulle part vu de réunions Spirites plus édifiantes que celles des ouvriers Lyonnais, sous le rapport de l’ordre, du recueillement et de l’attention qu’ils apportent aux instructions de leurs guides Spirituels ; il y a là des hommes, des vieillards, des femmes, des jeunes gens, des enfants même dont la tenue respectueuse et recueillie contraste avec leur âge ; jamais un seul n’a troublé un instant le silence de nos réunions souvent fort longues ; ils semblaient presque aussi avides que leurs parents de recueillir nos paroles.

Ce n’est pas tout ; le nombre des métamorphoses morales est, chez les ouvriers, presque aussi grand que celui des adeptes : des habitudes vicieuses réformées, des passions calmées, des haines apaisées, des intérieurs devenus paisibles, en un mot les vertus les plus chrétiennes développées, et cela par la confiance désormais inébranlable que les communications Spirites leur donnent en l’avenir auquel ils ne croyaient pas ; c’est un bonheur pour eux d’assister à ces instructions d’où ils sortent réconfortés contre l’adversité ; aussi en voit-on qui s’y rendent de plus d’une lieue par tous les temps, hiver comme été, et qui bravent tout pour ne pas manquer une séance ; c’est qu’il n’y a pas chez eux une foi vulgaire, mais une foi basée sur une conviction profonde, raisonnée et non aveugle. »

Source : Revue spirite n°10, octobre 1861,
p. 290-291

6 Annexe 2 : La réforme morale vue par Kardec

Discours et toast de M. Allan Kardec
(Extrait)

Mes chers frères en Spiritisme,

Messieurs, au nom de la Société parisienne des Etudes spirites, je porte un toast aux Spirites de Bordeaux ; à leur union fraternelle pour résister à l’ennemi qui voudrait les diviser, afin d’en avoir plus facilement raison.

A ce toast j’associe du plus profond de mon cœur, et avec la plus vive sympathie le groupe Spirite des ouvriers de Bordeaux qui, comme ceux de Lyon, donnent un admirable exemple de zèle, de dévouement, d’abnégation et de réforme morale. Je suis heureux, bien heureux je vous assure, d’en voir les délégués réunis fraternellement à cette table avec l’élite de la Société, qui prouve, par cette association, l’influence du Spiritisme sur les préjugés sociaux. En pourrait-il être autrement, quand il nous apprend que le plus haut placé dans le monde a peut-être été lui- même un humble prolétaire, et qu’en serrant la main du dernier manœuvre, il serre peut-être celle d’un frère, d’un père ou d’un ami…. »

Texte publié dans la Revue Spirite 1861

7 Annexe 3 : Connais-toi-toi toi-même

Source : https://la-philosophie.com/socrate-connais-toi-toi-meme

Connais-toi toi-même : une injonction morale et épistémologique de Socrate

La philosophie de Socrate (6) rayonne encore aujourd’hui. Même les philosophes les plus lointains de ses principes l’ont discuté et débattus, tels Nietzsche ou Kierkegaard.

La phrase de Socrate “Connais-toi toi-même” n’est pas exactement de lui, c’est une devise inscrite au frontispice du Temple de Delphes que Socrate reprend à son compte. Elle figure au panthéon des grandes phrases philosophiques.

Cette assertion, sous sa forme impérative, indique que l’exigence de l’homme doit se porter sur sa nature. C’est en se connaissant, en cherchant en lui-même, que l’homme peut trouver la sagesse. Mais deux questions essentielles sont posées par Socrate :

– Pour y trouver quoi ?

– Par quel moyen ?

7.1 Socrate et la connaissance

Le quoi, d’abord. En effet, cette invitation à l’introspection doit être reliée à la théorie platonicienne de la réminiscence. Chacun, nous dit Socrate, dispose du savoir en lui-même, il suffit de se les rappeler. La connaissance est immanente à l’homme, et non extérieure. La sagesse consister à apprendre à se ressouvenir.

7.2 Socrate et la maïeutique comme voie d’accès à la connaissance

Le comment, ensuite. Cette connaissance de soi-même ne peut se faire que grâce à la maïeutique (7), c’est-à-dire le dialogue entre l’âme et elle-même, ou bien entre un élève et son maître. Socrate se présente ainsi souvent, dans son rôle de questionneur, comme un accoucheur d’âme. Socrate questionne parce qu’il ne sait rien, sait qu’il ne sait rien, il n’a rien à apprendre, mais il peut aider ses disciples à découvrir les vérités qu’ils ont en eux.

Sans ce travail sur soi-même, la vie ne vaut rien selon Socrate :

“Une vie sans examen ne vaut d’être vécue“

Chez Socrate, la philosophie ne désigne pas, comme chez les sophistes, l’acquisition d’un savoir, mais une manière de s’interroger, de se mettre en question, une forme de souci de soi.

1Cf. « Le Livre des Esprits » (1857), Allan Kardec, commentaire de A. Kardec sous la réponse à la question n° 789.

2« L’évangile selon le spiritisme » (1864), A. Kardec, Introduction.

3Dichotomie assez sommaire dans le cadre de cette étude, qui peut se voir préciser.

4« Si tu n’es pas Socrate, tu dois vivre comme si tu voulais être Socrate », Épicure (né en -342, mort en -270), « Lettre à Ménécée ».

« La connaissance de l’homme ne peut pas s’étendre au-delà de son expérience propre » J. Locke (1632-1704), « Essai sur l’entendement humain ».

« la compréhension de l’univers se développe avec les progrès de l’esprit humain » L. Denis, « Le problème de l’être et de la destinée ».

5 « L’évangile selon le spiritisme »(1864), A. Kardec, Préface, § 2.8.3.

6Socrate est un Philosophe grec (v. 470-v. 399 av. J.-C.) qui marqua profondément la philosophie occidentale par son influence sur Platon.

7Maïeutique : Méthode socratique reposant apparemment sur l’interrogation et se proposant d’amener un interlocuteur à prendre conscience de ce qu’il sait implicitement, à l’exprimer et à le juger (d’apr. Foulq.-St-Jean 1962) (source CNRTL).

Heuristique : Qui consiste à faire découvrir par l’élève ce qu’on veut lui enseigner. Il est indispensable (…) d’accorder la préférence à l’investigation heuristique des questions plutôt qu’à l’exposé doctrinal des théorèmes (Piaget et Coudray1973). PHILOS. Discipline qui étudie les procédés de recherche pour en formuler les règles, et qui effectue une réflexion méthodologique sur cette activité. HIST. Partie de la science qui a pour objet la recherche de documents« 

J’avais déjà appris de nombreuses méthodes d’Outreterre pour communiquer par l’entremise de la forêt au lieu de me fier à la voix traîtresse et stridente des humains.

Rien de ceci ne m’a été plus utile que l’appel d’un refuge. Si une personnalité extravagante souhaitait rester seule chez elle, elle lançait cet appel auquel tous les sujets en mesure de l’entendre répondaient.

Alors, tout individu en partance se précipitait pour quitter cet endroit et ceux qui s’y rendaient devaient faire halte tant qu’ils n’avaient pas reçu de laisser-passer.

Le suicide


Le suicide est, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la treizième cause de mortalité dans le monde, tous âges compris, et parmi les premières causes de mortalité chez les jeunes. Les tentatives de suicide sont estimées entre dix et vingt millions chaque année dans le monde. Les Etats Unis sont le pays où le taux de suicide est le plus élevé « suicides de désespoirs » (1).

Le suicide peut être compris comme résultant de problèmes psychologiques individuels. Les causes psychologiques en sont le désespoir accompagné de solitude ou d’isolement social, et souvent un trouble mental tel que la dépression, le trouble bipolaire (2), la schizophrénie (3), l’alcoolisme ou l’abus de substances. Des facteurs de stress tels que les problèmes financiers ou des problèmes dans les relations humaines jouent souvent et également un rôle significatif. Le suicide varie en fonction de nombreux facteurs sociologiques comme l’anomie (4), la pauvreté, les taux de chômage, les crises économiques, etc.

Les taux de suicide varient en fonction des croyances religieuses. La prévalence (5) du suicide diffère énormément selon les genres et l’âge. Dans les pays occidentaux elle est souvent de trois à quatre fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes, tandis que la tendance est inverse en Chine.

1 Quelques rappels des règles régissant les peines futures

Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chap. 7 :
1 – La doctrine spirite, en ce qui concerne les peines futures, n’est pas fondée sur une théorie préconçue… Elle s’appuie sur des observations, et c’est ce qui fait son autorité. … Ce sont les êtres mêmes qui ont quitté la terre qui viennent aujourd’hui nous initier aux mystères de la vie future, décrire leur position heureuse ou malheureuse, leurs impressions et leur transformation à la mort du corps (1).
2 – L’âme ou l’Esprit, subit, dans la vie spirituelle, les conséquences de toutes les imperfections dont elle ne s’est pas dépouillée pendant la vie corporelle. Son état, heureux ou malheureux, est inhérent au degré de son épuration ou de ses imperfections (2).
Question niveau débutant n° 1: Quelle est la légitimité de ce que vous lisez ici et maintenant ? Réponse en note de fin (i) Question niveau avancé 2: La notion de « peine » renvoie à la notion de bien et de mal. Est-ce justifié ? Réponse en note de fin n° (ii)
3 – Au moment de la mort, l’Esprit souffre d’autant plus que le dégagement du périsprit est plus lent ; la promptitude du dégagement est en raison du degré d’avancement moral de l’Esprit ; pour l’Esprit dématérialisé dont la conscience est pure, la mort est un sommeil de quelques instants, exempt de toute souffrance, et dont le réveil est plein de suavité (3)
4 – Dans la mort violente, les conditions ne sont pas exactement les mêmes. L’Esprit saisi à l’improviste, est comme étourdi ; mais sentant qu’il pense, il se croit encore vivant. L’Esprit prend son corps fluidique pour son corps matériel et éprouve toutes les sensations de la vie organique. C’est dans le suicide surtout que cette position est le plus pénible. Le corps tenant au périsprit par toutes ses fibres, toutes les convulsions du corps se répercutent dans l’âme qui en éprouve d’atroces souffrances (4).
Question niveau débutant n° 3 : Qu’est-ce qui provoque la souffrance au moment de la mort ? Réponse en note de fin n° (iii)

Question niveau débutant n° 4 : Pourquoi le décédé de mort violente se croit-il vivant ? Réponse en note de fin n° (iv)
5 – (5) Chacun n’est responsable que de ses fautes personnelles ; nul ne porte la peine de celles d’autrui, à moins qu’il n’y ait donné lieu, soit en les provoquant par son exemple, soit en ne les empêchant pas lorsqu’il en avait le pouvoir.
6 – C’est ainsi, par exemple, que le suicide est toujours puni ; mais celui qui, par sa dureté, pousse un individu au désespoir et de là à se détruire, subit une peine encore plus grande.
7 – Quoique la diversité des punitions soit infinie, il en est qui sont inhérentes à l’infériorité des Esprits, et dont les conséquences, sauf les nuances, sont à peu près identiques.
8 – La punition la plus immédiate, chez ceux surtout qui se sont attachés à la vie matérielle en négligeant le progrès spirituel, consiste dans la lenteur de la séparation de l’âme et du corps, dans les angoisses qui accompagnent la mort et le réveil dans l’autre vie, dans la durée du trouble qui peut exister des mois et des années. Chez ceux, au contraire, dont la conscience est pure, qui, dès leur vivant, se sont identifiés avec la vie spirituelle et détachés des choses matérielles, la séparation est rapide, sans secousses, le réveil paisible et le trouble presque nul.
9 – « Selon l’expression d’un esprit, le suicidé ne fuit la souffrance que pour trouver la torture. Chacun de nous a des devoirs, une mission à remplir sur terre, des épreuves à supporter pour son propre bien et son élévation. Chercher à s’y soustraire, à se libérer des maux terrestres avant le terme marqué, c’est violer la loi naturelle, et chaque violation de cette loi amène pour le coupable une réaction violente. » (6)
10 – Le suicide ne délivre pas des souffrances physiques. L’esprit reste lié à ce corps charnel qu’il croyait détruire ; il subit lentement toutes les phases de la décomposition, et les sensations douloureuses se multiplient en lui, au lieu de diminuer. Loin d’abréger son épreuve, il la prolonge indéfiniment ; son malaise, son trouble persistent longtemps après la destruction de l’enveloppe matérielle. Il lui faudra de nouveau affronter les épreuves auxquelles il croyait échapper par la mort et que son passé avait fait naître. Il devra les supporter dans de pires conditions, refaire pas à pas le chemin parsemé d’obstacles et, pour cela, subir une incarnation plus pénible encore que celle qu’il a voulu fuir. (7)
Question n° 5 (niveau débutant) : Sommes-nous spirituellement coupables du suicide d’un être proche ? Réponse en fin (v)

Question n° 6 (niveau avancé) : Celui qui, malgré sa haute valeur morale, sombre sous le poids de ses peines dans le désespoir et se suicide. Sera-t-il « puni » ? Réponse en fin (vi)
11 – Rien n’est plus fréquent que de voir la folie (8) devenir suicide, ou le suicide devenir folie, alcoolisme, hypocondrie (9) (10) .
12 – Les organes cérébraux, correspondant aux diverses aptitudes, doivent leur développement à l’activité de l’Esprit ; ce développement est ainsi un effet et non une cause. Un homme n’est pas musicien parce qu’il a la bosse de la musique, mais il n’a la bosse de la musique que parce que son Esprit est musicien. Si l’activité de l’Esprit réagit sur le cerveau, elle doit réagir également sur les autres parties de l’organisme. L’Esprit est ainsi l’artisan de son propre corps, qu’il façonne, pour ainsi dire, afin de l’approprier à ses besoins et à la manifestation de ses tendances (11).
Attention : Ce texte date de 1897. le terme de « folie » a été précisé ensuite) Le terme d’« Esprit » est employé ici avec une acception métaphysique dans le cadre d’un propos spirite c’est-à-dire « le principe intelligent en qui résident la pensée, la volonté et le sens moral » (12). Il n’est pas pris dans une acception psychologique de psyché (18).

1Nous avons très légèrement modifié le texte pour en faciliter sa compréhension puisqu’il s’agit d’un extrait. Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chapitre VII « Les peines futures selon le spiritisme » § 2. « Sources de la doctrine spirite sur les peines futures ».

2Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chapitre VII « Les peines futures selon le spiritisme » § 3 « Code pénal de la vie future ».

3Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Partie 2, Chap. 1, n° 13.

4Condensé de « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Partie 2, Chap. 1, n° 12.

5 Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chap. 7.

6 Cf. « Après la mort, (1889), Léon Denis, chap. 36.

7 Cf. « Après la mort, (1889), Léon Denis, chap. 36.

8 Aujourd’hui, le terme de folie n’est plus employé à des fins diagnostiques en psychiatrie. On lui préfère les formulations « troubles psychiques » ou « troubles mentaux ». C’est en 1801 que l’analyse des troubles mentaux et leur qualification de maladies fait l’objet d’une toute première publication par Philippe Pinel. L’étude scientifique et clinique des troubles psychiques (ou troubles mentaux) par la psychologie ou la psychiatrie donneront le jour à une science nouvelle, la psychopathologie (des mots grecs : psukhê, « âme » et pathos, maladie).

9 Hypocondrie : Syndrome caractérisé par des préoccupations excessives et angoissées du sujet sur son état de santé en rapport avec des sensations subjectives. Par extension du sens, ce terme qualifie une personne d’humeur chagrine.

10 Cf. « Evolution animique » (1897) Gabriel Delanne.

François-Marie Gabriel Delanne, né le 23 mars 1857 à Paris où il est mort le 15 février 1926, Il fut l’un des principaux continuateurs du spiritisme après le décès d’Allan Kardec, aux côtés de Léon Denis et Camille Flammarion. Ses écrits étaient consacrés principalement à la question de l’immortalité de l’âme et la réincarnation. Comme Ernest Bozzano et Camille Flammarion, il privilégia en tant que spirite une approche scientifique des phénomènes psychiques. Il dirigeait le périodique La Revue scientifique et morale du spiritisme, organe de l’Union spirite française, dont le premier numéro parut en mars 1883.

11 Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chap. 7, § 1.

12 Source : « Le spiritisme à sa plus simple expression », Allan Kardec.

iRéponse à la question n° 1 : La doctrine spirite n’est pas la révélation d’un chef de secte. Ce que nous reproduisons ou résumons ici sont les enseignements des Esprits, rassemblée et mis en forme par Allan Kardec dans les différents ouvrages dont nous mentionnons les références au fil de l’eau. Allan Kardec eut une démarche scientifique. Il fit poser ses questions à plusieurs centres spirites et recoupa les réponses. Il écrit à ce sujet dans « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, Chapitre VII « Les peines futures selon le spiritisme » § 2. « Sources de la doctrine spirite sur les peines futures » :

« Il ne s’agit point ici de la relation d’un seul Esprit, qui pourrait ne voir les choses qu’à son point de vue, sous un seul aspect, ou être encore dominé par les préjugés terrestres, ni d’une révélation faite à un seul individu, qui pourrait se laisser abuser par les apparences, ni d’une vision extatique qui prête aux illusions, et n’est souvent que le reflet d’une imagination exaltée ; mais il s’agit d’innombrables exemples fournis par toutes les catégories d’Esprits, depuis le haut jusqu’au plus bas de l’échelle, à l’aide d’innombrables intermédiaires disséminés sur tous les points du globe, de telle sorte que la révélation n’est le privilège de personne, que chacun est à même de voir et d’observer, et que nul n’est obligé de croire sur la foi d’autrui. »

« Le Livre des Esprits » (1857), Allan Kardec, n° 973 : « Les communications spirites ont pour résultat de nous montrer l’état futur de l’âme, non plus comme une théorie, mais comme une réalité ; elles mettent sous nos yeux toutes les péripéties de la vie d’outre-tombe ; mais elles nous les montrent en même temps comme des conséquences parfaitement logiques de la vie terrestre, et, quoique dégagées de l’appareil fantastique créé par l’imagination des hommes, elles n’en sont pas moins pénibles pour ceux qui ont fait un mauvais usage de leurs facultés. La diversité de ces conséquences est infinie ; mais on peut dire, en thèse générale : chacun est puni par où il a péché ; c’est ainsi que les uns le sont par la vue incessante du mal qu’ils ont fait ; d’autres par les regrets, la crainte, la honte, le doute, l’isolement, les ténèbres, la séparation des êtres qui leur sont chers, etc… »

Si vous souhaitez compléter votre étude, voir : « Le ciel et l’enfer », chapitre VI, n° 7 ; « Le Livre des Esprits », n° 443 et 444

iiRéponse à la question n° 2 : Sur le bien et le mal, la littérature spirite se fonde sur les valeurs judéo-chrétiennes, indépendamment de toute religion. Kardec s’en explique dans « L’évangile selon le spiritisme », écrit en 1864. Force est de constater que le vocabulaire est fortement marqué par l’imprégnation religieuse de son époque. Il ne peut être objecté que l’Esprit qui se communique s’exprime ainsi car Allan Kardec lui-même enseigne que c’est au crible des qualités du medium, de ses connaissances, de sa culture, que se rédige le message.

Voici l’analyse (très) personnelle de Bernard qui figurait sur la fiche d’étude « métamorphose morale » :

Nous avons l’habitude de considérer le bien et le mal comme des choses en soi. Il n’en est pas ainsi. Rien n’est bon, ni mauvais, en soi. Le bien et le mal, le juste et l’injuste, sont les effets que nous ressentons. Ce qui est bon pour l’un peut-être mauvais pour l’autre et inversement. Tout dépend du récipiendaire, de son attitude mentale. Nos actions se structurent plutôt sur des pensées d’amour ou des pensées de peur (Dichotomie assez sommaire dans le cadre de cette étude, qui peut se voir préciser). Le tri entre les actions doit donc s’effectuer sur les effets qu’elles produisent et sur leur aptitude à métamorphoser favorablement notre âme. Lorsque nous agissons, nous faisons l’expérience de la réaction en retour de causes que nous avons nous-mêmes mises en branle. Nous sommes ce que nous pensons. Le chemin spirituel parcouru par chacun est donc la conséquence de ses propres choix. Ainsi, changer l’orientation de ses pensées est-ce l’embout de la métamorphose morale de Soi.

iiiRéponse à la question n° 3 : La souffrance provient de la difficulté que connaît le périsprit à se dégager de la matière. Plus le degré d’avancement moral est élevé, plus ce processus est indolore et rapide.

ivRéponse à la question n° 4 : Le décédé de mort violente se croit vivant parce que son périsprit reste relié au corps physique par toutes ses fibres. De ce fait, toutes les convulsions du corps se répercutent dans l’âme (ou l’Esprit).

vRéponse à la question n° 5 : Les esprits enseignent que la responsabilité est strictement personnelle, en conséquence nul n’est responsable du suicide d’un tiers. Toutefois, l’incitation au suicide est un acte fautif distinct du suicide lui-même. La sanction qui découle des deux fautes, l’incitation au suicide, d’une part, et le suicide, d’autre part, est proportionnelle à l’intention fautive avec laquelle est commis l’un et l’autre acte.

viRéponse à la question n° 6 : Voir le cas du père du conscrit.

2 Un témoignage

13 – Johannes Greber était prêtre catholique en Allemagne lorsque, en 1923, il découvre le spiritisme et assiste en observateur à des réunions avec quelques uns de ses paroissiens. Il voulait obtenir des réponses sur la bible « à la source ». Il sera déféré devant le tribunal ecclésiastique mais démissionnera avant toute condamnation le 31 déc. 1925. (1) Voici un extrait de son témoignage (2).
14 – Mais la chose la plus horrible était la manifestation des esprits de criminels. Ils se voyaient continuellement sur les lieux de leur crime à revivre les scènes les plus pénibles de leur acte. C’était comme un film se répétant sans cesse. L’esprit du meurtrier était continuellement occupé à préparer et exécuter son meurtre dans tous les détails. Ils nous répétaient en paroles leurs pensées au moment de leur crime, et même ce qu’ils avaient ressenti. Leurs victimes apparaissaient devant eux et les fixaient de leurs yeux implorants. Idem pour les usuriers et autres personnes qui avaient précipité leurs semblables dans la misère. Leurs victimes les suivaient partout.
15 – L’esprit du suicidé était la proie des mêmes sensations répétitives et des mêmes détresses vécues au moment de son suicide. Nul ne pourrait imiter les expressions faciales de ces esprits revivant les heures les plus sombres de leur vie à travers le corps de médiums qui ignoraient tout. Il nous arrivait souvent de trembler littéralement en voyant toutes ces scènes. De temps en temps, des « esprits moqueurs » se présentaient : ils voulaient nous amuser par leurs mensonges, leurs facéties et leurs blagues. Comme on refusait leur présence prolongée, ils repartaient aussi vite qu’ils étaient arrivés. …
16 – Les manifestations des esprits inférieurs constituaient également un enseignement. Je n’oublierai jamais cette soirée au cours de laquelle trois suicidés visitèrent le médium l’un après l’autre. Nous assistâmes à la chose la plus horrible que puisse voir un homme. Après le départ du dernier, et que nous étions encore totalement secoués, l’esprit supérieur « directeur » s’empara du médium et nous parla :
17 – – C’est pour une bonne raison. Vous deviez d’abord apprendre ce qu’est la « paix » dont jouissent beaucoup d’hommes après leur mort. En effet, vous dites souvent lors d’un enterrement : « Maintenant, qu’il repose en paix ». Ce soir, vous avez vu ce qu’était cette paix. Vous ne pouviez pas imaginer la souffrance de ces esprits malheureux avant qu’eux-mêmes découvrent leur état, et la nécessité de s’adresser à Dieu. Tout enseignement est inutile. Ces esprits ne sont pas encore prêts, ils doivent d’abord être purifiés par leurs souffrances à recevoir une instruction. Ce soir, ils n’étaient pas prêts.
Question niveau avancé
7 : Pourquoi des esprits moqueurs se mêlent-ils de la communication avec l’esprit d’un suicidé ? Réponses en note de fin
(i)

1Johannes Greber partira vivre aux Etats Unis où il se mariera et aura des enfants. C’est là qu’il publia les notes qu’il avait prises lors des réunions spirites. Il écrira que le Ciel lui avait infligé cette disgrâce du procès pour lui éviter le malheur plus grand de participer à la guerre où il aurait été tenu d’aller comme aumônier.

2Source : Johannes Greber (1876-1944) « Le livre mystérieux de l’Au-delà », 1932, date mentionnée « Intemporel », ISBN 2-914569 Ed. Le jardin des livres.

iRéponses à la question n° 7 : Il y a une combinaison de raisons possibles : La qualité du medium (son élévation morale), la qualité des participants à la réunion spirite, la qualité de la réunion (niveau fluidique atteint par la prière, la méditation, la force des pensées, etc), l’attirance des esprits entre eux (loi d’affinité)

  1. Cf. Anne Case et Angus Deaton étudient dans « Deaths of despair and the future of capitalism », les morts liées à la drogue, l’alcool et aux suicides aux États-Unis.
  2. Un trouble bipolaire (anciennement maladie ou psychose maniaco-dépressive) est en psychiatrie un « trouble de l’humeur » caractérisé par une succession d’épisodes maniaques (ou hypomaniaques) et dépressifs.
  3. Psychose chronique caractérisée par une dissociation de la personnalité, se manifestant principalement par la perte de contact avec le réel, le ralentissement des activités, l’inertie, le repli sur soi, la stéréotypie de la pensée, le refuge dans un monde intérieur imaginaire, plus ou moins délirant, à thèmes érotiques, mégalomanes, mystiques, pseudo-scientifiques (avec impression de dépersonnalisation, de transformation corporelle et morale sous l’influence de forces étrangères, en rapport avec des hallucinations auditives, kinesthésiques). ATTENTION : Les personnes medium sont diagnostiquées par des médecins ignorant le spiritisme comme schizophrènes, ce qui conduit à des internements psychiatriques dramatiques, notamment pour des enfants.
  4. Anomie : Désintégration sociale
  5. Prévalence : Nombre de cas de maladie ou de personnes malades ou de tout autre événement tel qu’un accident, existant ou survenant dans une population déterminée, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens, soit à un moment précis, soit au cours d’une période donnée.
  6. C’est ainsi, par exemple, que le suicide est toujours puni ; mais celui qui, par sa dureté, pousse un individu au désespoir et de là à se détruire, subit une peine encore plus grande.
  7. Quoique la diversité des punitions soit infinie, il en est qui sont inhérentes à l’infériorité des Esprits, et dont les conséquences, sauf les nuances, sont à peu près identiques.
  8. La punition la plus immédiate, chez ceux surtout qui se sont attachés à la vie matérielle en négligeant le progrès spirituel, consiste dans la lenteur de la séparation de l’âme et du corps, dans les angoisses qui accompagnent la mort et le réveil dans l’autre vie, dans la durée du trouble qui peut exister des mois et des années. Chez ceux, au contraire, dont la conscience est pure, qui, dès leur vivant, se sont identifiés avec la vie spirituelle et détachés des choses matérielles, la séparation est rapide, sans secousses, le réveil paisible et le trouble presque nul.

3 Cas pratique : Le père du conscrit

C’était au commencement de la guerre d’Italie (1), en 1859, un négociant de Paris, père de famille, jouissant de l’estime générale de tous ses voisins, avait un fils que le sort avait appelé sous les drapeaux ; se trouvant, par sa position, dans l’impossibilité de l’exonérer du service, il eut l’idée de se suicider afin de l’exempter comme fils unique de veuve. Il a été évoqué un an après à la Société de Paris, sur la demande d’une personne qui l’avait connu et qui désirait connaître son sort dans le monde des Esprits (2). Le médium au Mentor (Saint Louis) : Veuillez nous dire si nous pouvons faire l’évocation de l’homme dont on vient de
parler ? ponse du Mentor au médium : Oui, il en sera même très heureux, car il sera un peu soulagé. Evocation de l’Esprit par le médium. ponse de l’Esprit au medium : Oh ! merci ! je souffre bien, mais… est juste ; cependant il me pardonnera. Remarque. L’Esprit écrit avec une très grande difficulté ; les caractères sont irréguliers et très mal formés ; après le mot mais il s’arrête, essaye vainement d’écrire, et ne fait que quelques traits indéchiffrables et des points, il est évident que c’est le mot Dieu qu’il n’a pu écrire. Le médium à l’Esprit : Remplissez la lacune que vous venez de laisser. J’en suis indigne. Le médium à l’Esprit : Vous dites que vous souffrez, vous avez sans doute eu tort de vous suicider, mais est-ce que le motif qui vous a porté à cet acte ne vous a pas mérité quelque indulgence ? Réponse de l’Esprit au medium : Ma punition sera moins longue, mais l’action n’en est pas moins mauvaise. Le médium à l’Esprit : Pourriez-vous nous décrire la punition que vous subissez ; donnez-nous le plus de détails possible à ce sujet pour notre instruction. Réponse de l’Esprit au medium : Je souffre doublement dans mon âme et dans mon corps ; je souffre dans ce dernier, quoique ne le possédant plus, comme l’amputé souffre dans son membre absent. Le médium à l’Esprit : Votre action a-t-elle eu pour unique motif de sauver votre fils, et n’avez-vous été sollicité par aucune autre cause. Réponse de l’Esprit au medium : L’amour paternel m’a seul guidé, mais m’a mal guidé ; en faveur de ce motif ma peine sera abrégée. Le médium à l’Esprit : Prévoyez-vous le terme de vos souffrances ? Réponse de l’Esprit au medium : Je n’en sais pas le terme ; mais j’ai l’assurance que ce terme existe, ce qui est un soulagement pour moi. Le médium à l’Esprit : Tout à l’heure vous n’avez pu écrire le nom de Dieu ; nous avons cependant vu des Esprits très souffrants l’écrire ; cela fait-il partie de votre punition ? Réponse de l’Esprit au medium : Je le pourrai avec de grands efforts de repentir. Le médium à l’Esprit : Eh bien ! faites de grands efforts, et tâchez de l’écrire ; nous sommes convaincus que si vous y parvenez, cela vous sera un soulagement. Remarque : L’Esprit finit par écrire, en caractères irréguliers, tremblés, et très gros : « Dieu est bien bon ». Le médium à l’Esprit : Nous vous savons gré d’être venu à notre appel, et nous prierons Dieu pour vous, afin d’appeler sa miséricorde sur vous. Réponse de l’Esprit au medium : Oui, s’il vous plaît. Le médium au Mentor (Saint Louis) : Veuillez nous donner votre appréciation personnelle sur l’acte de l’Esprit que nous venons d’évoquer. Réponse du Mentor au médium : Cet Esprit souffre justement, car il a manqué de confiance en Dieu, ce qui est une faute toujours punissable ; la punition serait terrible et très longue s’il n’y avait en sa faveur un motif louable, qui était celui d’empêcher son fils d’aller au-devant de la mort ; Dieu, qui voit le fond des cœurs, et qui est juste, ne le punit que selon ses œuvres.
Question niveau débutant n° 8: Pourquoi cet esprit souffre-t-il « doublement » dans son âme et dans son corps ? Réponse (i)

Question niveau avancé n° 9: Pourquoi l’Esprit de cet homme hésite-t-il à écrire le terme de « Dieu » ? Réponse en note de fin (ii)

Question niveau avancé n° 10: Cette mort était-elle une épreuve pour le père ou pour la mère ? Réponse (iii)

Question niveau avancé n° 11: Concrètement, comment travaille le médium ? Réponse (iv)

_____________

Remarques d’Allan Kardec . Cet homme, par son action, a peut être empêché la destinée de son fils de s’accomplir ; d’abord, il n’est pas certain que celui-ci fût mort à la guerre, et peut-être que cette carrière devait lui fournir l’occasion de faire quelque chose qui aurait été utile à son avancement ; cette considération n’est sans doute pas étrangère à la sévérité du châtiment qui lui est infligé. Son intention, sans doute, était bonne, aussi lui en est-il tenu compte ; l’intention atténue le mal et mérite de l’indulgence, mais elle n’empêche pas ce qui est mal d’être mal ; sans cela, à la faveur de l’intention on pourrait excuser tous les méfaits, et l’on pourrait même tuer sous prétexte d’une bonne intention. Croit-on, par exemple, qu’il soit permis de faire mourir un homme qui souffre sans espoir de guérison, par le motif qu’on veut abréger ses souffrances ? Non, parce qu’en agissant ainsi on abrège l’épreuve qu’il doit subir, et on lui fait plus de tort que de bien. Une mère qui tue son enfant dans la croyance qu’elle l’envoie droit au ciel est-elle moins fautive parce qu’elle l’a fait dans une bonne intention ? A la faveur de ce système on justifierait tous les crimes qu’un fanatisme aveugle a fait commettre dans les guerres de religion.

1Le 29 avril 1859, l’Autriche avait envahi le Piémont (Italie), espérant défaire rapidement la petite armée piémontaise avant que la France ait pu porter secours à son allié. Le 3 mai 1859, Napoléon III signe la déclaration de guerre à l’Autriche.La paix est signée les 10 et 11 novembre 1859 : les Autrichiens cèdent la Lombardie à la France qui la rétrocède à la Savoie et l’Autriche conserve la Vénétie et les forteresses de Mantoue et Peschiera.

En 1859 Allan Kardec publie « Qu’est-ce que le spiritisme ? ».

2Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, chap. 5 § 2

iRéponse à la question n° 8 : Culpabilité + lien fluidique avec son corps matériel.

iiRéponse à la question n° 9: Sa culpabilité résiduelle.

iiiRéponse à la question n° 10: Réponse d’Allan Kardec : « Dans tous les cas, il est probable que Dieu aura tenu compte à cet homme de son dévouement, et que le suicide n’aura pas eu pour lui les mêmes conséquences que s’il l’eût accompli pour d’autres motifs. ». Voir aussi notre réponse à la question n° 5.

ivRéponse à la question n° 11: Par psychographie puisqu’il est indiqué qu’il écrit aux § 23 et 36.

4 Cas pratique : M. Félicien

41 – C’était un homme riche, instruit, poète spirituel, d’un caractère bon, obligeant et plein d’aménité, et d’une parfaite honorabilité. De fausses spéculations avaient compromis sa fortune ; son âge ne lui permettant plus de se rétablir, il céda au découragement et se suicide en décembre 1864, en se pendant dans sa chambre à coucher. Ce n’était ni un matérialiste, ni un athée, mais un homme d’une humeur un peu légère, prenant peu de souci de la vie future. L’ayant intimement connu, nous l’évoquâmes quatre mois après sa mort, par sympathie pour sa personne. (1)
42 – Evocation.
43 – Réponse de M. Félicien : – Je regrette la terre ; j’y ai eu des déceptions, mais moindres qu’ici. Je rêvais des merveilles, et je suis au-dessous de la réalité idéale que j’en avais. Le monde des Esprits est bien mêlé, et pour le rendre supportable, il serait besoin d’un bon triage. Je n’en reviens pas ! Quelles esquisses de moeurs spirites on pourrait faire ici ! Balzac devrait être à la besogne ; elle serait rude. Mais je ne l’ai pas aperçu ; où se trouvent-ils donc ces grands Esprits qui ont si fort flagellé les vices de l’humanité ? Ils devraient, comme moi, séjourner ici quelque temps, avant d’aller dans des régions plus élevées. C’est un pandémonium curieux qui me plaît à observer, et j’y reste.

44 – Observations du medium : Bien que l’Esprit déclare se trouver dans une société très mélangée, et par conséquent d’Esprits inférieurs, son langage avait lieu de nous surprendre, en raison de son genre de mort auquel il ne fait aucune allusion, car autrement c’était bien le reflet de son caractère. Cela nous laissait quelques doutes sur son identité.

45 – Le médium à M. Félicien : Veuillez nous dire, je vous prie, comment vous êtes mort ?
46 – Réponse de M. Félicien : Comment je suis mort ? Par la mort que j’ai choisie ; elle m’a plu ; j’ai assez longtemps médité sur celle que je devais choisir pour me délivrer de la vie. Et, ma foi, j’avoue que je n’y ai pas gagné grand-chose, si ce n’est d’être délivré de mes soucis matériels, mais pour en retrouver de plus graves, de plus pénibles dans ma position d’Esprit dont je ne prévois pas la fin.

47 – Le médium à son guide : – Est-ce bien l’Esprit de M. Félicien qui a répondu ? Ce langage presque insouciant nous étonne chez un suicidé.
48 – Réponse du guide : Oui ; mais par un sentiment excusable dans sa position, et que vous comprendrez, il ne voulait pas révéler son genre de mort au médium, c’est pour cela qu’il a fait des phrases ; il a fini par l’avouer, amené par votre question directe, mais il en est très affecté. Il souffre beaucoup de s’être suicidé, et écarte tant qu’il peut tout ce qui lui rappelle cette fin funeste.

49 – Le médium à M. Félicien : Votre mort nous a d’autant plus affectés que nous prévoyions les tristes conséquences pour vous, et en raison surtout de l’estime et de l’attachement que nous vous portions. Personnellement, je n’ai point oublié combien vous avez été bon et obligeant pour moi. Je serais heureux de vous en témoigner ma reconnaissance, si je puis faire quelque chose qui vous soit utile.
50 – Réponse de M. Félicien : Et pourtant je ne pouvais échapper autrement aux embarras de ma position matérielle. Maintenant je n’ai besoin que de prières ; priez surtout pour que je sois délivré des horribles compagnons qui sont près de moi et qui m’obsèdent de leurs rires, de leurs cris et de leurs moqueries infernales. Ils m’appellent lâche et ils ont raison ; c’est lâcheté que de quitter la vie. Voilà quatre fois que je succombe à cette épreuve. Je m’étais pourtant bien promis de ne pas faillir… Fatalité !… Ah ! priez ; quel supplice est le mien ! Je suis bien malheureux ! vous ferez plus pour moi en le faisant, que je n’ai fait pour vous, quand j’étais sur la terre ; mais l’épreuve à laquelle j’ai si souvent failli, se dresse devant moi en traits ineffaçables ; il faut que je la subisse de nouveau dans un temps donné ; en aurai-je la force ? Ah ! si souvent recommencer la vie ! Si longtemps lutter et être entraîné par les événements à succomber malgré soi, c’est désespérant, même ici ! c’est pour cela que j’ai besoin de force. On en puise dans la prière, dit-on : priez pour moi ; je veux prier aussi.
51 – Le médium à M. Félicien : Ecoutez, je vous prie, ce que je vais vous dire, et veuillez méditer mes paroles.
52 – Ce que vous appelez fatalité n’est autre chose que votre propre faiblesse, car il n’y a pas de fatalité, autrement l’homme ne serait pas responsable de ses actes. L’homme est toujours libre, et c’est là son plus beau privilège ; Dieu n’a pas voulu en faire une machine agissant et obéissant en aveugle. Si cette liberté le rend faillible, elle le rend aussi perfectible, et ce n’est que par la perfection qu’il arrive au bonheur suprême. Son orgueil seul le porte à accuser la Destinée de ses malheurs sur la terre, tandis que le plus souvent il ne doit s’en prendre qu’à son incurie. Vous en êtes un exemple frappant dans votre dernière existence ; vous aviez tout ce qu’il faut pour être heureux selon le monde : esprit, talent, fortune, considération méritée ; vous n’aviez point de vices ruineux, et au contraire, des qualités estimables ; comment votre position s’est-elle trouvée si radicalement compromise ? Uniquement par votre imprévoyance (2) Convenez que si vous aviez agi avec plus de prudence, si vous aviez su vous contenter de la belle part que vous aviez, au lieu de chercher à l’accroître sans nécessité, vous ne vous seriez pas ruiné. Il n’y avait donc aucune fatalité, puisque vous pouviez éviter ce qui est arrivé.
53 – Votre épreuve consistait dans un enchaînement de circonstances qui devaient vous donner, non la nécessité, mais la tentation du suicide ; malheureusement pour vous, malgré votre esprit et votre instruction, vous n’avez pas su dominer ces circonstances, et vous portez la peine de votre faiblesse. Cette épreuve, ainsi que vous le pressentez avec raison, doit se renouveler encore ; dans votre prochaine existence, vous serez en butte à des événements qui provoqueront de nouveau la pensée du suicide, et il en sera de même jusqu’à ce que vous ayez triomphé.
54 – Loin d’accuser le sort, qui est votre propre ouvrage, admirez la bonté de Dieu qui, au lieu de vous condamner irrémissiblement sur une première faute, vous offre sans cesse les moyens de réparer. Vous souffrirez donc, non pas éternellement, mais aussi longtemps que la réparation n’aura pas eu lieu. Il dépend de vous de prendre à l’Etat d’Esprit des résolutions tellement énergiques, d’exprimer à Dieu un repentir si sincère, de solliciter avec tant d’instance l’appui des bons Esprits, que vous arriviez sur la terre cuirassé contre toutes les tentations. Une fois cette victoire remportée, vous marcherez dans la voie du bonheur avec d’autant plus de rapidité, que, sous d’autres rapports, votre avancement est déjà très grand. C’est donc encore un pas à franchir ; nous vous y aiderons par nos prières, mais elles seraient impuissantes si vous ne nous secondiez pas par vos efforts.
55 – Réponse de M. Félicien : Merci, oh ! merci de vos bonnes exhortations, j’en avais bien besoin, car je suis plus malheureux que je ne voulais le faire paraître. Je vais les mettre à profit, je vous assure, et me préparer à ma prochaine incarnation où je ferai en sorte cette fois de ne pas succomber. Il me tarde de sortir de l’ignoble milieu où je suis relégué ici.
Question niveau débutant n° 12 : Pourquoi la « sanction » qui afflige M. Félicien doit-elle se renouveler dans une autre existence ? Réponse (i)



Question niveau débutant n° 13 : Pour quelle raison le medium doute-t-il qu’il s’agit bien de l’esprit de M. Félicien (voir § 47) ? Réponse (ii)



Question niveau débutant n° 14 : Quel soulagement M. Félicien escompte-t-il du medium ? Réponse (iii)

Question niveau avancé n° 15 Le manque de force morale ou psychique est-elle de l’imprévoyance ? Réponse (iv)

1Source : « Le ciel et l’enfer », 1865, Allan Kardec, chap. 5 § 8.

2Imprévoyance : Attitude de celui qui ne prend pas les dispositions nécessaires pour faire face à toutes les situations prévisibles.

iRéponse à la question n° 12 : Parce qu’il n’a pas su dominer sa tentation au suicide.

iiRéponse à la question n° 13 : Allan Kardec écrit qu’il l’a intimement connu et qu’il l’évoque par sympathie, quatre mois après sa mort. M. Félicien a honte d’avouer au medium, qui est son ami, qu’il s’est pendu dans sa chambre. On peut supposer que sa honte s’explique par le fait qu’il n’ait pas suivi les conseils de son ami medium.

iiiRéponse à la question n° 14: La prière ; voir § 50 du texte.

ivRéponse à la question n° 15: Considérations (très) personnelles : Nous considérons que l’appréciation du medium est excessivement sévère. L’homme est évidemment responsable de ses actes mais dans la limite de ses aptitudes, ses connaissances, ses capacités. Si M. Félicien ne dispose pas des ressources psychiques lui permettant de prendre courageusement les dispositions nécessaires pour faire face à toutes les situations prévisibles, il ne saurait être, selon nous, condamné car il s’agit d’un trait de sa personnalité que la nature lui a donné. En cela, cela relève bien de la fatalité. C’est avec une grande lucidité qu’il dit « succomber malgré soi, c’est désespérant ». Cela devrait lui être compté comme justice. Et, à notre opinion, le rôle de la prière que demande M. Félicien, est de s’opposer farouchement, inflexiblement, avec une tranquille assurance, à ce que le cycle de réincarnation se poursuive indéfiniment dans les mêmes conditions et que l’Autorité spirituelle confère à cet homme les moyens qui lui manquent.

Allan Kardec mentionne l’observation suivante :

« Ce cas particulier de suicide, quoique accompli dans des circonstances très vulgaires, se présente néanmoins sous une phase spéciale. Il nous montre un Esprit ayant succombé plusieurs fois à cette épreuve qui se renouvelle à chaque existence et se renouvellera tant qu’il n’aura pas eu la force d’y résister. C’est la confirmation de ce principe que, lorsque le but d’amélioration pour lequel nous nous sommes incarnés n’est pas atteint, nous avons souffert sans profit, car c’est pour nous à recommencer jusqu’à ce que nous sortions victorieux de la lutte. »

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